Soutien à l’Ukraine en Guerre

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La ville de Toulouse est jumelée avec la capitale Ukrainienne : Kiev (en Russe) ou Kyiv (en Ukrainien). Ce n’est pas le seul jumelage de la ville Rose. En plus de Kyiv ou Kiev Toulouse est jumelée avec d’autres villes à l’étranger. Mais le contexte géopolitique de l’Ukraine attire les regards sur ce jumelage qui existe depuis 1975.

Depuis quelque temps, on pouvait observer des manœuvres de l’armée russe autour de l’Ukraine. Jusqu’au 24 février 2022 tout le monde pouvait craindre une incursion russe sur le territoire ukrainien.

De nombreux toulousains ont découvert le jumelage entre Toulouse et Kyiv (Kiev) au matin de la déclaration de guerre de la Russie contre l’Ukraine. Beaucoup de toulousains ignorent que l’été de jeunes ukrainiens viennent à Toulouse dans des familles d’accueils et partagent quelques jours avec les petits toulousains dans les centres d’accueils de la ville.

Par le passé j’ai eu la chance d’encadrer et de diriger plusieurs séjours mixtes où se rencontraient ces jeunes ukrainiens et les petits toulousains.

Le Capitole aux couleurs de l’Ukraine, la ville de Toulouse est jumelée avec Kiev

Le Capitole aux couleurs de l’Ukraine

Afin de montrer son soutien à l’Ukraine, Toulouse a pavoisé le Capitole de drapeaux Bleu et Jaune, les couleurs de l’Ukraine, du drapeau Européen et du drapeau Français.

En soirée le Capitole s’illumine lui aussi aux couleurs de l’Ukraine tout comme le conseil régional. Les toulousains sont nombreux à faire une photo qu’ils partagent ensuite sur les réseaux sociaux. Impossible en France d’ignorer la tragédie qui se dessine en Ukraine.

À Toulouse, comme partout en Europe, des manifestations contre la guerre en Ukraine s’organisent. Les pays occidentaux sanctionnent la Russie, mais ces actions ne semblent pas démotiver le président Poutine. Pire lui et son gouvernement menacent à demi-mots d’utiliser l’arme nucléaire.

Pourquoi la guerre en Ukraine ?

Les causes de cette guerre sont multiples Cependant on observe 3 raisons majeures dans ce conflit.

  • Poutine, ancien membre du KGB a assez mal vécu la chute de l’URSS. Jusqu’en 1991 l’Ukraine faisait partie du bloc soviétique.
  • Poutine et la Russie ont peur de l’OTAN. Les pays membres de l’OTAN semblent encercler la Russie, le président russe (depuis 2000 !) ne souhaite pas que les pays frontaliers avec la Russie deviennent membre de l’OTAN.
  • Les démocraties occidentales ne plaisent pas au dictateur Poutine. Quand un pays voisin de la Russie tourne son regard vers l’Europe Poutine fait tout pour mettre en place un gouvernement pro-russe.

Souvenirs de séjours avec de jeunes ukrainiens en 2004

En 2004, j’enchaine 2 séjours à Aulus les Bains petit village ariégeois. Le premier dure 3 semaines et après 1 journée de repos à Toulouse je retourne en Ariège préparer le séjour suivant. La fatigue est assez présente, lors des séjours les animateurs enchainent de grosses journées. Lors de ces séjours, j’encadre des groupes de jeunes adolescents. Dès le départ, je savais que le second séjour serait particulier, de jeunes ukrainiens âgés de 12 à 14 ans viennent à Toulouse et vont partager le séjour avec nous.

À cette époque, je ne connais pas grand-chose de l’Ukraine. Je connais l’histoire de Tchernobyl. Mais je suis bien incapable de situer l’Ukraine sur une carte.

Dans mon groupe, j’aurais une large majorité de ces jeunes ukrainiens, on doit tout faire pour que leur accueil soit parfait et que la cohabitation avec les jeunes toulousains se mettent en place dans les meilleures conditions. Dans mon équipe il y a aussi 2 animatrices qui manquent d’expérience pour ce type de ce séjour, mais on fait en sorte de tout préparer au mieux. Nous préparons le séjour avec un autre groupe dans lequel les animateurs n’ont pas beaucoup d’expérience, ils auront, eux aussi, quelques ukrainiens, les plus jeunes, dans leur groupe.

3 bus arrivent plus ou moins ensemble au centre d’accueil situé dans la vallée du Garbet. Dans les 2 premiers bus les toulousains qui ne se connaissent pas descendent. Certains fanfaronnent, d’autres se montrent plus timides. Les bus sont déchargés sur le pas de la porte et nous attendons le troisième bus.

Avec un peu de retard le troisième bus arrive. Les petits ukrainiens après 3 jours et 3 nuits dans le bus ont passé quelques jours en famille d’accueil à Toulouse. Certains sont allées sur la côte atlantique, d’autres ont visité Carcassonne.

