Situé dans le prolongement du chemin de Lanusse, le quartier Izards – Trois Cocus appartient à ces espaces toulousains souvent méconnus du grand public, mais qui incarnent pourtant une partie essentielle de l’histoire et de l’évolution de la ville.
Longtemps à l’écart des grands projets urbains, ce quartier populaire, au tissu urbain mixte, oscille entre habitat social, petits immeubles récents, maisons individuelles et toulousaines traditionnelles. Aujourd’hui, il connaît un renouveau grâce à l’arrivée des transports en commun et à la pression foncière croissante dans le nord toulousain.
Où se trouve le quartier des Trois Cocus ?
Le quartier des Trois Cocus se situe au nord de Toulouse, entre plusieurs secteurs :
- Croix Daurade à l’est,
- Borderouge et la Maourine au sud,
- Lalande à l’ouest,
- La Vache au sud-ouest.
Il est directement traversé par plusieurs voies importantes, dont le chemin de Lanusse, le chemin des Izards, et le chemin Audibert, qui convergent vers une place centrale : la place des Trois Cocus.
C’est aussi un quartier traversé par la ligne B du métro toulousain, qui compte deux stations : Trois Cocus et La Vache. Cette desserte a largement contribué à revaloriser le quartier, longtemps enclavé et sous-équipé en infrastructures de mobilité.
Le quartier des Trois Cocus en pleine transformation urbaine
Pendant plusieurs décennies, le quartier des Izards – Trois Cocus a conservé un caractère semi-rural avec de nombreux pavillons, des terrains maraîchers, et de petites maisons de plain-pied. Ce passé agricole a laissé quelques traces, notamment dans les bâtisses anciennes disséminées entre les nouveaux immeubles.
Le passé maraîcher et la culture de la violette
Jusqu’à la seconde moitié du XXe siècle, le quartier était connu pour ses exploitations maraîchères, qui alimentaient les marchés de Toulouse. On y cultivait particulièrement la violette, emblème floral de la ville, dans des serres et des jardins aujourd’hui disparus.
Quelques anciennes fermes, hangars agricoles et murs de briques roses rappellent encore cette époque révolue, bien que la pression immobilière transforme rapidement le visage du quartier.
Un quartier en mutation sous l’effet du métro
Depuis l’arrivée de la ligne B du métro, la donne a changé. Le quartier est désormais considéré comme stratégique pour les promoteurs immobiliers, qui profitent des espaces encore disponibles pour y construire des petits collectifs d’habitation, souvent à la place d’anciennes maisons individuelles.
La proximité du quartier Borderouge, aujourd’hui densément peuplé, renforce cette dynamique : les Izards – Trois Cocus deviennent peu à peu un quartier de report, attractif pour les familles à la recherche de logements plus accessibles que dans le centre-ville.
Une origine de nom pleine de quiproquos : des coucous aux cocus
Le nom « Trois Cocus » amuse, intrigue, voire dérange. Il est souvent sujet à des plaisanteries, mais il ne reflète en rien une réalité sociale ou historique liée à l’infidélité, comme certains pourraient le croire.
Une mauvaise traduction de l’occitan
L’origine remonte à l’époque napoléonienne. À cette époque, le quartier était appelé en occitan « Tres Cocuts », que l’on peut traduire en français par « Trois Coucous », en référence à une bâtisse seigneuriale disparue ornée de trois coucous sculptés.
Mais lorsque des soldats de l’armée napoléonienne, ne comprenant pas l’occitan, ont demandé aux habitants le nom du quartier, ils ont mal interprété la réponse. Ce qu’ils ont compris et inscrit sur leurs cartes : « Trois Cocus ».
Cette erreur de traduction est restée… et le quartier a hérité officiellement de ce nom singulier, qui fait désormais partie intégrante de l’identité toulousaine.
Les dernières traces des « Tres Cocuts »
Bien que l’erreur de transcription soit ancienne, le souvenir du nom d’origine perdure dans certains éléments du quartier.
Le sentier des 3 coucous
En face de la mairie de quartier des Izards – Trois Cocus, on trouve un chemin piéton nommé « Sentier des Trois Coucous », avec son sous-titre en occitan : « Caminòl dels Tres Cocuts ». Ce petit sentier ombragé, entouré d’immeubles récents, rend hommage au nom historique du quartier et à ses racines occitanes.
La place des Trois Cocus
Située à l’intersection des chemins d’Audibert, des Izards et de Lanusse, la place des Trois Cocus constitue un point central du quartier. Elle est également indiquée en occitan : Plaça dels Tres Cocuts, preuve que l’histoire linguistique du lieu n’est pas oubliée.
Le quartier des Trois Cocus, un quartier souvent stigmatisé
Comme d’autres secteurs populaires de la ville, le quartier des Izards – Trois Cocus a parfois été marqué par des faits divers, qui ont contribué à stigmatiser ses habitants. Plaque tournante de certains trafics, le quartier des Trois Cocus fait régulièrement parler de lui.
Des figures tristement célèbres du quartier des Trois Cocus
Deux noms reviennent souvent dans les médias :
- Patrice Alègre, tueur en série, a grandi dans ce quartier.
- Mohamed Merah, auteur des attentats de Toulouse en 2012, y a aussi passé une partie de sa jeunesse.
Ces tragédies ont contribué à donner une image négative du quartier, parfois injustement généralisée à l’ensemble de ses habitants.
Une réalité plus nuancée
Pourtant, la vie aux Izards – Trois Cocus ne se résume pas à ces faits divers. Le quartier est vivant, dynamique, et riche d’un tissu associatif et culturel actif. On y trouve :
- des associations locales engagées pour la jeunesse et l’intégration,
- des événements culturels organisés régulièrement,
- une vie de quartier forte, marquée par la solidarité entre habitants.
L’arrivée du métro, les rénovations urbaines et la volonté de renforcer les services publics (écoles, équipements sportifs, espaces verts) montrent que la métropole toulousaine mise sur ce quartier pour l’avenir.





















Au Mont Saint Michel, il y a la « ruelle des cocus », un passage vraiment très étroit qui sert un peu de raccourci. Un habitant du coin m’avait raconté qu’on l’appelait comme ça parce qu’il y a longtemps, les amoureux illégitimes s’y donnaient rendez-vous pour se voir discrètement 😀
@Damien
Toutes les rues ont leur(s) secret(s)
Kikou Loïc, me voilà encore de retour de vacances et que vois-je, que vois-je ? Une histoire de cocu ! lol
La première photo m’a beaucoup fait rire parce que bon, une rue ou une place portant un nom pareil, passe. Mais une station de métro avec ce nom écrit en gros, j’imagine que les touristes doivent s’en donner à cœur joie de photographier ça ! lol
Bonjour
Pouvez vous me donner plus d’infos sur ce quartier
niveau espace verts, aménagement, sécurité, logements……..
merci d’avance
@bebe
Toulouse est une grande ville et le quartier des Trois Cocus n’est pas celui que je fréquente le plus. Je sais seulement que c’est un quartier avec une forte mixité sociale. Selon les endroits ça peut être très calme ou beaucoup moins. Il y a des vieux immeubles dont certains sont en rénovations et d’autre attendent la démolition, il y a aussi des immeubles récents. Il y a aussi quelques pavillons et quelques Toulousaines.
Suivant vos attentes je ne peux que vous recommander de visiter le quartier pour découvrir les espaces que je ne connais quasiment pas et pour vérifier si l’on peut y vivre en toute sécurité.
Merci pour cette information,j’ignorais totalement l’origine de ce nom.
@DAMON
J’ai donc bien fait de repartager ces articles