Le 21 septembre 2001, à 10 h 17, l’usine AZF explosait au sud de Toulouse. Vingt-cinq ans plus tard, une question peut sembler surprenante : peut-on encore voir AZF à Toulouse ?
La réponse est beaucoup moins évidente qu’il n’y paraît.
Si vous cherchez une usine, des hangars, une grande cheminée ou la fameuse tour rouge et blanche qui dominait le paysage toulousain, la réponse est non. Tout cela a disparu. Le site industriel a été profondément transformé et, depuis le sol, il faut parfois connaître l’histoire des lieux pour imaginer ce qui se trouvait ici avant 2001.
Pourtant, AZF n’a pas complètement disparu.
Il reste quelques traces matérielles. Il reste le souvenir du site industriel. Il reste le cratère, même s’il est aujourd’hui difficile à distinguer derrière la végétation. Il reste quelques éléments conservés près de l’espace de mémoire. Il reste aussi, juste à côté, la SNPE, qui était aux premières loges le matin de l’explosion.
Et surtout, il reste un lieu consacré à la mémoire des 21 personnes mortes dans l’enceinte de l’usine lors de la catastrophe. (Une stèle, placée route de Seysses, indique les noms des 31 victimes de l’explosion du 21 septembre 2001).
Pour les 25 ans de l’explosion, j’ai donc voulu retourner sur place avec mon appareil photo et essayer de répondre à cette question très simple : où est passée AZF ?

