L’orage tant attendu est enfin arrivé

0

Après une période caniculaire interminable, l’orage est enfin arrivé à Toulouse. Si je n’ai toujours pas remplacé ma voiture depuis mon accident du 4 juin alors que je partais chasser l’orage, je n’ai pas perdu l’espoir de photographier les orages.

Depuis quelques jours tout le monde guette le ciel dans l’espoir de voir une pluie fine les arroser. Mais les températures et les masses d’air à l’origine de ces précipitations ont décidé d’apporter des orages parfois très violents.

Après une longue période de canicule, un orage apporte un peu de fraicheur à Toulouse

Chasser l’orage à côté de la maison

En l’absence de voiture, j’ai fait le choix de chasser l’orage depuis la maison. Sans cela, j’aurais pu choisir un autre spot plus photogénique. Malheureusement, il faut s’adapter. Je savais depuis le matin que l’orage allait arriver tard. Trop tard pour pouvoir utiliser le métro ou les transports en commun et me rendre sur un spot.

C’est ainsi que j’ai posé mon trépied au pied de l’Obélisque de Jolimont. L’endroit manque d’entretien et ne permet pas de voir la ville, cachée par la végétation.

L’orage se forme dans le Béarn et remonte lentement vers Toulouse

La chasse à l’orage comporte des risques.

Tout au long de la soirée, j’observe les cartes météos. Avec la publication des derniers modèles mis à jour, je peux confirmer mes prévisions. Il ne reste plus qu’à les vérifier. Dans la soirée, j’observe la formation d’une ligne orageuse entre Mont de Marsan et Pau. L’orage semble peu mobile et avance lentement. Une partie de la cellule orageuse passe au sud d’Auch.

Peu après minuit, je termine de me préparer. Sur l’ordinateur, est affichée la carte des impacts de foudre. Pour le moment, l’orage paraît, comme souvent, bloqué dans le Gers par la colline de Pujaudran.

Les premiers messages, sur Twitter ou Facebook, concernant dans le Gers, montrent que les précipitations sont importantes et généralement composées de grêle.

Le quartier est calme, je croise un hérisson qui cherche son repas sous les feuilles sèches des platanes. Les conteneurs ont été sortis pour les éboueurs qui doivent passer dans quelques heures. Le ciel s’illumine, mais les impacts de foudre ne paraissent pas décidés à se montrer.

Au pied de l’obélisque, 2 personnes dorment sur l’herbe. Plus loin, une autre fume sur un banc et tourne le dos à l’orage qui arrive. Je déploie mon trépied, j’installe mon appareil. J’effectue mes réglages pour capturer l’orage et je déclenche une première photo. Le ciel s’illumine, mais impossible de voir l’impact de foudre. Difficile de savoir s’il s’agit d’un impact ou d’un intra-nuageux. Au loin, on devine le rideau de pluie qui se trouve entre Blagnac et Baumont-de-Lomagne.

L’appareil travail presque seul. J’en profite pour faire quelques stories pour Instagram. La présence du rideau de pluie ne me rassure pas, je préfère mettre mon poncho. Pour une fois, j’ai pensé à le prendre avec moi et je ne l’ai pas laissé dans la voiture.

Du vent sous l’orage avant de faire la photo

Soudain, sans prévenir, le vent se lève. Le vent semble venir de la cellule orageuse. Il souffle en rafales puissantes. Généralement, ce vent est le synonyme qu’il y a de fortes précipitations. Nous ne sommes pas au niveau d’une rafale descendante, mais le vent reste puissant, je dois tenir le trépied et avec le poncho, je me fais secouer.

La poussière se lève sous la puissance du vent. Les arbres perdent quelques feuilles séchées par les épisodes de canicule et de sécheresses. Les photos se multiplient. Mais je sais que pour le moment, je n’ai aucune photo.

Au loin, malgré la météo, j’aperçois un avion qui approche de Blagnac. Je ne suis pas pilote de ligne, mais les conditions me paraissent difficiles. Tout à coup, l’appareil interrompt sa descente et reprend de l’altitude. Il effectue alors un rapide virage à droite et s’éloigne de l’aéroport. Au même moment, les éclairages de Blagnac disparaissent. Ils sont cachés par un rideau de précipitations.

Au même instant, alors que j’observe l’avion, se dessine dans le ciel un impact de foudre. Je sais que j’ai enfin une photo, mais je croise les doigts pour en avoir d’autres.

Retour à la maison sous la grosse pluie

Je tente de faire 2 ou 3 photos de plus, mais il devient irraisonnable de rester. Le vent se fait de plus en plus puissant et la pluie commence à se faire entendre. Ne plus voir les éclairage de l’aéroport de Blagnac m’indique que la pluie ou la grêle approche.

Je préfère rapidement m’éloigner. Les premières gouttes de pluie tombent sur mon visage. Je ne suis pas très loin de la maison et je savoure ses sensations presque oubliées. La pluie ce n’est pas comme une douche. Je reste cependant méfiant. Sur mon chemin, j’ai plusieurs “refuges” en cas de grêle.

Sur le chemin, je croise de nombreux détritus. Principalement des cartons et autres papiers, mais il y a aussi ce qui ressemble au cadavre d’un ventilateur. Un peu plus loin, je découvre que les conteneurs ont été ouverts par le vent. Sous la puissance des rafales, certains bacs ont été renversés et leur contenu volent sur la route.

Le ciel s’illumine régulièrement et parfois, on entend le tonnerre gronder. Mon portable ne cesse de sonner, il m’indique qu’un orage approche dangereusement. Je dois traverser une pelouse, ou ce qu’il en reste. Je sens sous mes pieds que la terre ne boit pas la pluie qui vient tomber. J’ai juste le temps de rentrer chez moi que l’intensité de la pluie augmente. Il y a quelques petits grêlons, mais rien de dangereux. C’est probablement différent ailleurs.

L’orage poursuit son voyage vers l’Est, mais peu à peu son activité diminue. La ligne orageuse va de Toulouse jusqu’à Limoge. À 3h du matin, il reste actif entre Figeac et Aurillac. Au cours de la journée, la région parisienne tout comme le littoral entre Montpellier et Marseille ont subi les colères du ciel avec parfois des inondations.

Le saviez-vous, 1 mm de pluie équivaut à 1 litre réparti sur une zone d’un mètre carré (m²).

La station météo de Toulouse-Blagnac située sur l’aérodrome indique que nous avons perdu jusqu’à 6 °C au cours de l’orage. Le pluviomètre indique qu’il est tombé 14 mm de pluie. En juillet, il n’était tombé que 1.6 mm, une quantité très faible et très inhabituelle. Ces valeurs peuvent varier localement. Mais malheureusement, on ne peut pas comparer avec la station de la Cité de l’Espace. Celle-ci ne donne plus d’indication depuis fin juin.

LAISSER UNE RÉPONSE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.