Le mode automatique n’est pas aussi simple qu’on le dit

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De nombreux photographes débutants pensent que le mode automatique de nos appareil photo est indispensable. Pourtant avec l’habitude on se rend compte que c’est un véritable piège. Bien souvent les automatismes sont des pièges qui limitent la créativité des photographes.

En dehors de l’Autofocus qui permet de faire la mise au point sur le sujet bien plus vite que le photographe dans la majorité des situations. Tous les autres automatismes d’un boitier sont source de problèmes. Le réglages automatique de la sensibilité, de l’ouverture ou du temps d’exposition peut réservé bien des mauvaises surprises que seul un photographe expérimenté pourra corriger.

Dans un article précédent j’avais l’occasion de vous expliquer que les automatisme des boitiers sont parfois à l’origine des photos floues. Mais ce n’est pas le seul risque. Les photos peuvent ne pas être exposées correctement trop sombres ou trop claires, elles peuvent avoir plus de bruit numérique que nécessaire.

Le mode automatique permet juste de s'amuser à être photographe
Le mode automatique permet juste de s’amuser à être photographe, pas à le devenir

Les automatismes ne tiennent pas compte de la situation, du sujet. Il arrive donc que les boitiers choisissent des réglages qui ne correspondent pas à l’idée du photographe.

Le mode manuel plus performant que le mode auto

En utilisant le mode manuel le photographe choisit lui même ses réglages en les adaptant à la situation. Il ne se fait plus piéger que par lui même. Le matériel n’est plus un adversaire avec qui il faut se battre. Il devient un allier pour réaliser la photo qui correspond à l’idée initiale du photographe.

Rome n’est pas fait en un jour. En photographie c’est la même chose. Il faut pratiquer, pratiquer et pratiquer pour progresser. Aujourd’hui lorsque je mets l’œil dans le viseur je sais quels réglages utilisés. Quels réglages sont les plus pertinents face à une situation.

Ce n’est pas en achetant un appareil que l’on devient ce genre de photographe capable de comprendre les différentes fonctions. Mais si l’on prend le temps d’appréhender les différentes fonctions on devient rapidement capable d’utiliser les meilleures réglages. Il est ainsi possible de faire des choix que les algorithmes ne feront jamais.

les modes créatifs meilleurs que le mode automatique

Le modes priorité ouverture et priorité vitesse sont des modes qui viennent soutenir le photographe. Ils sont utiles dans une phase d’apprentissage. En permettant aux photographes d’appréhender chaque fonction progressivement.

Ils peuvent aussi venir épauler un photographe expérimenté lorsque la lumière est changeante. Cela permet au photographe de ne pas trop se concentrer sur ses réglages.

Le photographe débutant va ainsi explorer une fonction de son appareil photo. Le photographe expérimenté sera lui en mesure de corriger les problèmes qu’il rencontre.

ISO automatiques le pire automatisme

Je lis souvent des photographes qui utilisent le mode ISO automatique. Je continue de penser que c’est le pire des automatismes notamment avec les modes créatifs. Ce mode risque de venir perturber les réglages que le photographe débutant aura choisi. Ainsi il est probable que le temps de pose sera plus faible qu’espérer par le photographe.

L’automatisme ne fait pas tout même sur les gros boitiers

Récemment j’ai croisé un photographe avec du matériel très haut de gamme. C’est sur à coté de lui mon 70D faisait presque pale figure. Ce photographe fière de son acquisition ne pouvait s’empêcher d’en parler à tout le monde autour de lui.

Quand il est venu causer avec moi j’ai bien vu que son super boitier à plus de 5’000€ était en automatique. Je n’ai rien dit…

Mais après l’événement que nous étions venus photographier, j’ai recroisé ce photographe qui pleurait parce que ses photos n’avaient pas le rendu souhaité. Et pour cause dans certaines situations les automatismes sont limités. Ils sont incapables de faire une photo sans connaitre ce que le photographe a à l’esprit.

9 COMMENTAIRES

  1. D’accord avec toi sur tout, sauf pour les ISO auto. Je suis d’accord que ça peut être piegeux, il faut en être conscient et jeter un coup d’œil a la vitesse d’obturation, mais ça simplifie quand même pas mal les choses et comme ça n’a pas d’influence sur le coté « artistique » de la photo, autant s’en libérer a mon avis.

