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Une double chasse à l’orage à Toulouse

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Parfois les orages passent à Toulouse sans se laisser photographier. Depuis ma précédente chasse à l’orage en juin 2019, j’ai eu l’occasion de chasser d’autres orages. Toutefois ceux-ci ne m’ont pas permis de faire de nouvelles photos à publier. De temps en temps les quelques déclenchements partent directement à la poubelle.

Il y a eu cet orage venu mourir à la limite du Gers et de la Haute-Garonne en plein après-midi. Il y a aussi eu cet orage qui a réveillé les Toulousains le lendemain de mon passage sur la Radio France Bleu Occitanie. Hélas ce matin-là un rideau de pluie a masqué toute l’activité électrique.

Mais, aujourd’hui deux orages se sont succédé sur l’agglomération toulousaine.

Un premier orage passe à l'Est et au Nord de Toulouse
Un premier orage passe à l’Est et au Nord de Toulouse, il apporte sur l’Est toulousain d’importantes précipitations

Alerte aux orages à Toulouse

Météo-France a placé trois départements d’Occitanie en vigilance orange pour les orages. La Haute-Garonne, le Tarn et l’Aveyron sont directement concernés. Des cellules potentiellement violentes doivent se développer en fin d’après-midi.

Cet épisode succède à une période de forte chaleur sur la région. La dégradation apporte un rafraîchissement salvateur. Elle permet aux habitants de souffler et arrose une végétation éprouvée par les canicules successives. Pour sublimer le ciel d’orage à Toulouse, ce contraste thermique offre souvent des ambiances saisissantes.

Curieusement, Météo France lève l’alerte dès 22 h. Pourtant, les passionnés réunis à Pech-David restent vigilants. Une seconde cellule peut parfaitement se former au même moment.

Une chasse à l’orage attendue et préparée

La chasse à l’orage commence avec les prévisions météos. Il faut savoir où se placer pour avoir la meilleure vue et être (le plus) en sécurité.

Rappel : La chasse à l’orage présente des risques. Soyez prudents, une photo ne mérite pas de se mettre en danger

Pour cela, dès la publication du bulletin d’alerte, je décortique les modèles de prévisions Arômes. Cela permet de définir un horaire plus précis, et différents spots qui correspondent à l’orage qui doit venir sur Toulouse.

Je profite de l’occasion pour préparer la voiture. J’organise aussi mon retour. Il fait encore relativement frais (24 °C à 8 h), j’organise donc le sac qui doit accueillir mon matériel en cas de problème. Pour mon matériel, je dispose d’un sac à congélation dans lequel je place de nombreux sachets de silicagel. Le silicagel absorbe l’humidité.

Un orage qui vient du sud-ouest de Toulouse

Favorisée par la chaleur de ces derniers jours, la première cellule orageuse se forme entre les Hautes-Pyrénées, le Gers et la Haute-Garonne.

Pour photographier les structures nuageuses, j’ai fait le choix de me positionner en avance. Cette avance ne sera que de courte durée. En effet, je ne suis pas stationné, que l’appli de mon smartphone indique déja que les premiers impacts ne sont qu’à 30km de Pech David.

Poussée par le vent, cette cellule orageuse se dirige vers Toulouse. L’activité électrique commence à se montrer avec quelques éclairs.

En arrivant à Toulouse, les précipitations deviennent plus importantes. Sur Pech David, la pluie est douce et rafraichissante. Ce ne sont que quelques gouttes qui arrosent les chasseurs d’orages et les toulousains qui viennent observer le spectacle keraunique.

Évidemment tout le monde profite de l’odeur qui se dégage de la rencontre entre la pluie et la végétation. Elle porte le doux nom de pétrichor.

Au loin on voit le rideau de pluie qui arrose les communes de l’est de Toulouse. Peu à peu celui ci se dirige vers le centre ville de Toulouse qui semble disparaitre sous les trombes d’eau. Dans ces moments là l’activité électrique ne faiblit pas mais les éclairs sont masqués par les précipitations.

La cellule orageuse poursuit sa route en direction du Tarn puis de l’Aveyron.

Impact de foudre au Nord de Toulouse
Impact de foudre au Nord de Toulouse, le rideau de pluie masque une partie des quartiers à l’Est de Toulouse

La cellule orageuse s’est divisée en 2. Une partie passe par Auterive et se dirige vers l’Aude. Si les chasseurs ont longtemps espérés qu’elle se rapproche de Toulouse celle ci à suivi une trajectoire classique. Sous cette cellule, les précipitations étaient conséquentes.

Un orage en plein jour, pas simple à photographier

Si photographier un orage de nuit est un exercice facile. De jour, les chasseurs d’orages doivent parfois se battre pour obtenir des réglages satisfaisants permettant de figer la foudre.

Dans mon cas, il faut atteindre une vitesse maximale de 1/20ᵉ de seconde pour assurer le bon fonctionnement de la cellule de détection.

J’explique cela plus en détails dans l’article : Comment photographier les orages ?

Des rencontres toujours très enrichissantes

Lors de mes chasses aux orages, il n’est pas rare que je rencontre des curieux ou d’autres chasseurs d’orages. Certains connaissent le site Pyrros.fr d’autres le découvrent. On parle souvent du matériel, de technique. Quand le temps le permet nous échangeons quelques anecdotes.