Lentement, ils descendent les uns après les autres du bus. Ils se placent devant le bus en ligne, cette situation est assez déconcertante pour tout le monde. Après la cohue de l’arrivée des toulousains voici le calme et la timidité des ukrainiens. Certains adolescents toulousains remarquent rapidement les charmes de certaines jeunes ukrainiennes et le font savoir. Le loup de Tex Avery aurait eu plus de retenu que ces jeunes en rute.

La barrière de langue

Après une rapide mise au point avec les toulousains, il est déjà grand temps d’aller partager le repas. Dans la grande salle les jeunes ne se mélangent pas trop. Je me retrouve assis à une table, entouré de plusieurs jeunes, timides, ils ne parlent pas français. Et moi handicapé des langues ne baragouine que quelques mots en anglais. Nous n’avons pas eu de préparation pour apprendre l’ukrainien. Il n’est donc pas simple de se comprendre. Heureusement les 3 accompagnateurs et les 2 chauffeurs circulent entre les tables pour jouer les interprètes.

L’après midi suit son cours et commence par l’installation dans les dortoirs. Les jeunes ont bien du mal à se mélanger. Mais on préfère ne pas trop leur faire perdre de repères.

La fin de la journée, nous nous retrouvons dans le parc afin de faire plus ample connaissance. Il n’est pas simple de comprendre les prénoms de nos hôtes. Mais avec un peu de travail et beaucoup de répétition, nous y arrivons. On découvre au passage que certaines adolescentes ukrainiennes ont changé de prénom. On nous explique qu’à l’adolescence, elles changent de prénom. Cette particularité semble un peu mettre la direction en difficulté, mais nous sur le terrain on s’adapte.

En fin de journée seule la langue permet de différencier les jeunes qui composent le groupe. Lors des temps libres ils essayent d’apprendre quelques mots. Les ukrainiens se révèlent très doués tandis que les jeunes toulousains ont bien du mal à retenir les quelques mots que tentent de leur apprendre leurs nouveaux amis.

Un séjour franco-ukrainien au rythme soutenu

Par la suite, au fil des jours tout le monde participe à nos différentes activités. Si la barrière de la langue se fait parfois sentir nous arrivons à nous faire comprendre par nos hôtes même quand il n’y a personne pour jouer le rôle d’interprète. Le rythme du séjour est intense. Les activités physiques s’enchainent à un rythme dingue. Un jour, on part découvrir la cascade d’Ars, le lendemain, on pratique l’escalade dans le parc du centre d’accueil, etc.

Lentement la fatigue s’installe et tout particulièrement dans le groupe de filles. Un matin, vers 6 h alors que tout le monde dort profondément j’entends du bruit dans les sanitaires. Je me lève pour vérifier ce qu’il se passe et découvre le groupe de jeunes filles ukrainiennes en train de s’apprêter.

Natalia, 13 ans donne l’impression d’en avoir 16 ou 17, on pourrait penser qu’elle sort tout droit d’un magasine de mode. Avec ses copines, elles ont déballé leurs trousses de toilettes pour se coiffer et se maquiller. J’ai alors découvert le secret de leur beauté au saut du lit. Pour toujours se montrer, dès le réveil, sous leur meilleur jour, les adolescentes se levaient avant tout le monde pour se préparer.

Plus tard dans la journée au cours d’une séance d’accrobranche, nous divisons le groupe en 2 pour des raisons logistiques. Une partie du groupe est sur les cordes quand l’autre partie joue aux cartes et discute tranquillement à l’ombre d’un grand chêne. Le groupe qui vient de faire l’activité somnole, certains discutent. La brise légère qui remonte du vallon où est installé le parcours de cordes permet à chacun de récupérer un peu.

Une gamelle et une mauvaise surprise

Anton, âgé de 13-14 ans, le visage dur, les cheveux courts pris d’un envie pressante se lève et s’éloigne du groupe. Certains de ses camarades profitent, eux aussi, de l’occasion. En revenant le pied d’Anton bute sur une pierre, il chute. Rapidement il se plaint auprès de l’interprète d’avoir mal au bras. Ce n’est pas dans son caractère de se plaindre.

On préfère appeler les pompiers qui viennent chercher le jeune originaire de Kyiv la capitale de l’Ukraine. Dommage une chute alors que tout le groupe se repose, on a vu plus épique comme chute. Anton retrouve peu à peu le sourire, il était inquiet, il avait peur de perturber le groupe.

À l’hôpital de Saint-Girons le médecin des urgences fait quelques examens. L’interprète traduit les échanges entre le médecin et son jeune patient. Quand la radio revient le médecin semble assez troublé et vient nous poser une question qui nous surprend un peu. Il nous demande si Anton vient de la région de Tchernobyl.