Il y a 25 ans, AZF faisait partie du paysage toulousain
Avant de chercher ce qu’il reste d’AZF, il faut se rappeler ce que représentait l’usine dans le paysage de Toulouse.
En 2001, l’usine AZF faisait partie de Grande Paroisse, filiale du groupe Total. Le site industriel était immense. Il avait été installé à l’écart de la ville, mais Toulouse s’était progressivement développée autour de lui. L’ancienne usine était devenue un élément du paysage.
Pour beaucoup de Toulousains, le nom d’AZF était même moins utilisé que celui d’ONIA. La grande tour rouge et blanche, sur laquelle apparaissaient les lettres AZF, constituait un repère particulièrement reconnaissable. Depuis certains endroits de Toulouse, depuis la rocade ou depuis les hauteurs de Pech-David, elle dominait le paysage.
Pour moi aussi, AZF était avant tout cela : une usine que l’on apercevait parfois. Je racontais déjà, dix ans après l’explosion, mes souvenirs de cette usine que beaucoup de Toulousains continuaient à appeler ONIA. Je me souvenais notamment de la tour rouge et blanche, mais aussi d’un long mur blanc que nous longions lorsque nous passions dans le secteur. À l’époque, je ne faisais évidemment pas de photographie documentaire de l’usine.
L’usine faisait simplement partie du paysage. C’est justement ce qui rend sa disparition particulière.
Vingt-cinq ans après, le paysage a tellement changé qu’il faut faire fonctionner sa mémoire pour retrouver l’usine.
Aujourd’hui, la grande tour AZF a disparu
Si l’on devait choisir un seul élément pour symboliser la disparition d’AZF dans le paysage toulousain, ce serait probablement la tour. La grande tour rouge et blanche a été démontée en 2013. Elle n’est donc plus là pour permettre aux Toulousains de se repérer.
Cela peut sembler anecdotique. Pourtant, lorsqu’un élément aussi imposant disparaît d’un paysage, notre perception du territoire change complètement. Aujourd’hui, depuis les mêmes secteurs de Toulouse, il faut parfois chercher longtemps avant de comprendre où se trouvait l’ancienne usine. C’est assez étrange pour un photographe.
La photographie permet normalement de conserver la trace de ce qui existe. On photographie un bâtiment parce qu’il est là. On photographie un paysage parce qu’on peut le retrouver.
Ici, je dois faire l’inverse. Je photographie un paysage dans lequel quelque chose manque. Je peux montrer ce qui existe aujourd’hui. Je peux montrer l’emplacement du site. Je peux montrer les nouveaux bâtiments. Mais je ne peux pas montrer la tour AZF.
Je n’ai d’ailleurs pas de photographie personnelle de l’usine avant l’explosion. Les archives existent, bien sûr, mais je n’ai pas souhaité construire ce reportage autour de photographies d’archives (dont les droits de reproduction seraient trop coûteux).
Cela signifie qu’il n’y aura pas, dans cet article, de spectaculaire avant/après réalisé à partir de deux photographies prises au même endroit.
Depuis Téléo, l’ancien site apparaît autrement
Pour comprendre ce qu’est devenu le site de l’ancienne usine AZF, il faut prendre de la hauteur. C’est l’un des intérêts de Téléo le téléphérique urbain.
Le téléphérique toulousain passe à proximité immédiate de l’Oncopole et permet d’avoir une vue différente du secteur. J’avais déjà consacré un article à Téléo et au paysage toulousain visible depuis le téléphérique. Cette fois, je l’ai utilisé comme point de vue pour regarder l’ancien site d’AZF.
Depuis une cabine, la perception du territoire change complètement. Au sol, le site paraît immense et très plat. Les différents éléments sont séparés par les routes, les bâtiments et la végétation.
Depuis les airs, on comprend beaucoup mieux l’ampleur du territoire. Et pourtant, ce qui frappe n’est pas la présence d’une ancienne usine. C’est son absence. Il n’y a plus de grande succession de hangars industriels. Plus de tour qui domine l’ensemble. Plus de silhouette qui permettrait d’identifier immédiatement AZF.
À la place, le regard rencontre un paysage contemporain. On distingue notamment l’Institut universitaire du cancer de Toulouse et le bâtiment Pierre Fabre. D’autres installations occupent aujourd’hui le secteur.
La photographie prise depuis Téléo permet donc de montrer quelque chose qu’une vue au sol aurait beaucoup plus de mal à faire comprendre : l’ancien site d’AZF est devenu un morceau du paysage actuel de Toulouse.
L’Oncopole a changé le visage du secteur
Parmi les transformations les plus visibles, il y a évidemment l’Oncopole. L’ancien paysage industriel a laissé place à un campus consacré aux soins, à la recherche et aux activités liées à la cancérologie. L’IUCT-Oncopole rassemble aujourd’hui notamment des activités de soins, de recherche et d’enseignement.
Le bâtiment Pierre Fabre fait également partie de ce nouveau paysage. Depuis la route, il est difficile de ne pas remarquer ces bâtiments contemporains.
Je peux les photographier. Mais il serait trompeur de présenter ces images comme une opposition directe entre « l’ancienne AZF » et « le nouveau Toulouse ». Je n’ai pas une photographie de l’usine prise exactement au même endroit avant l’explosion. Je n’ai pas non plus un bâtiment ancien conservé à côté d’un bâtiment neuf qui permettrait de faire une comparaison évidente.
Le territoire est beaucoup plus vaste et beaucoup plus plat que cela. Alors je préfère montrer ce qui existe aujourd’hui. Une photographie du Centre de recherches en cancérologie de Toulouse raconte le présent du site. Une autre vue du bâtiment Pierre Fabre, prise depuis la route, montre également ce nouveau paysage.
Ces bâtiments ne sont pas des vestiges d’AZF. Leur architecture tranche l’histoire industrielle du site. Ces bâtiments sont justement la preuve que le territoire a changé de fonction. Ici les lignes sont modernes.


Une centrale photovoltaïque à la place d’une partie de l’ancien paysage industriel
La transformation ne se limite pas aux bâtiments de l’Oncopole. Une centrale photovoltaïque occupe également une partie de l’ancien site industriel. Là encore, le contraste avec ce que représentait AZF en 2001 est considérable. À l’époque, le paysage était celui d’une grande usine chimique. Aujourd’hui, une partie du territoire est occupée par des panneaux solaires.
Depuis Téléo, cette installation participe pleinement à la lecture du paysage actuel. C’est une photographie assez particulière pour cet anniversaire. Elle ne montre pas un vestige. Elle montre ce qui a pris la place de l’ancien paysage industriel. Le site n’est donc pas devenu une friche figée dans le temps. Il a continué à évoluer.
C’est probablement l’un des éléments les plus importants à comprendre lorsque l’on revient sur place vingt-cinq ans après.
De l’autre coté de la garonne la SNPE est toujours en activité.

