Le 21 septembre 2001 à 10 h 17, l’usine AZF, située au sud de Toulouse, explose.
Quinze ans plus tard, en 2016, les traces visibles de cette catastrophe industrielle sont progressivement effacées par la transformation du site. Pourtant, dans Toulouse, le souvenir reste particulièrement présent.
Lorsque je retourne sur les lieux quinze ans après l’explosion, je découvre un paysage très différent de celui que les Toulousains connaissaient avant 2001. Une partie de l’ancien site industriel a disparu, d’autres bâtiments ont été détruits ou transformés, la végétation reprend ses droits et un nouveau quartier se développe autour de l’ancien complexe chimique.
Mais derrière cette transformation, il reste encore des vestiges.
- Un cratère.
- Des morceaux de bâtiments.
- Un mur qui tient encore debout.
- Des équipements industriels abandonnés.
- Et surtout, des lieux de mémoire.
Quinze ans après AZF, je me suis intéressé à ce qu’il reste de cette catastrophe dans le paysage toulousain, mais aussi à ce qu’elle représente encore pour ceux qui l’ont vécue.
De la poudrerie à l’usine AZF au cœur de Toulouse
Pour comprendre pourquoi l’explosion AZF a autant marqué Toulouse, il faut revenir sur l’histoire industrielle de ce secteur.
L’usine AZF n’est pas apparue brutalement au milieu de la ville.
À l’origine, les installations industrielles sont implantées à l’écart de Toulouse. Mais au fil des décennies, la ville s’étend et finit par entourer progressivement le complexe chimique.
C’est cette évolution urbaine qui rend l’histoire du site particulièrement intéressante.
Une longue histoire industrielle au sud de Toulouse
En 1852, la municipalité de Toulouse décide de déplacer la poudrerie historique installée dans le centre de la ville, sur l’île de Tounis, vers le sud de l’île du Ramier.
L’objectif est notamment d’éloigner cette activité dangereuse des zones densément habitées.
Pendant la Première Guerre mondiale, la poudrerie de Toulouse prend une importance considérable. L’industrialisation du secteur se poursuit avec la construction d’une nouvelle poudrerie.
En 1918, le site industriel couvre près de 400 hectares, depuis le sud de l’île du Ramier jusqu’au nord de l’actuelle zone du Chapitre.
L’histoire du secteur est donc déjà ancienne lorsque l’ONIA s’y installe.
Un document des archives municipales rappelle d’ailleurs qu’une explosion avait déjà touché la poudrerie de Toulouse le 21 septembre 1781, provoquant des dégâts matériels dans le faubourg Saint-Michel.
L’histoire industrielle de Toulouse est donc jalonnée par plusieurs épisodes liés aux activités pyrotechniques et chimiques.
De l’ONIA à Grande Paroisse puis AZF
- En 1924, une partie du site de la seconde poudrerie est choisie pour accueillir l’Office National Industriel de l’Azote, l’ONIA. L’usine va ensuite connaître différentes évolutions.
- En 1987, l’ONIA prend le nom de Grande Paroisse.
- En 1990, le site prend finalement le nom d’AZF.
- Lorsque l’explosion survient en 2001, l’usine appartient à Grande Paroisse, filiale du groupe Total. Sur environ 70 hectares, le site emploie alors près de 500 personnes.
La production est principalement constituée d’ammonitrates agricoles. L’usine fabrique également des nitrates d’ammonium industriels, de la mélamine, des résines et différents produits chlorés.
Cette activité industrielle importante a profondément marqué le développement du sud de Toulouse.

Quand la ville de Toulouse encercle progressivement le site industriel
L’un des aspects qui m’intéresse particulièrement lorsque je regarde l’histoire d’AZF est le rapport entre industrie et urbanisation. Lorsque les premières installations industrielles sont construites, elles sont relativement éloignées des habitations.
Mais une usine représente aussi des emplois. Et les salariés ont besoin de logements. Progressivement, des quartiers apparaissent autour du complexe industriel.
L’industrie participe au développement des quartiers toulousains
Après la Seconde Guerre mondiale, le pôle chimique constitue un important bassin d’emploi à Toulouse. Les besoins en main-d’œuvre favorisent la construction de logements à proximité des usines. La poudrerie participe notamment à la construction de logements dans le quartier Saint-Roch.