L’interprète pose la question à Anton. Mais celui-ci explique qu’il a toujours vécu à Kyiv et dans sa banlieue. Il a de la famille en Russie chez qui il passe quelques jours l’été, mais pas cette année, car il est à Toulouse. Le médecin accroche la radio au négatoscope et nous découvrons avec Anton qu’il a 3 os au lieu de 2 dans le bras. En plus du radius et du cubitus (ulna) à un troisième os. Le gamin découvre cette malformation, mais heureusement, c’est la seule information que révèle la radio. Le médecin explique que c’est une malformation assez rare et accuse la catastrophe de Tchernobyl d’être responsable.

Anton peut poursuivre son séjour, il devra cependant voir un spécialiste à son retour en Ukraine. Mais le médecin ajoute que si cela ne pose pas de problème à l’adolescent, il n’y pas lieu de s’inquiéter outre mesure.

Une nuit dans la montagne, sous les étoiles

Quelques jours plus tard nous partons camper, nous retrouvons Philippe, l’entomologiste qui vient faire découvrir les insectes aux colons. Nos hôtes Ukrainiens ont appris quelques mots en français. Alors que la journée se termine nous sommes tous assis autour du feu de bois. Nous partageons un “repas trappeurs”, des grillades et des patates cuites dans la braise.

Après le repas Philippe démarre le groupe électrogène et allume une puissante ampoule. Un drap blanc placé juste à côté de l’ampoule attire les premiers insectes nocturnes. En attendant il raconte ses aventure en Afrique. Tout le monde boit ses paroles. Lentement, il nous montre différents papillons nocturnes, capture certains spécimens. À chaque fois il nous explique le mode de vie des petites bêtes que l’on découvre.

Lentement et discrètement les colons rejoignent leur tente. La fatigue, le froid et l’humidité ont raison d’une grande partie du groupe. Les adultes faisons très attention qu’un colon ne se “trompe” pas de tente, quelques amourettes anime les temps libres dans le groupe. On termine la soirée autour du feu qui faiblit. Les plus courageux ont droit à un chocolat chaud avant d’aller se coucher. On regarde les étoiles au-dessus de nous.

Dans la nuit, pris par le froid, je m’enroule dans une couverture de survie. Mon duvet ne semble pas suffisant.

Alors que le jour se lève lentement sur le campement, j’entends les premiers chuchotements, je sors de ma tente, enroulé dans ma couverture de survie. Anton qui parle désormais quelques mots de français vient me demander si j’ai observé les étoiles toute la nuit, je ressemble à un satellites avec ma couverture de survie.

Un feu d’artifice pour finir le séjour franco-ukrainien

Le séjour touche à sa fin. La veille du départ, nous devons faire les sacs et ranger la structure. Pendant le rangement la responsable du groupe, prof de français à Kiev, m’offre une bouteille de vodka, elle me dit de bien la protéger et surtout bien la cacher. Au début du séjour, elle s’est gentiment fait taper sur les doigts par le directeur. L’alcool est banni des séjours. Lors du repas, elle offrira une bouteille à l’équipe de direction ainsi qu’au personnel technique.

Le soir, est organisée une soirée dansante, après les traditionnels slows, la soirée réserve une surprise aux colons. Après la boom alors que dehors une pluie d’enfer tombe sur le petit village ariégeois, un feu d’artifice vient clore le séjour. Aux fenêtres tout le monde, certains avec une petite larme, observe les fusées colorées illuminer la montage.

Après le feu d’artifice, pour favoriser l’endormissement de chacun on organise un échange pour parler du séjour. Soudain l’un des jeunes ukrainiens qui venait de s’exprimer se lève, fouille dans son sac et offre un T-shirt à un jeune toulousain en retour le jeune toulousains touché par l’attention lui offre sa casquette du TFC. Anton avant de parler, va chercher sa casquette et l’offre à son tour à un de ses camarades toulousains. Durant les minutes qui suivent les gamins s’échangent leurs vêtements et d’autres souvenirs.

Anton et un de ses camarades viennent vers moi et me tendent un petit paquet. Dans ce paquet se trouve un des symboles de l’Ukraine : une Boulava (sceptre). Ils m’expliquent dans un français qu’ils maitrisent un peu plus chaque jour que cela représente la force, le courage et le respect. Ce sceptre est un insigne des chefs ukrainiens.

Aujourd’hui encore je possède le souvenir de ce séjour. En le regardant, je ne peux que m’inquiéter du devenir de ces adolescents insouciants et des autres jeunes ukrainiens que j’ai eus le plaisir de rencontrer lors des séjours suivants. Je ne peux oublier les sourires échangés durant les séjours que nous avons partagés.

2 COMMENTAIRES

  1. ton témoignage sur ton séjour est particulièrement touchant.
    La photo du Capitole de Toulouse aux couleurs de l’Ukraine est magnifique.

    • @Afolaurent
      Merci, L’invasion russe en Ukraine fait remonter des souvenirs chez beaucoup de monde, certains, c’est un voyage, d’autres ce sont des rencontres.

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