Interview de Anne Landois-Favret entre architecture et monde animal

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Je m’appelle Anne Landois-Favret, j’ai 38 ans et je vis actuellement dans le département de l’Essonne en Ile-de-France mais je suis originaire du Val-de-Marne. Je travaille à plein temps dans une fédération sportive et je suis également auteur-photographe depuis 2017.

En photo, je suis principalement passionnée par la photo d’architecture et le monde animal. J’aime également le rock, lire, le cinéma indépendant américain, les séries TV, voyager, blogger, la science-fiction, la nature et le calme !

Autoportrait : Anne Landois-Favret

Comment as-tu commencé la photo ?

J’ai commencé à prendre des photos il y a bien longtemps maintenant. Dès l’école primaire, j’utilisais de petits appareils photos jetables, fournis par mes parents pour les voyages scolaires. J’ai également eu un appareil photo argentique quelques temps au collège (avant de l’oublier quelque part à Londres !) puis vers le lycée, je me suis procuré mon tout premier appareil photo numérique, un compact. J’ai pu vraiment faire mes premières armes dessus. Ce fut l’occasion de m’exercer aux cadrages et à la créativité bien qu’elle ait été assez limitée car l’appareil n’avait qu’un mode automatique.

Plus tard, certains de mes amis ont acheté des reflex, j’ai pu tester grâce à eux et je me suis rendu compte que c’est cela qu’il me fallait, un appareil où l’on puisse modifier plein de paramètres. J’ai donc eu mon premier réflex en 2012.

Comment as-tu appris la photographie ?

Tout d’abord dans mon coin, pour les cadrages et les compositions, j’ai appris toute seule. Quand je suis passée au reflex numérique, j’ai souhaité me former pour apprendre à être à l’aise avec les réglages, j’ai suivi une formation en ligne, celle de Laurent Breillat en 2013. J’ai pu démarrer plus sérieusement la photo, j’ai beaucoup testé et expérimenté. J’ai commencé à développer un goût certain pour l’architecture.

En 2019, j’ai souhaité améliorer mes techniques et notamment celle de la pose longue, j’ai suivi une formation en présentiel avec Mickaël Bonnami (Voir les conseils de Mickael pour photographier du surf sur Pyrros.fr), puis j’ai enchaîné avec son stage voie lactée quelques mois plus tard, plus par pur plaisir car j’ai toujours été passionnée par l’astronomie et plus globalement par l’univers.

J’ai également beaucoup appris en faisant des reportages de mes voyages.

Quel est ton approche actuelle de la photo ?

J’aime prendre mon temps quand je prends des photos, profiter des lieux, tourner autour du sujet. En architecture, j’ai besoin de ce temps, il me permet de trouver le meilleur angle, d’essayer des choses et d’observer le bâtiment pour voir comme il me « parle » (merci de ne pas me dénoncer, cela fait des années que je réussi à échapper à l’asile psychiatrique ! :p).

En animalier aussi, c’est une pratique que je réalise depuis longtemps mais de manière moins intensive, il me faut également du temps, car les animaux ne se dévoilent pas facilement. Je tiens à préciser que ma pratique animalière se cantonne majoritairement à des parcs animaliers et pour les prises plus « nature », ce sont principalement des oiseaux que je photographie.

Photo : Anne Landois-Favret

Quelles sont tes sources d’inspirations ?

Pour l’architecture, je suis une très grande fan d’Éric Forey, Éric Dufour et plus tard j’ai découvert Matthias Heiderich. Ils m’ont fortement inspiré et donné envie de faire de l’architecture. Ils ont révélé le fait que j’ai toujours été inspirée par les formes, les couleurs et la géométrie de manière générale.

Pour le côté animalier, les animaux m’inspirent depuis toujours, je suis née dans un foyer où il y avait plein d’animaux, un chat, des lézards, des poissons ou bien encore des hamsters et une grenouille.

Aujourd’hui as-tu envie de découvrir d’autres domaines liés à la photographie ? Qu’est ce qui t’empêche d’essayer ?