Ces échanges toujours très riches permettent à tous de progresser. Les chasseurs d’orages débutants découvre le matériel et des techniques de prise de vue. Les plus experts obtiennent des astuces pour prévoir avec plus de finesse le déroulement des orages.

Un peu de fraicheur après l’orage

Le passage de l’orage a apporté un peu de fraicheur après un épisode de chaleur et plusieurs chaudes journées. Pour les toulousains c’est l’occasion de faire entrer de l’air frais et de faire tourner les machines qui chauffent habituellement les appartements ou les maisons.

Sur la route je croise de nombreux livreurs à vélo sans lumière n’y dispositif réfléchissant pourtant obligatoires. Ils constituent un véritable danger sur la route, mais les entreprises qui les emploient ne semblent pas se soucier de leur sécurité ni de celle des autres usagers de la route.

Un deuxième orage très actif

Alors que je lance le transfert des premières photos de la soirée, je regarde les radars. Habituellement, je vois comment la cellule orageuse évolue. Mais ce soir j’assiste à la mise en place d’une seconde structure orageuse à très l’est de Toulouse. Celle-ci est encore suffisamment loin de la ville Rose ce qui me donne suffisamment de temps pour retourner à Pech David.

Cette cellule orageuse s’est formé sur le piémont pyrénéen dans le Béarn (Pyrénées Atlantiques). Elle se renforce en passant sur le Gers.

Sur la route, j’aperçois quelques flashs lumineux dans le ciel. Sur le périphérique à hauteur d’un radar automatique, un automobiliste freine un grand coup alors que le flash vient du Gers.

L'activité électrique se rapproche de Toulouse lors du deuxième orage de la soirée
L’activité électrique se rapproche de Toulouse lors du deuxième orage de la soirée

Sur place, je retrouve un chasseur d’orages croisé dans l’après-midi. Il est allé voir la cellule sur Nailloux avant de revenir à Pech David. Des toulousains profitent de la fraicheur et assistent à l’approche de la supercellule.

L’activité électrique est soutenue. On devine lors des éclairs que de la pluie forme un rideau au loin. Peu à peu la cellule se rapproche de Toulouse. On devine à plusieurs reprises des powerflash. Ces flashs lumineux de couleur généralement bleutée sont produits lorsque la foudre s’abat sur un équipement électrique tel qu’un transformateur ou une ligne électrique.

On devine sur notre gauche la présence de fortes précipitations quand les premières gouttes nous arrosent. Les impacts de foudres se rapprochent de nous.

Les impacts de foudres sont ramifiés
Les impacts de foudres sont ramifiés

Les précipitations font fuir les curieux avant les chasseurs d’orages

Les toulousains encore présents à Pech David foncent vers les voitures. Le chien d’un couple tente lui aussi de fuir mais se fait rappeler à l’ordre alors que ses propriétaires se rendent à leur véhicule. Les chasseurs d’orages sont les derniers à plier bagage, le dernier impact de foudre est tombé à quelques trois kilomètres de notre position.

Nous avons tout juste le temps de plonger dans les voitures que le déluge noie Pech David. L’activité électrique reste bien présente et un impact tombe à 100 mètres environ de la voiture. Étrangement cet impact allume les warning et la radio de ma vieille titine. Un second à peine plus éloigné aura le même effet.

Un impact de foudre ramifié bifide (qui se sépare en deux)
Un impact de foudre ramifié bifide (qui se sépare en deux)

Un difficile retour, des routes inondées

Si certains s’élancent sur la route, je préfère attendre, la pluie et le vent ne sont pas des problèmes. La foudre pourrait l’être mais je suis à l’abri dans la voiture.

Lorsque la pluie se calme, je prends enfin la route. Je roule prudemment. De nombreuses feuilles et branchages jonchent la route. Au loin on aperçoit encore des éclairs qui illuminent à intervalles réguliers le ciel. La cellule orageuse se dirige vers l’est, vers 2 h 30 elle atteindra Lyon.

Je décide donc de prendre la rocade mais je ressors un peu plus loin. A l’entrée de celle-ci à Rangueil, la voie d’accélération est légèrement inondée. Un peu plus loin sous le pont-canal des Herbettes, il y a de 20 à 30 cm d’eau.

Je passe devant le Minotaure qui veille sur la Halle de la Machine avant de prendre la route de la terrasse. Sur cette route, il y a une grosse branche tombée d’un arbre. Alors, je stoppe mon véhicule et, après avoir vérifié qu’aucun câble ne se cache sous la branche, la déplace sur le large trottoir.

Un orage qui apporte de la pluie indispensable

Si sur la région les précipitations sont indispensables, la violence de l’orage a par endroits généré des dégâts. C’est notamment le cas d’ans l’Ouest toulousain où le vent a pu faire des dégâts sur les habitations.

Les précipitations ont parfois apporté jusqu’à 23 mm (station météo de la Cité de l’Espace). Dans certaines rues de Toulouse, les habitants ont pu voir l’eau dévaler.

Le site Keraunos a relevé 6386 impacts de foudres durant ces orages sur le département de la Haute Garonne. A Toulouse on compte 508 éclairs.

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