L’Urban Trail de Toulouse n’en est qu’à sa deuxième édition, et pourtant, il semble déjà faire partie de l’ADN de la ville. On se souvient encore des débuts héroïques de la première édition : une météo capricieuse, une pluie battante et une alerte météo qui avait contraint les organisateurs à fermer l’accès aux parcs et jardins. Ce baptême du feu n’avait pourtant pas douché l’enthousiasme des participants, que j’avais vus braver les éléments pour longer l’Observatoire de Jolimont.
En ce début d’année 2026, l’ambiance est radicalement différente. Au lever du jour, la sensation est celle d’un événement désormais bien installé. Avec plus de coureurs que l’an passé et une météo enfin clémente, toutes les conditions sont réunies pour donner à cette édition une ampleur particulière. Très tôt, Toulouse se laisse traverser par des silhouettes en mouvement, baskets aux pieds et souffle court, pendant que la ville termine doucement sa nuit.
Ce que j’aime dans l’urban trail, c’est cette manière unique de révéler le patrimoine. Courir dans Toulouse, c’est passer sans transition des briques roses aux berges de la Garonne, des quartiers étudiants aux ponts historiques. En tant que photographe, suivre les coureurs, c’est capter le rythme d’une cité qui s’éveille et observer la lumière changer sur les visages au fil des kilomètres.

L’essentiel de l’Urban Trail de Toulouse 2026
- Date de l’événement : 19 avril 2026
- Distances proposées : 9 km, 14 km et 24 km
- Lieux emblématiques traversés : Quais de la Garonne, Quartier Saint-Sernin, Musée Saint-Raymond, Université du Capitole, Dôme de La Grave, Grand Rond, Quartier Saint-Étienne.
- Départ et Arrivée : Prairie des filtres
- Nombre de participants : Record d’affluence battu pour cette 2ᵉ édition avec 5’000 participants.
- Organisateur : My Sport Agency
Saint-Sernin : Après 8 km de course
C’est autour de la Basilique Saint-Sernin que je rencontre les premiers coureurs. Quelques minutes avant le passage des coureurs les agents municipaux souffleuses à la main donne un coup de propre. Il est encore tôt, Toulouse se réveille lentement, et le contraste est saisissant entre la monumentalité du lieu et le souffle déjà court des athlètes. Il y a quelques années l’endroit aurait été plus animé avec le marché de Saint-Sernin mais celui-ci se déroule désormais sur les allées Jules Guesde.
Les premiers du 24 kilomètres, ont pris une avance importante. La course est bien lancée. Le duo de tête ne traîne pas, les foulées sont efficaces, maîtrisées, presque silencieuses. Autour, quelques habitants observent la scène depuis leurs fenêtres ou le trottoir. La ville n’est pas encore tout à fait éveillée, mais le trail l’y aide clairement.
La lumière du matin, la basilique Saint-Sernin, les silhouettes tendues des coureurs offrent un terrain de jeu idéal pour capter l’essence de l’urban trail.




Du Musée Saint-Raymond à l’Université : le trail en mode urbain
Les coureurs filent ensuite vers le Musée Saint-Raymond. Le rythme est soutenu, l’écart entre les premiers et le reste du peloton commence déjà à se creuser. La course n’attend personne.
Ils traversent ensuite l’Université Toulouse 1 Capitole. Les bâtiments sont encore calmes, presque figés, tandis que les coureurs apportent une forme de mouvement brut, organique, dans ces espaces habituellement dédiés au savoir et au temps long. L’urban trail a cette capacité à détourner temporairement les usages de la ville, sans jamais la dénaturer.




Le passage emblématique de La Grave : l’âme de l’Urban Trail
En traversant le pont Saint-Pierre, je retrouve les coureurs au pied de La Grave, l’un des passages les plus emblématiques du parcours. Ici, le rythme ralentit légèrement, non pas par fatigue, mais par réflexe. Beaucoup de coureurs sortent leur smartphone, parfois en pleine course, pour conserver un souvenir de cet instant. Le décor est fort, presque cinématographique, et l’urban trail prend tout son sens dans ce dialogue direct entre effort physique et patrimoine toulousain.
Le sol, en revanche, impose une vraie vigilance. Les pavés sont glissants, surtout à cette heure matinale où l’humidité est encore bien présente. Les foulées se font plus prudentes, les regards se baissent brièvement, avant de se relever vers la coupole. Un passage aussi beau qu’exigeant, qui rappelle que courir en ville, c’est aussi savoir composer avec ses contraintes.


Urban Trail de Toulouse 2026 : longer la Garonne jusqu’au Château d’Eau
Je longe la Garonne avec les coureurs jusqu’au Château d’Eau. Le symbole est fort. Ce lieu dédié à la photographie accueille le passage d’un événement sportif qui, lui aussi, raconte la ville. Mais autour de la galerie, c’est le chaos à cause de la circulation.
La fatigue commence à se lire plus franchement sur les visages. Les foulées sont moins aériennes, les regards plus concentrés. La course devient intérieure, presque silencieuse. L’arrivée se rapproche les coureurs veulent terminer la course sans se prendre les pieds dans une marche ou autre obstacle.


Changement de rive et regards vers la Garonnette et la course des 14 km
En retraversant la Garonne, j’aperçois des coureurs qui longent la Garonne avant de filer du côté de la Garonnette. C’est le peloton de la course de 14 km le peloton est relativement groupé. Ils se dirigent ensuite vers l’église du Gézu, où je dois retrouver les concurrents de l’épreuve de 9 km.


