Jusqu’à présent 2020 a été relativement pauvre en orage sur Toulouse. Il y a bien eu un orage à Labège durant le confinement et depuis les chasseurs rongent leur frein ou partent dans des expéditions lointaines pour observer quelques impacts de foudre.
Depuis une petite semaine à Toulouse, les alertes météo se succèdent. Pourtant, les dégradations apportent uniquement de simples averses. L’activité électrique semble systématiquement contourner la Ville Rose. Cela fait le bonheur des personnes anxieuses en cas de coup de tonnerre.
En revanche, la situation lasse vite les passionnés de terrain. Il faut savoir s’adapter pour traquer l’orage autour de Toulouse sans perdre sa patience. Quand la foudre refuse de jouer le jeu, nous devons vite trouver de quoi nous occuper.

Station météo pour prévoir la météo
La station météo permet de mesurer et d’afficher en temps réel les principales données climatiques : température, humidité, pression atmosphérique et, selon les modèles, prévisions météorologiques ou tendances sur plusieurs jours. Elle offre une vision précise des conditions extérieures et intérieures, facilitant l’anticipation des variations de météo au quotidien.
À pied pour la première chasse de 2020
Pour cet orage, je n’ai pas la voiture. Je dois avouer que je n’y croyais plus. Les alertes se sont succédé et à force, on ne fait plus attention aux prévisions. On ne regarde plus les radars de foudre. À quoi cela peut-il servir de se faire du mal ?
Il est environ 22 h 15 je disserte alors avec d’autres photographes de sujets complètement différents. Les débats sont vifs, passionnés et passionnants. Je ne pense vraiment pas à partir chasser.
Chasser l’orage comporte des risques !
Heureusement, je suis abonné à de nombreuses pages Facebook et l’une d’elles a attiré mon attention en parlant d’un orage sur Tarbes. En ouvrant le radar, j’ai découvert qu’il y avait bien un orage sur Tarbes, mais surtout que dans le Gers l’orage semblait prendre la direction de Toulouse.
En deux clics, je passe en mode chasseur. Je regarde les cartes. J’évalue les scénarios possibles. L’appareil et tout le matériel indispensable pour une chasse à l’orage attendent dans le sac. A 22 h 30 je prends la direction du spot le plus proche. Même si nous sommes vendredi, je préfère jouer la carte de la sécurité pour cette première chasse à l’orage de 2020. J’aurais pu aller en centre-ville d’un coup de métro, mais je préfère éviter de prendre le risque de devoir rentrer à pied, notamment que sur les cartes de prévisions, on a un risque de pluie. Sur les cartes en temps réel les précipitations paraissent importantes.
Une grosse activité électrique durant l’orage
En arrivant au pied de l’obélisque de Jolimont, je vois au loin une activité électrique assez soutenue, les flashs se suivent, cachés par les nuages. En quelques secondes, le boitier se retrouve fixé sur le trépied. Je déclenche pour la première photo. Je cherche dans mon sac ma Pluto Trigger. Il fait nuit, pas besoin d’un déclencheur spécifique, mais elle fait aussi intervalomètre.
J’adore le côté multifonction de ce déclencheur. À la fin de la première pose, je raccorde ma commande au boîtier. Les déclenchements s’enchainent au rythme d’un toutes les 30 secondes. Les photos sont relativement nombreuses. Entre certains déclenchements, j’ajuste mon cadrage, mes réglages etc. L’entretien du parc Félix Tisserand laisse à désirer, les haies bouchent la vue vers la ville. Il faut réussir à passer entre d’imposants massifs.
Si au loin on peut voir les éclairs noyés dans les nuages, au-dessus de nous, on aperçoit les étoiles qui veillent sur Toulouse. En journée, on aurait presque pu parler de tempête de ciel bleu avant que l’orage n’arrive.
Certains toulousains venus prendre l’air s’échappent, ils ne semblent pas rassurés d’observer un orage approcher. Mais, je suis rapidement rejoint par un autre chasseur d’orage qui doit se battre avec ses batteries avant de commencer à faire des photos. Lui aussi a été surpris par l’orage. Devant nous un SDF termine le montage de sa tente, il ne parait pas inquiet de voir arriver l’orage.
Mon smartphone se réveille enfin. Il m’alerte, la foudre est à 25 km de ma position. Pas besoin de regarder la carte en détails. Je sais que l’orage se bloque sur la colline de Pujaudran à l’ouest de Toulouse. Avec l’habitude, nous avons nos petits repères. Ceux qui lisent régulièrement les récits de mes chasses à l’orage savent que de nombreux orages viennent mourir à Pujaudran.

De bonnes conditions pour photographier l’orage au-dessus de Toulouse
Des curieux nous rejoignent, on discute sur la chasse à l’orage, on échange sur les prévisions. On parle un peu de la sécurité lors de l’observation des orages. L’un d’eux tente de faire des photos ou des vidéos avec son smartphone. À côté mon appareil commandé par la Pluto Trigger enchaîne les prises de vue. Je croise les doigts pour capter un bel impact. Je croise les doigts pour que ma mise au point soit juste.
Conseils et astuces pour chasser l’orage
Ce soir, après quelques longues minutes à surveiller le radar, à regarder les flashs lumineux, l’orage se laisse finalement glisser en direction de Colomiers. En quelques minutes, il parcourt 10km. Les nuages cachent les impacts qui se suivent. La pluie, peut-être la grêle, diffuse la lumière des impacts. Par chance, quelques impacts sortent des nuages et du rideau de pluie.
J’ai toujours l’impression, lorsque les orages arrivent sur Colomiers, qu’ils se renforcent. Est-ce une impression ou y a-t-il d’autres raisons qui permettent aux orages de retrouver de la vigueur en arrivant à ce point ?
Au loin on devine l’aéroport de Toulouse-Blagnac. Les flashs lumineux formés par l’activité électrique se teintent de bleu. Cela permet de dire que de la grêle tombe sur Blagnac.

L’heure de rentrer, poussé par la pluie
Depuis la colline du Calvinet, on observe le rideau de pluie qui avance lentement. Petit à petit, il grignote la ville de Toulouse. Le vent, discret jusqu’à présent, se lève soudainement. Un peu avant minuit, la pluie commence à tomber. Il ne fait aucun doute que dans quelques minutes la pluie sera plus intense.
Je plie le trépied, range mon boîtier dans mon sac et prends rapidement la direction de la maison. Pour une fois, je rentre presque sec. Sur le chemin du retour, l’odeur de pétrichor m’accompagne. L’orage est à Toulouse, il prend la direction du nord-est.
Le site Keraunos recense moins de 20 impacts sur la commune de Toulouse, de nombreux impacts sont tombés hors de Toulouse. Sur Infoclimat, la station météo indique que lors de cet épisode orageux 14 mm de précipitation sont tombés. On sait toutefois que dans d’autres quartiers les précipitations ont été plus importantes.



















en tout cas, ça a fait du bruit!
@Anne Ca dépend de la distance des impacts de foudre. Perso je n’ai pas que quelques impacts proches mais je me demande parfois si la ville n’atténue pas un peu le bruit de la foudre.