Pour le moment, pas spécialement, je fais aussi un peu d’urbex, mais je ne pratique pas le HDR, je ne suis pas très fan, cela reste, pour moi, de la pratique de reportage. J’ai déjà pas mal de domaines qui me plaisent, je me concentre déjà là-dessus.

Comment définis tu ton statut et pourquoi ?

J’ai un statut pro car j’ai souhaité, en 2017, donner un cadre légal à mon activité. Que cela soit pour des ventes de tirages d’art ou bien des cessions de droit. Comme j’ai un emploi salarié à plein temps, je ne peux pas me mettre à 100 % sur la photo pour le moment.

En parallèle, je tiens un blog balades et voyages qui me prend déjà pas mal de temps. C’est une passion, je ne compte pas mes heures, j’adore voyager et partager mes balades.

Photo : Anne Landois-Favret

Quel est ton matériel et pourquoi ?

Mon premier reflex a été un Nikon D5100, depuis je suis restée chez Nikon et j’ai changé pour un D500 il y a 3 ans environ. Un appareil plus robuste qui m’accompagne tout le temps dans mes voyages et balades.

J’ai également un hybride, un Olympus OM-D E-M5 qui se glisse dans un petit sac, je peux me permettre de le prendre dans le RER, je n’ai pas peur de le casser. Il m’a permis notamment de réaliser ma série sur les transports en commun.

Quel est ton « flux de production » ?  De l’idée à la diffusion de la photo

Quand j’ai une idée, généralement, je réuni quelques informations sur les lieux (par exemple en architecture), je regarde la disposition, s’il y a des horaires d’ouverture, des contraintes d’accès, etc … Je réalise la prise de vue, puis une fois rentrée, chez moi, je copie de suite les photos.

Si c’est un reportage, celui peut rester quelques temps sur le disque dur car la destination sera un article pour le blog, il faut le temps du post-traitement et de la rédaction.

Quand il n’y a que quelques photos, je peux publier assez vite, souvent sur les réseaux sociaux.

Si c’est dans le cadre d’un projet sur plusieurs mois, je stocke jusqu’au moment de la publication de la série, souvent sur le site pro et les réseaux sociaux.

Où montres-tu tes photos et pourquoi ces choix ?

Je montre donc mes photos sur mon site pro, mon blog et/ou les réseaux sociaux (Twitter, Facebook et Instagram).

Sur le site pro, pour agrémenter mes galeries de présentation de mon travail, sur mon blog, pour faire un récit et partager et sur les réseaux sociaux de manière générale.

Photo : Anne Landois-Favret

Quels sont tes meilleurs et pires souvenirs photographiques ?

Dans les très bons moments, je garde en mémoire mes stages photos en présentiel, au-delà de l’apprentissage, ce sont également des moments de partage et de belles rencontres. Je n’ai pas vraiment de pire souvenir, quelques moments sur le terrain où, ne connaissant pas encore bien mon matériel à l’époque, j’ai eu quelques frayeurs, mais j’en rigole maintenant.

Il y a aussi les gens qui m’abordent car ils croient que je vole leur âme ou un truc du genre, il faut parlementer, leur expliquer que ce sont les bâtiments que je prends en photo, c’est un peu énervant sur le moment d’être dérangée, mais avec un peu de diplomatie et un sourire, les gens se calment vite et parfois sont même intéressés par mon travail. 😊

Tu illustres cet interview avec plusieurs photos, pourquoi celles ci ? Raconte-nous leurs histoires

La photo en noir et blanc a été prises en Finlande dans une église partiellement ensevelie, elle ne paye pas de mine depuis l’extérieur, mais à l’intérieur, elle est lumineuse et plein de formes qui ont attiré mon œil.

Le bâtiment entouré d’autres immeubles se situe à Noisy-le-Grand en Ile-de-France, c’est la cité Abraxas, une construction atypique datant des années 70/80, c’est un style post-moderne. C’est l’exemple typique de bâtiments qui traduisent une certaine austérité mais qui en photo ont ce petit quelque chose qui se révèle.