Quelques objets permettent encore d’imaginer l’usine
Tout n’a cependant pas disparu. À proximité de l’espace de mémoire, quelques objets provenant de l’ancienne usine sont encore visibles. Ils sont beaucoup moins impressionnants que la grande tour AZF ou que les anciens hangars. Mais ils ont une valeur particulière. Ce sont des morceaux concrets de l’histoire industrielle du lieu.
Lorsque l’on regarde une grande photographie du site depuis Téléo, il est impossible de comprendre à quoi ressemblait l’usine. Face à un objet industriel conservé, c’est différent. On peut observer la matière. La taille. Les formes. Les éléments techniques.
On comprend que derrière le mot « usine » se trouvait un ensemble de machines, de tuyaux, de structures et d’installations destinées à une activité industrielle complexe.
Ils ne représentent pas à eux seuls l’ancienne AZF. Ils constituent aujourd’hui des fragments du passé.

Une grande pièce tubulaire a été rapprochée de l’espace de mémoire
Parmi les éléments conservés, une grande pièce tubulaire, l’ancien four des grains de nitrate de l’usine, attire particulièrement le regard. Il s’agit d’un élément qui appartenait à l’installation industrielle. Longtemps, cette pièce se trouvait dans la zone du site où elle était associée aux autres éléments placés sous scellés par la justice. Avec la dépollution de ces 2 hectares de terrain en 2024, elle été déplacée pour être rapprochée de l’espace mémoriel.
Cette modification change aussi la manière dont on peut la regarder. Elle n’est plus seulement un morceau d’installation industrielle. Elle devient également un objet qui participe à la transmission de l’histoire du site. Pour un photographe, c’est intéressant.
La même pièce peut être regardée de deux manières. Comme objet industriel. Ou comme vestige. Le contexte autour d’elle lui donne une signification différente. C’est finalement ce qui arrive à l’ensemble du site. Les mêmes espaces ne racontent plus la même histoire.

Le poste de garde est devenu une salle municipale
Un autre élément est particulièrement intéressant parce qu’il permet de retrouver une fonction humaine du site. Le poste de garde de l’ancienne entrée existe encore. Mais il n’est plus utilisé comme poste de garde de l’usine. Il a été reconstruit puis déplacé et est aujourd’hui devenu une salle municipale.
C’est un détail qui pourrait sembler secondaire. Pourtant, je trouve cette transformation assez représentative de ce que le territoire est devenu. Le bâtiment n’a pas simplement été détruit. Il a changé de fonction. Il ne contrôle plus l’entrée d’une grande usine chimique. Il appartient désormais au paysage quotidien de Toulouse sous une autre forme.
C’est exactement le genre de détail que l’on ne remarque pas forcément lorsqu’on regarde uniquement une grande vue aérienne. Il faut revenir au sol. Regarder les bâtiments. Chercher les petits éléments. Et connaître leur histoire.

Une piste cyclable traverse désormais l’ancien territoire industriel
La transformation se voit également dans les usages du site. Une piste cyclable traverse aujourd’hui le secteur. Des personnes l’empruntent pour leurs déplacements quotidiens ou leurs promenades.
Là encore, la photographie ne montre pas directement AZF. Elle montre un usage contemporain du territoire. C’est finalement ce qui revient constamment lorsque je photographie le secteur.
Je cherche AZF et je trouve Toulouse. Je cherche l’usine et je trouve des bâtiments de recherche. Je cherche les anciennes infrastructures et je trouve une piste cyclable. Je cherche les anciens hangars et je trouve une centrale photovoltaïque. Je cherche la tour et je trouve un paysage sans tour.
C’est peut-être cela, finalement, la meilleure réponse à la question posée par cet article.