L’église du Gésu : entre ombre et lumière pour le trail 2026 de Toulouse
Je me place ensuite au niveau de l’Église du Gésu. Le passage est plus étroit, plus contraint. Pour la photo, c’est un endroit particulier. la lumière y est très limitée. Certains coureurs cherchent leur chemin malgré les indications. Un groupe de musique donne un touche festive au passage des coureurs. Comme dans le dôme de l’Hôpital Lagrave les coureurs filment leur passage.
C’est aussi ici que l’on ressent pleinement l’intensité de l’urban trail, cette course qui impose de composer en permanence avec l’environnement urbain.


L’ambiance festive du 9 km : une autre facette du trail 2026 de Toulouse
La dernière course de la matinée est celle des 9 kilomètres. Le contraste avec les premières vagues est immédiat. Les coureurs sont plus frais, les visages plus détendus, et l’envie de profiter de l’événement prend clairement le dessus sur la seule performance. On sent une énergie plus légère, presque joyeuse, dans les foulées comme dans les regards.
Beaucoup discutent, plaisantent, lèvent le pouce au passage d’un photographe ou d’un spectateur. La course devient prétexte à partager un moment, à courir ensemble, à vivre la ville autrement. Sur cette distance plus courte, l’effort est intense mais bref, et l’état d’esprit s’en ressent immédiatement.


Du Grand Rond à Saint-Étienne, une course plus festive
En passant par le Grand Rond puis vers le quartier de Saint-Étienne, l’ambiance est nettement plus festive. Les encouragements fusent, les sourires sont nombreux, et certains coureurs n’hésitent pas à jouer avec le décor urbain.
Pour la photo, c’est un moment très différent. Les attitudes sont plus expressives, les gestes plus ouverts, les interactions plus fréquentes. On photographie moins l’effort pur que l’instant partagé.




De Saint Georges à Goudouli un parcours cassant sur le trail 2026 de Toulouse
Je quitte les derniers coureurs devant la Fontaine Goudouli. Ici, la fatigue est bien sûr présente, mais elle s’accompagne presque toujours d’un sourire. La ligne d’arrivée se rapproche, et avec elle l’idée de prolonger la matinée, de se retrouver, de fêter cette course urbaine au cœur de Toulouse.
Cette dernière vague donne une autre lecture de l’Urban Trail. Moins tournée vers la gestion de l’effort long, plus orientée vers le plaisir de courir ensemble, elle montre à quel point cet événement sait parler à des publics très différents.


Résultats de l’Urban Trail de Toulouse 2026 : l’incroyable doublé de Luce Vergneaux
Le chronomètre a rendu son verdict, et cette édition restera marquée par un exploit hors du commun. Sur l’épreuve reine des 24 km, lancée dès l’aube, Mostapha Lambach (US Joigny) s’est imposé en 1h28’10’’, tandis que Marie Laplace (SATUC) a dominé la catégorie féminine en 1h43’04’’.
Mais le nom qui a fait vibrer la ligne d’arrivée est celui de Luce Vergneaux (ASPTT Toulouse). Après avoir décroché une superbe 3ème place sur le 24 km (1h48’46’’), elle ne s’est pas arrêtée là. Elle a pris le départ de la course de 9 km quelques instants plus tard pour s’offrir la victoire en 42’59’’. Un enchaînement de 33 kilomètres à haute intensité qui a forcé l’admiration des spectateurs et des autres coureurs.
Sur la distance intermédiaire de 14 km, les honneurs reviennent à Guillaume Soudais (Stade Toulouse Athlétisme, 49’35’’) et Léa Vergondy (58’07’’). Enfin, chez les hommes sur le 9 km, c’est Matteo Gerlin qui l’emporte en 34’38’’. Au total, ce sont plus de 5’000 passionnés qui ont transformé Toulouse en un immense stade urbain, profitant d’une météo enfin complice.
Course à pied à Toulouse : un engouement qui ne cesse de grandir
L’Urban Trail de Toulouse s’inscrit dans un mouvement plus large. La course à pied connaît un véritable essor, qu’il s’agisse de formats longs comme le marathon ou d’événements plus accessibles. Toulouse vit au rythme de ses courses pédestres, de la Course des Bacchantes à la Corrida de Toulouse.
Ces événements participent à créer du lien, à faire vivre la ville autrement, et offrent autant d’occasions de raconter Toulouse à travers le sport et la photographie.
Conclusion
Cette deuxième édition de l’Urban Trail de Toulouse est une réussite totale. Plus qu’une simple compétition, l’événement s’impose comme une exploration sensorielle de la ville. Du peloton de tête du 24 km, lancé dans une quête de performance pure, aux participants du 9 km venus savourer l’architecture toulousaine, chacun y a trouvé son rythme.
Pour le photographe, ce trail est un cadeau : il offre un regard neuf sur les pavés de La Grave ou la majesté de Saint-Sernin. Ce succès confirme l’engouement croissant pour les courses pédestres en Occitanie et installe durablement cet Urban Trail dans le calendrier sportif local.
Et vous, avez-vous participé à cette édition 2026 ? Quel passage du parcours vous a le plus marqué ? Partagez vos impressions en commentaire !


















je pense t’avoir vu vers le grand rond. l’endroit était sympa surtout avec la salsa. J’ai bien aimé passer par certains lieux comme l’église du Gézu. C’est presque étrange de passer par là pour un trail.
@Emma
C’est probable que tu aies pu me voir. Oui le Trail de Toulouse passait par des endroits inattendus, l’occasion de découvrir des lieux inhabituels. Ca ne bouchonnait pas à l’entrée de ces spots ?
Le parcours de ce trail de Toulouse était bien cassant avec des changements de rythme permanent, des montées, des descentes et des escaliers. J’ai bien aimé découvrir l’interieur du dome de La Grave
@Pierrick
J’ai vu tellement de marches en suivant des bouts du parcours de l’Urban Trail de Toulouse, ca devait etre épuisant, mais c’était le seul moyen de donner un peu de relief à la course.