L’escalier en colimaçon se trouve sur un site d’urbex en Ile-de-France. Ce sont des escaliers de service d’un manoir énorme et magnifique bien qu’il tombe évidemment en ruine petit à petit.

La dernière photo est celle d’un jaguar noir. Cette couleur est due à une mutation génétique qui se retrouve chez d’autres félins. J’aime tous les félins, mais comme tout le monde, j’ai mes préférés, le jaguar en fait partie. Quand j’ai eu la chance de voir ce jaguar noir, je suis restée de longs moments à l’admirer avant de le prendre en photo.

J’aime beaucoup ces 4 photos (sinon je ne les présenterai pas ! 😊), elles sont assez représentatives de ma pratique photo.

Photo : Anne Landois-Favret

Quelle question te pose-t-on trop souvent au sujet de ta pratique photographique ? Que réponds-tu ?

On me demande souvent quel matériel j’utilise (un classique !). J’essaye de répondre vite à leur question mais en les aiguillant sur ce que je photographie en leur demandant ce qu’il en pense, comment ils auraient fait. Pour moi, le matériel n’est qu’un outil, on peut en parler un peu, mais pas des heures.

Quelle question ne te pose-t-on pas au sujet de ta pratique photographique ? Que répondrais-tu ?

Je préfère qu’on me pose des questions sur pourquoi je prends telle ou telle photo ou bien qu’on s’intéresse un peu plus aux photos d’architecture de manière générale, une discipline pas assez appréciée à sa juste valeur je trouve.

As-tu un conseil pour les photographes qui ont (ou veulent avoir) une pratique similaire à la tienne ?

L’architecture est un domaine vaste, on peut faire de la prise de vue globale d’un bâtiment, on peut ne traiter que des détails de ce même bâtiment, on peut s’intéresser aux couleurs, ou plutôt aux bâtiments d’une seule époque. Bref, c’est vaste et c’est justement assez vaste pour que l’on s’y attarde si cela vous intéresse un minimum.

Pour démarrer, on peut s’inspirer du travail des autres, cela permet de savoir ce que l’on aime ou pas. Et après, c’est comme tout, la pratique est essentielle, elle permet de s’améliorer et de mieux cerner ce que l’on aime photographier (ou pas). L’architecture, c’est l’occasion de voir des bâtiments sous un autre angle et de sublimer ceux qui sont souvent décrits comme « moches ». 😀

14 COMMENTAIRES

  1. j’aime tellement cette série d’interview !
    je côtoie Anne depuis plusieurs année sur les réseaux sociaux / blogs / sites… c’est toujours un plaisir d’en apprendre d’avantage.

  2. C’est sympa d’en apprendre un peu plus sur Anne. J’ai fait parti de la même promo 2013. J’ai pu apprécier son travail photographique en architecture et dois dire qu’il me plaît beaucoup. C’est ce côté graphique accentué par son virage en N & blanc qui m’attire.
    Bel interview et à bientôt

    • @Pascal
      Le traitement en photo c’est important, ce n’est pas que de la « poudre au yeux » comme j’ai pu le lire ailleurs ça renforce toujours une image et attire encore plus le regard.

    • Merci Pascal ! 😀
      Cela fait maintenant un bon bout de temps que l’on se connait effectivement !
      Je fais moins de noir et blanc en ce moment, j’ai envie de couleurs et de pep’s dans mon photo d’archi, mais je ne dis pas que je n’en refais plus ! 😉

  3. Merci pour ce portrait ! Comme mes camarades, je trouve qu’il est toujours intéressant de mieux connaitre les photographes qui officient dans ce qui est finalement ce petit monde de la Photographie francophone.
    Ce que Anne nous propose sur ses sites (et ailleurs) est toujours agréable, instructif et très soigné. J’apprécie également son sens du partage, désintéressé.
    Une belle interview pour une belle personne 😉

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