Le cratère est toujours là, mais il faut le chercher
Il reste pourtant une trace beaucoup plus directement liée à l’explosion : le cratère.
En 2016, lorsque j’avais réalisé mon reportage pour les quinze ans d’AZF, le cratère était encore parfaitement identifiable. Il se trouvait dans une zone grillagée avec plusieurs vestiges de l’usine. La végétation était déjà très présente.
Dix ans plus tard, le paysage a encore évolué. Aujourd’hui, lorsque l’on s’approche du secteur, le cratère n’est plus une évidence. La végétation le masque. Il faut presque savoir où regarder. Mais en ce mois de septembre 2026 on le trouve assez facilement. La dépollution de 2024 a arraché la végétation présente dans cette zone. Celle du cratère a pu rester en place. Le cratère de l’explosion du 21 septembre 2001 bénéficie désormais du statut de zone humide.
Une bouée est placée à quelques pas du cratère. Le cratère est pourtant clôturé. Rien n’indique l’origine de ce cratère. Quelques panneaux rappellent que la baignade est interdite. C’est probablement l’une des images les plus représentatives de ce reportage.
En 2001, le sol lui-même a été profondément marqué. En 2026, la végétation recouvre progressivement cette marque. Le cratère n’a pas disparu. Mais il est devenu difficile à voir. Et cette évolution résume assez bien les vingt-cinq années écoulées.

Une friche entoure le cratère suite la dernière dépollution du site. La végétation est brûlée par le soleil. On devine des passages de lapins dans ces herbes séchées. Le sol est un mélange de gravats de pierres et de sable. La terre est presque absente de cette friche. Rien ne semble pour le moment clairement défini pour le devenir de cette friche. tr
En 2016, il restait encore beaucoup plus de traces de l’usine AZF
Lorsque je compare mentalement mes photographies réalisées quinze ans après l’explosion avec ce que je vois aujourd’hui, la différence est importante.
En 2016, il restait encore des vestiges beaucoup plus visibles. J’avais photographié le cratère, une partie des installations, un mur de hangar et l’ancien four des grains de nitrate de l’usine. La végétation avait déjà commencé à reprendre ses droits, mais le caractère industriel du site restait évident.
J’avais d’ailleurs consacré un reportage à AZF quinze ans après l’explosion, aux traces encore visibles et aux questions qui subsistaient autour de la catastrophe.
En 2026, la situation est différente. Le site ne ressemble plus à une ancienne usine abandonnée. Il ressemble à un territoire transformé. C’est une différence importante. Il ne s’agit plus seulement de voir les vestiges disparaître. Il faut désormais chercher les quelques éléments qui ont été conservés.
Le seul endroit où AZF est encore clairement présente
Et puis il y a l’espace de mémoire. C’est probablement le lieu où la réponse à ma question devient la plus évidente.
Si l’on veut voir AZF en 2026, il faut venir ici. Pas pour voir l’usine. Elle n’est plus là. Mais pour voir ce que Toulouse a choisi de conserver de son histoire. L’espace de mémoire rappelle la catastrophe du 21 septembre 2001.
Depuis 2021, des panneaux racontent l’histoire du site, l’explosion et les procès. À proximité, le poste de garde et les quelques éléments industriels conservés permettent également de faire le lien avec l’ancienne usine.
Ici, AZF n’est plus seulement un emplacement géographique. C’est un lieu de mémoire qui semble abandonné tant les détritus sont nombreux tout autour.
Vingt-cinq ans après, je n’ai toujours pas de photo de l’AZF d’avant
C’est peut-être ce qui me gêne le plus lorsque je prépare cet article. Je pourrais raconter cette histoire avec une belle photographie de la tour AZF avant 2001. Puis placer juste à côté une photographie prise depuis Téléo en 2026.
Le lecteur verrait immédiatement la transformation. Mais je n’ai pas cette photographie. Je n’ai pas photographié l’usine avant son explosion. Je n’étais pas photographe documentaire à cette époque et, surtout, comme beaucoup de Toulousains, je ne pensais pas qu’un jour il faudrait documenter sa disparition.
Les archives permettent évidemment de voir ce paysage disparu. Mais elles ne sont pas mes photographies. Alors je préfère assumer cette absence. Pour les 25 ans d’AZF, je ne vais pas essayer de fabriquer un faux avant/après.
Je photographie le présent. Et je raconte ce que je peux encore voir.
Photographier un lieu qui n’existe plus
C’est finalement ce qui m’intéresse le plus dans ce reportage. Comment photographier une usine qui n’existe plus ?
- La première réponse serait de photographier ses ruines. Mais il n’y en a presque plus.
- La deuxième serait de photographier ses vestiges. Ils sont désormais peu nombreux.
- La troisième consiste à photographier les lieux qui ont remplacé l’ancien paysage. C’est ce que permettent les vues du Cancéropôle, du bâtiment Pierre Fabre, de la centrale photovoltaïque ou de la piste cyclable.
- La quatrième consiste à photographier la mémoire. C’est le rôle de l’espace de mémoire.
- Et la dernière consiste à photographier l’absence. C’est probablement ce que raconte le mieux la vue depuis Téléo. Une immense étendue de territoire, un paysage presque plat, des bâtiments contemporains et très peu d’éléments permettant d’imaginer l’usine qui se trouvait ici.
La photographie ne peut pas recréer le passé. Elle peut seulement montrer ce qui reste aujourd’hui.
Vingt-cinq ans après, que reste-t-il vraiment d’AZF ?
Finalement, beaucoup moins que ce que l’on pourrait imaginer.
- Il ne reste plus la tour qui dominait Toulouse.
- Il ne reste plus les grands hangars.
- Il ne reste plus les anciennes voies ferrées qui desservaient l’usine.
- Il ne reste plus le paysage industriel que connaissaient les Toulousains en 2001.
- Il reste quelques éléments matériels conservés autour de l’espace de mémoire.
- Il reste le poste de garde, qui a changé de fonction.
- Il reste quelques objets issus de l’ancienne usine.
- Il reste cette grande pièce tubulaire désormais rapprochée de l’espace mémoriel.
- Il reste le cratère, mais la végétation le rend aujourd’hui presque invisible.
- Et il reste surtout l’espace de mémoire.
À côté, il y a aussi des éléments du paysage industriel plus large, comme la SNPE, qui permettent de comprendre dans quel environnement se trouvait AZF.
Mais si l’on pose la question de manière très simple, presque brutale, « où est l’usine AZF ? », la réponse est finalement : elle n’est plus là.
Je n’oublie pas les souvenirs de ceux qui travaillaient dans l’usine, ni les séquelles des victimes de la catastrophe.

