Des prédateurs sexuels se cachent parmi les photographes

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J’ai reçu à plusieurs reprises des témoignages de modèles m’expliquant les rencontres qu’elles ont pu avec certains faux-tographe. Il apparait que certains prédateurs sexuels utilisent la photographie comme prétexte. Le plus souvent ils se présentent comme photographes. Il se disent spécialistes de photo en lingerie ou de photo de nu ou parfois de portrait.

Malheureusement lors d’un shooting le prétendu photographe montre son vrai visage. Et ses intentions ne sont pas seulement photographiques. Si certains de ces indésirables se rincent l’œil, d’autres vont plus loin. Certains de ses témoignages parlent d’attouchements mais certains de ces prédateurs font tout pour obtenir des faveurs sexuelles. Hélas certaines victimes subissent un viol.

Si en lisant ces quelques lignes vous pensez que les femmes sont les seules victimes vous serez surpris de découvrir que même des hommes se font piéger par des prédateurs sexuels qui se disent photographes.

Attention aux photographes, certains sont des prédateurs sexuels
Attention aux photographes, certains sont des prédateurs sexuels

La photographie comme prétexte

Il ne faut parfois pas chercher très loin ou chercher très longtemps pour découvrir des annonces qui ne laissent aucun doute sur les intentions d’un faux-tographe. Elles pullulent sur certains sites et sur certains forums. Bien sur les sites de modèles sont les premiers touchés mais les réseaux sociaux sont aussi utilisés.

Si certaines annonces de faux-tographes ne laissent aucun doute. D’autres sont plus subtiles. Heureusement il suffit de creuser un tout petit peu pour voir le piège.

Comment éviter le faux-tographe prédateur sexuel

Si il est impossible d’éviter tous les pièges avec un peu de bon sens il est facile de réduire les risques. En suivant les conseils suivants cela devrait éviter de tomber sur un prédateur sexuel ou de l’empêcher d’agir.

  • Vérifier l’experience du photographe (lui demander son book)
  • Contacter les modèles qui ont posé pour le photographe
  • Aller au shooting accompagné, refuser les séance photo où il faut venir seul
  • Se faire présenter la séance photo avant de commencer, ne pas improviser sur place
  • Ne pas accepter que le photographe pose les mains sur le modèle
  • Se méfier des propositions trop alléchantes souvent synonyme de piège
  • Refuser les situations qui vous mettent mal à l’aise
  • En cas d’inconfort, de situation ambiguë tout arrêter

De plus il est fortement recommandé d’établir un contrat précisant les modalités d’utilisations des photos par les 2 parties.

Des photographes connus comme prédateurs sexuels

Parfois les prédateurs sexuels qui utilisent la photographie comme prétexte sont de parfaits inconnus.

Mais certaines histoires montrent que des photographes connus et reconnus dans le monde de la photographie ont abusé de leur position.

On peut par exemple citer les agissements de Hamilton dont les photos ont longtemps fait le tour du monde avant que Flavie Flament ne raconte les coulisses des shootings du photographe britannique.

Depuis plusieurs autres victimes ont témoigné et confirmé les agissements du photographe si on peut encore le qualifier ainsi.

Mais ce n’est pas le seul : Lire aussi

Le piège des prédateurs sexuels pour les modèles

Le plus souvent les victimes de ces faux-tographes manquent d’expérience. Pire elles oublient de se renseigner et donc de se protéger. Que ce soit pour l’appât du gain ou pour flatter leur égo elles écoutent un pseudo photographe sans se documenter un peu sur ce qu’il fait.

On ne peut pas jeter la pierre sur ces victimes qui se font manipuler par des prédateurs sexuels qui ont déjà pu éprouver leur technique par le passé.

Nous les photographes avons aussi cette mission d’informer les gens autour de nous sur les risques de la photographie. On doit communiquer sur l’existence de ces prédateurs qui se cachent parmi nous.

Des victimes de prédateurs sexuels silencieuses

Malheureusement rares sont les victimes de ces photographes qui dénoncent ces pratiques. Dernièrement les mouvements #meetoo #BalanceTonPorc et d’autres ont permis de libérer la parole mais combien de victimes resteront silencieuses ? Combien de modèles se feront avoir prochainement ? Combien de faux-tographes resteront impunis après de tels agissements ?

Quand on lit certains messages au sujet des plaintes pour agression sexuelles (et/ou viols) et l’accueil des victimes on imagine aisément que les victimes de ces faux-tographes ne sont pas dans une situation facile. Comment expliquer que c’est « volontairement » qu’elles sont allées se mettre en danger ?

Parfois un modèle donne le nom du photographe sur un forum ou sur les réseaux sociaux. Mais c’est oublier qu’un pseudonyme se change en quelques clics. Aujourd’hui il n’y a que la voie judiciaire qui peut faire stopper les agissements de ces prédateurs sexuels.

L’image des photographes écornés

Les photographes, les vrais, se retrouvent aujourd’hui montré du doigt par certains à cause d’une minorité, à cause de ces faux-tographes. La pire des complicités c’est le silence. Lorsque certaines annoncent douteuses s’affichent sur mes réseaux sociaux je ne manque pas de laisser un commentaire bien visible.

Mais il n’est pas impossible de se lancer. Il suffit juste de bien comprendre le fonctionnement de notre monde. Il faut que les photographes se montrent patients et développent leur regard pour pouvoir ensuite avoir les arguments pour proposer des séances photos moins habituelles.

2 COMMENTAIRES

  1. Quand j’avais 20 ans il y a donc une dizaine d’années. J’ai voulu tenter l’expérience de poser pour des photographes et pourquoi pas de devenir mannequin. Si avec beaucoup de photographes les séances se sont bien passées, avec un fauxtographe (j’aime bien ce terme) cela s’est très mal passé.

    Ce n’est pas que pour un problème d’ego ou pour un besoin d’être payée que j’ai accepté cette proposition même si je ne crache sur l’argent. Mais ici le photographe semblait avoir du réseaux plus particulièrement avec une agence de mannequins et être disposé à le partager.

    La séance photo était rémunérée elle devait durer une journée. Mais après les photos en lingerie je devais poser nue. Pas du nu érotique, mais un « travail » sur les formes féminines et plus particulièrement les courbes. De ce que j’avais compris ça devait être des gros plans.

    Déjà au début de la journée il n’y avait pas de cabine pour se changer. Je changeais de tenues (lingerie) en demandant au photographe de se retourner. Ça le faisait marrer et il me disait que plus tard dans la journée j’allais « poser à poil ».

    Après le repas et une pause durant laquelle il me parlait de ses expériences diverses de photographe on a continué les prises de vue. Le moment que je redoutais, poser nue, est arrivé.

    Dans son studio photo qui était dans son garage loin de tout l’ambiance a commencé à devenir pesante. Sa réflexion « et maintenant à poil » ma fait froid dans le dos. J’avais l’impression de ne pas pouvoir arrêter. Il faisait des photos de moi nue allongée sur un tapis en poil. Il photographiait mon intimité a tel point que je me souviens lui avoir demandé si il préparait de la documentation médicale.

    Puis soudain ses mains ont commencé a glisser sur moi. Ce n’était plus de la photographie. J’ai eu beau lui demander d’arrêter cela, il n’a jamais voulu entendre mes plaintes. Pire il m’a enjambé pour me bloquer et m’embrasser de force.

    Je vous laisse imaginer la suite, j’ai été violée par ce fauxtographe dans un garage.

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