AZF : 10 ans !

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10 ans ! Voilà déjà 10 ans que l’usine AZF a explosé à Toulouse. J’aurais bien sûr pu vous raconter ce qu’il s’est passé là-bas, mais je crois que même les experts ne le savent pas vraiment.

 

En 2001 l’usine AZF fait parti de « Grande Paroisse », premier producteur de fertilisants appartenant au groupe Total. Son nom officiel «usine Grande paroisse de Toulouse» est souvent remplacé par les trois lettres AZF qui figuraient sur la plus grande cheminée du site. AZF est une marque commerciale qui signifie «AZote Fertilisant».

Avant la catastrophe du 21 septembre de nombreux toulousains appelaient le site «ONIA» (Office National Industriel de l’Azote)

 

Au moment de cette catastrophe qui a coûté la vie à 31 toulousains, j’étais au lycée situé à plus de 8 km de l’usine. Nous étions à ce moment-là mes camarades et moi même en réunion d’information de rentrée. Les intervenants de cette réunion, après s’être présentés, n’ont pas eu le temps de nous expliquer l’objectif de cette réunion, ils ont été interrompus par le bruit et l’onde de choc produit par l’explosion. Le bâtiment quasiment neuf n’a subi aucun dégât mais selon certains les plaques du faux plafond se seraient quelque peu soulevées au moment de l’explosion.

 

10 jours après les attentats qui ont touché les États-Unis, l’inquiétude était grande de voir la même chose se (re)produire en France. les professeurs ne voulant prendre aucun risque nous ont fait évacuer les bâtiments. En sortant de la salle de conférence, mes camarades et moi-même avons constaté que les vitres d’un laboratoire de chimie, d’un autre bâtiment, était explosées.

 

Pour de nombreux élèves il ne faisait pas de doute que l’explosion que nous venions d’entendre était un attentat. Les informations qui arrivaient, toutes contradictoires, n’étaient que des rumeurs qui indiquait que le centre-ville avait subi plusieurs explosions, parfois liée à une explosion d’une conduite de Gaz, d’autres par un attentat place du Capitole ou rue de Metz. Il nous fallut attendre les premières informations relayées par France Info pour comprendre ce qu’il se passait réellement. À l’époque, le téléphone portable n’était pas aussi répandu qu’aujourd’hui et les informations circulaient bien plus lentement qu’aujourd’hui, pour écouter France Info nous avons utilisé un vieux baladeur à cassette (loin des Ipod actuels) et après avoir jonglé avec les piles des uns et des autres.

 

Avec quelques amis, nous avons pris la décision de nous rendre chez un camarade habitant non loin du lycée pour éviter de subir des mesures de confinement. Nous avons dû faire attention aux surveillants et autres professeurs qui cherchaient à nous retenir dans l’établissement mais nous avons pu facilement leur fausser compagnie en passant par un passage « interdit » (sous le grillage). Sur le chemin nous avons pu apercevoir un nuage rouge orangé s’élever dans le ciel toulousain et avec le recul je pense que c’était la meilleure décision à prendre, plusieurs personnes se sont retrouvées prisonniers de l’établissement sans réelles informations. Au contraire chez notre camarade nous avons pu accéder à des moyens de communications afin de prendre des informations sur Internet, et contacter nos familles qui s’inquiétaient pour nous.

 

Ce n’est que vers 12:00 en regardant le journal télévisé que nous avons réellement compris ce qu’il s’était passé. Mais à ce moment-là il nous était impossible d’imaginer les dégâts que la ville Rose avait subis.

 

Aujourd’hui encore lorsque je passe à côté de l’ancien site de l’usine AZF je ne peux que me rappeler de ces instants d’inquiétudes, penser aux victimes et à ceux qui ont vu leur vie brisée suite à cette catastrophe du 21 septembre 2001.

 

N’hésitez pas à raconter dans les commentaires votre 21 septembre 2001 à Toulouse.