De son côté, l’ONIA participe activement au développement du quartier Papus. D’autres quartiers sont ensuite construits autour des installations industrielles pour accompagner l’expansion de Toulouse. Cette évolution est importante pour comprendre la catastrophe AZF.
L’usine avait été construite dans un secteur relativement isolé. Mais au fil des décennies, la ville est venue entourer les installations industrielles. Certains quartiers ont même été construits sur d’anciens terrains appartenant à la poudrerie ou à l’ONIA.
Au début des années 1970, les deux usines sont ainsi largement entourées par des habitations.
Des équipements publics à proximité des anciennes usines
Cette urbanisation ne concerne pas uniquement les logements. Des équipements apparaissent également à proximité.
Un centre de formation professionnelle est notamment construit dans le secteur. Il deviendra ensuite le centre d’apprentissage Gallieni.
Sur l’île du Ramier, la résidence universitaire Daniel Faucher est construite à partir de 1954. Les bâtiments de la résidence universitaire se trouvent alors à proximité des anciens moulins de la poudrerie.
En face de la SNPE, sur la pointe de l’île du Ramier, se trouvait également l’Institut de Génie Chimique, devenu l’INP-ENSIACET, l’École Nationale Supérieure des Ingénieurs en Arts Chimiques et Technologiques. Le bâtiment a depuis été remplacé par le Casino.
Cette histoire montre à quel point le paysage toulousain a évolué autour de ces activités industrielles.
AZF 15 ans après : que reste-t-il de l’usine ?
En 2016, quinze ans après l’explosion, le site de l’ancienne usine AZF a été en grande partie dépollué.
Mais cela ne signifie pas que toute trace de l’usine a disparu. Au nord du terrain de l’ancienne usine se trouve encore une zone grillagée. À l’intérieur subsistent des vestiges industriels ainsi que le cratère formé par l’explosion. Depuis l’extérieur, l’endroit semble presque oublié.
Lorsque l’on s’approche, on constate pourtant que le site a été visité à plusieurs reprises. Certains éléments donnent même l’impression d’avoir été déplacés ou récupérés. L’accès au site est évidemment interdit.
Le cratère du hangar 221
Le cratère est probablement l’un des vestiges les plus symboliques de l’explosion AZF. Il correspond à l’emplacement du hangar 221, là où s’est produite l’explosion.
Quinze ans après la catastrophe, le cratère est toujours présent. Il est entouré d’une clôture qui empêche d’y accéder.
Pourtant, lorsque je regarde ce lieu à travers mon appareil photo, il est difficile de ne pas imaginer ce que représentait cet espace avant le 21 septembre 2001. La végétation a progressivement gagné le terrain.
Le contraste entre cette nature qui reprend ses droits et les vestiges industriels encore visibles est particulièrement frappant.
Les derniers vestiges industriels
Un morceau de mur provenant de l’un des hangars est encore debout. Il est solidement étayé afin d’éviter qu’il ne s’effondre. Le temps et les visiteurs ont cependant laissé leurs traces : le mur est couvert de graffitis récents. Autour, la végétation est dense. Elle dissimule plusieurs conteneurs métalliques, dont certains sont ouverts.
Une imposante pièce tubulaire, vestige de la production industrielle, domine également cette vaste zone en friche. Le paysage est presque devenu sauvage. Des lapins sont nombreux sur le terrain et il n’est pas rare, à proximité, de croiser des renards ou des sangliers.
Cette végétation donne presque l’impression que la nature cherche à effacer progressivement les traces de l’usine. Mais quelques éléments industriels suffisent à rappeler ce qui s’est passé ici.

Le mémorial d’AZF et la mémoire des victimes
Au milieu de cette ancienne zone industrielle, un espace consacré à la mémoire de la catastrophe a été aménagé. On y trouve les stèles commémoratives ainsi qu’un monument consacré aux victimes.
Le poste de garde constitue lui aussi un élément particulier de ce lieu. Il avait résisté à l’explosion. Pour des raisons de sécurité, il avait cependant été détruit le lendemain de la catastrophe. Il a ensuite été reconstruit à l’identique. À travers ses vitres, on peut notamment apercevoir quelques photographies.
Le lieu est très différent des vestiges industriels situés autour. Ici, il ne s’agit plus seulement de conserver une trace matérielle de l’usine. Il s’agit de conserver la mémoire des personnes mortes ou blessées le 21 septembre 2001.