Alors, peut-on encore voir AZF à Toulouse ?
Oui. Mais plus comme avant. Il y a vingt-cinq ans, il suffisait parfois de lever les yeux pour voir la tour rouge et blanche. Aujourd’hui, il faut connaître l’histoire du secteur pour comprendre ce que l’on regarde. Depuis Téléo, on voit un paysage immense et transformé.
Depuis la route, on découvre le Centre de recherches en cancérologie de Toulouse et le bâtiment Pierre Fabre. Ailleurs, une centrale photovoltaïque occupe une partie de l’ancien site. Une piste cyclable traverse désormais le territoire. La SNPE rappelle encore la présence historique d’un important pôle industriel.
Puis il y a l’espace de mémoire. Quelques objets conservés permettent d’imaginer les anciennes installations. Le poste de garde raconte une autre partie de l’histoire. C’est là que le nom AZF est encore clairement présent. C’est là que le paysage actuel rencontre directement la mémoire de la catastrophe.
Et derrière la végétation, il faut parfois deviner le cratère.
Vingt-cinq ans après, je ne peux donc pas vraiment photographier AZF.
- Je peux photographier ce que Toulouse a construit sur l’ancien site.
- Je peux photographier les quelques vestiges qui ont été conservés. Je peux photographier le lieu de mémoire.
- Je peux photographier le cratère lorsqu’il est encore perceptible.
- Et surtout, je peux photographier l’absence.
C’est peut-être cela, finalement, que raconte le mieux le paysage actuel.
On ne photographie plus l’usine AZF. On photographie un territoire qui a été AZF.
Et vingt-cinq ans après l’explosion du 21 septembre 2001, il faut parfois regarder longtemps pour retrouver cette histoire dans le paysage toulousain.


















Après un tel article on prend tous un coup de vieux. J’étais au collège à l’époque, maintenant je dirige un service dans une grande boite
@cocolocco
On se souvient de l’explosion d’AZf comme si c’était hier et pourtant nous sommes déjà 25 après. C’est aussi l’occasion de se souvenir de tout le chemin que l’on a parcouru depuis la catastrophe du 21 septembre 2001.