 

En 2002 Total a pris la décision de ne pas relancer l’usine. Le terrain une fois dépollué a été offert à Toulouse dans un but d’intérêt général, il  a donc été décidé d’y construire le pôle de recherche sur le Cancer appelé « Canceropole » et d’installer une vaste zone verte. Le site de 70 ha a été entièrement dépollué sous contrôle de DRIRE et d’experts indépendants, afin d’effacer toute trace de pollution des industries passées.

 

Cette stèle rappelle que 21 personnes sont décedées sur le site de l'usine AZF
Cette stèle rappelle que 21 personnes sont décédées sur le site de l’usine AZF

AZF dans l’attente d’un espace commémoratif

Les stèles de commémorations, invisibles depuis la route, sont installées sur le site de l’ancienne usine AZF au milieu de ce que je qualifie d’un « no man’s land », tout autour se trouve des grillages et autres barrières, des « ruines » d’anciens bâtiments sont stockés à coté (ils doivent servir pour ériger un monument plus important). Les travaux sur le site ne sont pas encore terminés.

La SNPE (Société Nationale des Poudres et Explosifs) est toujours en activité, elle produit toujours le carburant pour la Fusée Ariane V (5) et des satellites. Des ballastières qui stockent des explosifs (nitrocellulose) de la première guerre mondiale sont toujours présentes sur le site voisin du Canceropole, elles sont sur des terrains appartenant à la DGA (Direction Générale de l’Armement). Même si la dé-pollution des ballastières est prévue celle ci semble tarder.

AZF un procès en appel :

Le procès en appel aura lieu en novembre 2011 mais devant l’absence d’explications je me demande à quoi cela peut il servir, bien sur je ne défends pas Total propriétaire de l’usine AZF, mais je me demande comment on peut sanctionner une personne ou une entreprise sans connaitre la cause de ce problème.

De nombreuses hypothèses existent encore et aucune ne permet de vérifier la source de l’explosion qui a eu lieu le 21 septembre 2001

A mon sens les pouvoirs publics qui acceptent que ces industries restent aussi proches des agglomérations mais aussi que celles-ci puissent se rapprocher de ces industries sont tous aussi responsables de cette catastrophe.

 Pour aller plus loin sur la catastrophe AZF :

8 COMMENTAIRES

  1. Moi, j’en veux à Total qui m’a réveillé en sursaut à 10h17 alors que j’étais en RTT !
    Il faut dire que j’habitais à Pech David, soit la colline juste en face AZF.

    Donc une fois le choc passé, l’attente à la radio de savoir ce qu’il s’était passé, gros gros stress de ne pas avoir de nouvelles de la famille à Toulouse.
    A l’arrivée une blessé mais tout va bien.

    Et j’ai aujourd’hui toujours l’impression qu’un truc va exploser quand tout est trop calme autour de moi…

    • c’est vrai que depuis Pech-David tu es aux « premières loges » pour voir le site d’AZF et de la SNPE mais j’ai l’impression qu’il y a eu très peu de dégâts dans ce secteur…

      Cette notion de « calme effrayant » revient très souvent dans les commentaires sur cette catastrophe …

  2. Nous avons entendu l’explosion au Nord de Montauban c’est dire… pour nous c’était comme le bang des avions qui passent le mur du son mon épouse était en train de tailler ses rosiers, et je venais juste de passer la tête par la fenêtre. Sinon je reste dubitatif devant la phrase « mais je crois que même les experts ne le savent pas vraiment. », je pense que des gens connaissent la vérité et je suis très déçu de la justice, je pensais que nous saurions je me suis lourdement trompé. Peut-être que les générations de la société de l’après pétrole l’apprendrons…

    • On ne peut effectivement que souhaiter la vérité sur cette catastrophe, mais le secret des uns et les intérêts des autres risquent de nous priver de cette vérité que l’on attend tous. Bien sur la justice peut être mise en cause quand on voit les rapports présentés sur certains sites Web.

      Ton commentaire montre aussi que l’explosion a été entendu à 50km voir plus de l’usine AZF

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