Le rond-point du 21 septembre, un autre lieu de mémoire à Toulouse
La mémoire d’AZF ne se limite pas à l’ancien site industriel. À environ deux kilomètres de l’usine se trouve le rond-point du 21 septembre. Son nom officiel lui a été donné un an après l’explosion.
Ce nom rappelle directement la date de la catastrophe. Il constitue une autre manière d’inscrire AZF dans le paysage quotidien de Toulouse. C’est finalement une particularité de cette catastrophe : son souvenir est inscrit dans différents endroits de la ville.
Certains lieux sont directement liés à l’ancienne usine. D’autres rappellent simplement la date. Et pour de nombreux Toulousains, il suffit parfois d’un nom de rue, d’un rond-point ou d’un bâtiment pour faire revenir les souvenirs du 21 septembre 2001.

L’Oncopole remplace progressivement l’ancien paysage industriel
Plus au sud de l’ancien site AZF, un nouveau projet a profondément transformé le secteur : l’Oncopole.
Lorsque je découvre le site quinze ans après la catastrophe, il est difficile de ne pas remarquer le bâtiment aux formes futuristes qui borde la route. Mais l’Oncopole ne se limite pas à ce bâtiment.
C’est tout un campus qui a progressivement pris place dans ce secteur autrefois occupé par les activités industrielles.Cette transformation symbolise à sa manière le changement de fonction du site. L’ancien paysage industriel laisse progressivement place à un espace consacré à la santé, à la recherche et aux nouvelles activités.
Pourtant, quelques centaines de mètres plus loin, les vestiges de l’usine AZF sont encore là. Le contraste est particulièrement fort.
- D’un côté, un campus moderne.
- De l’autre, des friches, des vestiges industriels et un cratère derrière des grillages.
Les autres traces industrielles autour d’AZF
Le secteur conserve également d’autres traces de son passé industriel.
Sur les bords de la Garonne, dans d’anciennes gravières, subsistent notamment des ballastières utilisées pour le stockage d’anciens explosifs datant de la Première Guerre mondiale.
De l’autre côté d’un bras de la Garonne, en face du cratère, se trouve le site Herakles, anciennement SNPE, pour Société Nationale des Poudres et Explosifs.
À l’époque de mon reportage, le site n’abrite plus de phosgène, un gaz particulièrement dangereux.
Ces installations rappellent que la catastrophe AZF ne s’inscrit pas dans une histoire industrielle isolée.
Pendant des décennies, le sud de Toulouse a accueilli différentes activités liées à la chimie, aux poudres et aux explosifs.
Quinze ans après AZF, la catastrophe reste dans les mémoires
Les traces matérielles de l’explosion disparaissent progressivement. La mémoire, elle, reste. Lorsque je discute avec des Toulousains, je constate que l’épisode d’AZF est encore très présent. Certains me disent même avoir l’impression que c’était hier.
Et il suffit parfois d’un bruit soudain pour faire ressurgir le souvenir. Une porte qui claque. Un pétard. Une détonation. Pour certaines personnes, ces bruits peuvent encore provoquer une réaction de peur.
Le 21 septembre 2001 à 10 h 17 est donc devenu une date particulière dans la mémoire de Toulouse.
Beaucoup de Toulousains se souviennent de ce qu’ils faisaient au moment de l’explosion. Ils se souviennent également des heures qui ont suivi.
- Le téléphone qui ne fonctionne plus.
- Les informations contradictoires.
- Les vitres cassées.
- Les blessés.
- Les sirènes.
- Les proches que l’on cherche à joindre.
- Puis les premières photographies de l’usine détruite.
L’explosion a été ressentie et entendue bien au-delà de Toulouse, notamment jusqu’à Pamiers, Castres et Montauban.
Le mémorial d’AZF comme représentation de l’explosion
Le mémorial constitue lui aussi un élément particulièrement intéressant à photographier. Le monument représente le cratère formé par l’explosion de l’usine AZF. Il est constitué de colonnes et intègre un dispositif sonore qui rappelle les sirènes de l’usine.