    • @ary
      le problème des iso automatique c’est que le photographe fait le chix d’utiliser une ouverture et une vitesse. Mais si le boitier pense que l’exposition n’est pas juste il corrige et vient donc tout chambouler sur les choix du photographe. Ainsi une photo exposée suivant le choix du photographe se retrouve exposée suivant le choix du boitier.

  2. Très bon article comme à chaque fois 🙂

    Je pense que le choix du mode est de la responsabilité du photographe. Je croise de plus en plus les 2 écoles.
    Celle à laquelle nous appartenons qui opte pour le mode manuel ou semi-manuel. Et nous rencontrons nos contraintes et nos difficultés et qui peut lorsque l’on est novice, empêtrer dans les réglages, desservir l’image.

    Puis, l’autre école qui prêche pour l’usage du mode « P » pour limiter l’impact technique et se concentrer sur le message de la photo.

    A titre perso, j’utilise principalement le mode ouverture avec des ISO variable limité à la plage acceptable, donc sans trop de bruit. J’utilise ainsi les hauts ISO en pleine maîtrise de leur effet sur l’image. Depuis peu, j’utilise de plus en plus la compensation d’exposition.

    • @snash
      La compensation d’exposition est une nécessité pour corriger les choix du boitier.
      Je l’ai encore constaté récemment certains photographes ne s’en servent presque jamais, pourtant de nombreuses photos nécessite une correction de l’exposition.

  3. Pas du tout d’accord avec votre point de vue. Je suis photoreporter depuis bientôt 25 ans et j’utilise les automatismes de mon reflex pro 99% du temps. Alors bien sûr, j’ai appris à manipuler un appareil photo avec un appareil argentique sans automatisme ni même de cellule. Mais je suis bien content que les automatismes existent aujourd’hui ! Si j’achète un boîtier pro, c’est justement pour qu’il fasse – entre autres – correctement le boulot de l’autofocus et du calcul de l’exposition à ma place. Et dans les rares cas où il se plante, j’utilise la correction d’exposition. Le mode Manuel c’est très bien pour comprendre comment un appareil photo fonctionne, mais une fois qu’on a compris, on peut l’oublier et se concentrer à 100% sur la prise de vue.

    • @Yves
      C’est une manière de faire mais je reste dubitatif quant à l’utilisation permanente des automatismes en reportage. D’ailleurs je me demande si les automatismes ne font pas des photographes des opérateurs plus que des créateurs ?

  4. Tout à fait d’accord. Utiliser le mode manuel est préférable pour réaliser des photos de qualité et répondant à nos attentes. Bien entendu, dans certaines situations ou dans l’urgence, nous pouvons aussi nous tourner vers les automatismes. Le choix dépends des préférences et des objectifs de chaque photographe.

  5. Quand j’ai commencé à faire de la photo (il y a tellement de décennies que je n’ose plus le dire), il n’y avait pas d’autofocus, peu d’appareils automatiques, cela coutait une fortune et l’amateur apprenait à utiliser trois choses : l’ouverture, la vitesse et la profondeur de champs. Je n’en rajouterai pas la-dessus puisque Loïc l’a très bien expliqué sur ce blog. Je connais plusieurs personnes qui ont des appareils numériques dont le prix est compris entre 1500 et 2000 €. Ils n’ont aucunes notions de ces paramètres de base dans la mesure où, ils utilisent leur appareils qu’en automatique ou le cas échéant avec le mode programme (ce qui est un peu mieux). Bien entendu, j’ai vu leurs photos dont 40 % sont à supprimer, ceci dit cela ne coûte rien. En argentique, quand je faisais 500 photos dans un voyage, je réfléchissais à deux fois avant d’en prendre une. La pellicule n’avait que 36 poses, pas toujours disponible où je me trouvais puis le développement et tirage qui étaient couteux en couleur. On va me dire, oui mais c’était avant. Bien sur, je comprends le point de vue de Yves dont le métier nécessite de prendre rapidement une photo mais la photo est avant tout une question de créativité. Pour conclure, l’utilisation de l’automatisme doit se faire avec parcimonie et en fonction de l’instant à photographier.

    • @Jipem
      On a tous commencé un jour, moi meme je devais avoir 30 ans de moins quand j’ai commencé.
      Les anciennes méthodes ne sont pas mauvaises elles ont donné des habitudes et des savoirs qui se perdent avec le temps. Pourtant elles permettent à des photographes de se sortir de situations parfois bien difficiles

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