Ce choix permet de conserver autre chose qu’une simple trace visuelle. Le mémorial fait appel au son pour évoquer la catastrophe. C’est une manière de rappeler que le 21 septembre 2001 n’a pas seulement été un événement visible. Pour ceux qui étaient à Toulouse ce jour-là, l’explosion a d’abord été un bruit immense. Puis sont venus les sirènes, les vitres brisées, les cris et les informations diffusées dans toute la ville.

La grande tour rouge et blanche d’AZF a disparu
Certains éléments du paysage toulousain ont définitivement disparu. La grande tour rouge et blanche qui dominait l’usine AZF a été démontée durant l’été 2013.
Pour les Toulousains qui avaient connu l’usine avant 2001, cette tour constituait pourtant un repère très identifiable. Elle faisait partie du paysage.Sa disparition est donc aussi une étape supplémentaire dans l’effacement progressif des traces visibles de l’ancienne usine.
Lorsque je photographie les vestiges encore présents en 2016, je sais que ce paysage est lui aussi temporaire.
- La végétation progresse.
- Les bâtiments disparaissent.
- Les nouveaux équipements transforment le secteur.
Et progressivement, il devient plus difficile d’imaginer à quoi ressemblait l’usine avant son explosion.

Ils ont vécu l’explosion d’AZF
Pour comprendre ce que représente AZF quinze ans après la catastrophe, je trouve intéressant de donner la parole à ceux qui étaient présents ce jour-là.
Les souvenirs sont très différents selon l’endroit où chacun se trouvait.
« Je pensais que j’avais fait sauter le quartier »
Une mère de famille raconte avoir eu la main sur l’interrupteur lorsque l’explosion s’est produite. Dans les premières secondes, elle pense avoir elle-même provoqué quelque chose de grave. Elle explique également avoir obtenu assez tardivement les informations sur ce qui venait réellement de se passer. Son inquiétude concerne alors surtout les autres membres de sa famille. Finalement, chacun parvient à être rassuré avant les retrouvailles du soir.
« J’étais en classe quand tout a volé en éclat »
Un lycéen de 17 ans raconte une expérience beaucoup plus directe. Il était en classe lorsque l’explosion s’est produite. Tout a volé en éclat autour de lui et il a reçu du verre sur le visage. Il s’en sort avec quelques petites coupures, contrairement à certains de ses camarades qui se trouvaient plus près des fenêtres. Quinze ans plus tard, il explique souffrir encore de problèmes auditifs qu’il associe à l’explosion AZF.
« Je n’ai découvert mon appartement ravagé qu’en rentrant »
Un consultant de 33 ans se trouvait sur l’autoroute en direction de Montauban. Il entend une explosion mais ne sait pas immédiatement ce qui vient de se produire. Ce n’est qu’en arrivant à destination qu’il apprend que « l’ONIA » vient d’exploser. Les téléphones ne répondent plus. Lorsqu’il rentre chez lui, il découvre son appartement ravagé. Heureusement, personne de son entourage n’est blessé. Mais la catastrophe laisse une profonde marque.
« J’ai immédiatement pensé à un attentat »
Une jeune fille de 22 ans vient tout juste de rentrer de Floride. Son retour a été retardé à la suite des attentats du 11 septembre. Lorsque l’explosion se produit, son premier réflexe est donc de penser à un attentat similaire à celui des tours du World Trade Center. Le contexte international de septembre 2001 permet de comprendre pourquoi cette hypothèse revient dans plusieurs témoignages.
« J’ai réalisé l’ampleur des dégâts en voyant les premières images »
Un manutentionnaire de 43 ans habite dans le quartier Papus, particulièrement touché par l’explosion. Il se réfugie chez des amis. Ce n’est qu’en découvrant les premières photographies de ce qu’il reste d’AZF et en entendant le récit du journaliste de France 3 Pierre Nicolas qu’il réalise l’ampleur de la catastrophe.
« J’avais 5 ans, je n’ai pas compris »
Le témoignage d’une enfant de cinq ans est probablement l’un des plus marquants. Elle raconte avoir vu tout s’écrouler autour d’elle. Sa mère vient la chercher à l’école en pleurant. La maison familiale est éventrée. Les fenêtres ne sont remplacées que deux mois après l’explosion. Quinze ans plus tard, elle explique avoir des problèmes auditifs et conserver une peur de l’orage et des feux d’artifice.
Ces témoignages montrent à quel point il n’existe pas une seule manière de vivre l’explosion AZF. La distance avec l’usine, l’âge, le lieu où l’on se trouve et les personnes que l’on cherche à joindre changent complètement l’expérience de cette journée.
AZF, quinze ans après, toujours des questions
Quinze ans après l’explosion, de nombreuses questions restent encore présentes dans le débat autour de la catastrophe. Avant le 21 septembre 2001, les Toulousains connaissaient déjà le risque associé aux activités industrielles du secteur.
Certains avaient notamment peur de voir l’usine AZF ou la SNPE subir un accident majeur. L’explosion du hangar 221 va entraîner de longues batailles d’experts.
La catastrophe est alors associée à une réaction chimique impliquant notamment de l’ammonitrate et des produits chlorés destinés aux piscines, notamment le DCCNa ou dichloroisocyanurate de sodium.
Mais les débats autour des circonstances exactes de l’explosion restent particulièrement vifs. Certains experts défendent d’autres hypothèses. Parmi celles qui reviennent régulièrement figurent notamment la possibilité d’un attentat, l’explosion souterraine d’une nappe de gaz ou encore un problème électrique.
À ce stade, je préfère rester prudent : mon article n’a pas vocation à refaire l’ensemble des expertises scientifiques. Je constate simplement qu’après quinze ans, les questions et les doutes restent une composante importante de la mémoire d’AZF.

AZF : deux procès et bientôt un troisième
Quinze ans après l’explosion, deux procès ont déjà eu lieu.
- Le premier procès, en 2009, se termine par la relaxe de Grande Paroisse et du directeur de l’usine AZF.
- Lors du procès en appel, en 2012, Grande Paroisse et le directeur de l’usine sont condamnés.
Mais l’affaire n’est pas terminée. Le 13 janvier 2015, la Cour de cassation reconnaît l’impartialité de l’une des magistrates de la cour d’appel de Toulouse. Un nouveau procès doit donc avoir lieu en janvier 2017. Cette fois, il doit être délocalisé à Paris.
En 2016, quinze ans après l’explosion, l’histoire judiciaire d’AZF est donc toujours en cours. Cette longue succession de procès montre à quel point il est difficile de refermer le dossier de la catastrophe.
Quinze ans après AZF, les traces disparaissent mais la mémoire reste
Lorsque je regarde les photographies réalisées sur le site quinze ans après l’explosion, ce qui me frappe le plus est le contraste entre la disparition progressive de l’usine et la persistance de sa mémoire.
- Les traces industrielles s’effacent.
- La végétation envahit les anciennes friches.
- Certains bâtiments ont disparu.
- La grande tour rouge et blanche n’existe plus.
- Un nouveau campus a pris place à proximité.
- Et pourtant, derrière les grillages, le cratère du hangar 221 demeure.
- Quelques murs sont encore debout.
- Des éléments industriels témoignent encore de l’activité passée.
- Le mémorial rappelle les victimes.
- Et dans Toulouse, des milliers de personnes conservent leur propre souvenir du 21 septembre 2001.
Quinze ans après, AZF n’est donc plus seulement une usine qui a explosé.
C’est devenu un morceau de l’histoire de Toulouse.
- Une histoire industrielle.
- Une histoire urbaine.
- Une catastrophe.
- Une succession de procès.
- Mais aussi une multitude de souvenirs personnels.
C’est probablement ce qui explique pourquoi, quinze ans après l’explosion, la catastrophe reste aussi présente dans les conversations.
- Les bâtiments peuvent disparaître.
- Les paysages peuvent changer.
- Les activités industrielles peuvent être remplacées par d’autres usages.
- Mais la mémoire, elle, ne disparaît pas aussi facilement.
Et lorsque je photographie les derniers vestiges d’AZF, je ne photographie finalement pas seulement les restes d’une usine.
Je photographie les traces d’un événement qui a profondément marqué Toulouse et ses habitants.




















Tous les toulousains se souviennent de ce moment!
@Anne
C’est vrai, il suffit d’aborder le sujet de près ou de loin pour finir par découvrir ce que faisait notre interlocuteur à ce moment.
Le temps passe, mais je me souviens encore des images vues à la télé : des gens hagards, ensanglantés et recouverts de poussière :-/
@Seb
les médias ont véhiculés de nombreuses images de ce moments