Nouvelle manifestation contre la réforme des retraites

Entre 23'000 et 80'000 ont manifesté contre la réforme des retraites à Toulouse, bravant le froid, la pluie et le vent. À l'Assemblée Nationale, les débats sont houleux. Les syndicats donnent d'ors et déjà rendez-vous aux manifestants le samedi 11 février pour une grande manifestation.

0

À Toulouse, les manifestations se succèdent contre la réforme des retraites. Après un nouvel appel à la grève et à manifester, les travailleurs inquiets pour leur avenir manifestent dans les rues de Toulouse.

L’enchainement des grèves et des manifestations n’est pas sans conséquences sur les ménages déjà pris à la gorge par l’inflation notamment. Mais les manifestants restent encore mobilisés face à un gouvernement qui ne semble plus savoir quoi inventer pour convaincre des français de moins en moins enclins à accepter cette réforme.

Les syndicats défilent unis contre la réforme des retraites. (mais pour faire la photo, il faut présenter la carte de presse)

Toulouse toujours mobilisée contre la réforme des retraites

En France, la Zone A est en vacances. Ce n’est pas le cas de Toulouse où les manifestants se sont mobilisés en nombre pour manifester contre la réforme des retraites.

Cependant, la récurrence des manifestations et la météo ont peut-être incité certains opposants la réforme des retraites à ne pas venir. Les taux de grévistes, dans les entreprises, diminuent.

Un manifestant m’explique qu’il relaie un de ses collègues qui est venu précédemment sur ses jours de repos. Ainsi, ils limitent l’impact des jours de grève sur leur budget.

Combien de manifestants contre la réforme des retraites à Toulouse le 7 février ?

Combien de manifestants à Toulouse contre la réforme des retraites ?

Lors de la précédente manifestation contre la réforme des retraites, les syndicats avaient dénombré 80’000 manifestants. Ainsi, selon les syndicats, le 31 janvier à Toulouse, on comptait 30″000 manifestants de plus que lors de la première manifestation le 19 janvier. En ce 7 février, les syndicats comptent une nouvelle fois 80’000 manifestants.

De son côté, la préfecture n’arrivait à compter que 34’000 manifestants, soit 2’000 de moins que lors de la première manifestation. A la préfecture, on ne compte que 23’000 manifestants

Qui sont les manifestants contre la réforme des retraites ?

Dans la manifestation à Toulouse, les profils sont nombreux et très diversifiés. Il y a de nombreux salariés syndiqués, mais on croise aussi des manifestants non-syndiqués, des gilets jaunes. Certains ont des engagements politiques quand d’autres semblent se déplacer difficilement pour aller voter.

On croise des étudiants, des lycéens, des salariés de tous ages et même des retraités. Il y a des hommes et des femmes. Ils viennent d’entreprises très diverses. Il y a les salariés d’Airbus, des sous-traitants, il y a des cheminots, mais aussi des salariés d’entreprises plus modestes. En plus des fonctionnaires, on rencontre des salariés des services à la personne, des éducateurs et des animateurs.

Plus rarement, on rencontre des travailleurs indépendants qui viennent manifester.

Faire grève coute tellement cher que les salariés des professions les moins bien rémunérées ont du mal à venir gonfler le cortège de manifestants. Alors que certains salariés rencontrent des difficultés pour équilibrer leur budget, comment imaginer qu’ils puissent se permettre de faire grève.

Le gouvernement en difficultés pour la réforme des retraites ?

Les débats en commission, premier revers pour le gouvernement

Lors des débats en commissions, le gouvernement a connu son premier revers. Les membres du parti présidentiel n’étaient tout simplement pas suffisamment nombreux pour voter en faveur de l’article 7, celui qui repousse l’âge légal de départ à la retraite. Cela ne remet pas en question la mise en place de la réforme puisque l’Assemblée Nationale devra adopter les différents articles en séance plénière.

Cependant, pour les élus du parti Renaissance (En Marche ou la République En Marche) et ses alliés, cela inquiète tant la situation pourrait se renouveler lors des votes dans l’hémicycle.

La majorité pour le vote du parlement semble difficile, les députés LR (Les Républicains) semblent toujours plus hésitants voir opposés à la réforme des retraites dans la forme actuelle.

Travailler de 16 à 64 ans ?

Le 47.1 limite la durée des débats, une nouvelle forme de 49.3 ?

L’article 47.1 sert à limiter le temps des débats. Habituellement un projet ou une proposition de loi fait des aller-retour entre l’Assemblée Nationale et le Sénat. Il n’y a pas de délais pour la navette parlementaire jusqu’à ce que le texte soit adopté ou rejeté.

L’utilisation du 47.1 permet de réduire la durée des débats en imposants des délais :

  • 20 jours à l’Assemblée nationale
  • 15 jours au Sénat
  • Le temps global (du dépôt du texte jusqu’à son adoption définitive) ne peut dépasser 50 jours

La réforme des retraites s’inscrit dans le projet de loi de finance de la sécurité sociale (PLFSS) rectificatif. De fait, l’article 47.1 s’applique automatiquement. Ainsi, l’Assemblée a jusqu’au 17 février pour débattre et voter le texte. Passé ce délai, le Sénat ne dispose que de 15 jours pour voter le texte.

Le sénat majoritairement à droite pourrait voter le texte. Mais si cela n’était pas le cas, alors le texte serait étudié en commission mixte paritaire, une commission composée de sept députés et sept sénateurs réunis en cas de désaccord persistant entre les assemblées. Si la commission ne pouvait trouver d’accord au bout de 15 jours de débat et après 50 jours depuis le début des débats, alors le texte pourrait être appliqué par ordonnance. (après le 26 mars)

Le 47.1 permet d’éviter de faire appel à l’article 49.3. L’article fait « mauvais genre » mais l’utilisation du 47.1 et une forme de clé de bras au débat parlementaire. À ce jour, le gouvernement Borne a déjà utilisé 10 fois l’article 49.3.

Dans la manifestation contre la réforme des retraites, certains dénoncent l’utilisation du 49.3

La réforme des retraites, un risque important pour le gouvernement ?

Si la réforme des retraites venait à échouer, le gouvernement pourrait se trouver en difficulté pour d’autres réformes. Macron pourrait alors être tenté par la dissolution de l’Assemblée Nationale afin d’essayer d’obtenir une plus large majorité. Toutefois, dans ce cas, il prendrait le risque de perdre la majorité.

Si le RN venait à prendre la majorité à l’assemblée, ce serait l’occasion de décrédibiliser les élus d’extrême droite en vue de la présidentielle de 2027.

Des manifestants demandent que Macron parte à la retraite dès maintenant

Vers une limitation du droit de grève ?

Certains ministres et députés de la majorité souhaiteraient remettre en question le droit de grève. Ils souhaitent exiger un délai plus important pour que les grévistes afin de pouvoir les remplacer plus facilement. Ils souhaitent aussi limiter les périodes de grèves à certaines périodes et ainsi éviter que les grèves dans les transports ne perturbent les départs en vacances.

Ces élus ne souhaitent pas voir se reproduire la grève qui a touché la SNCF lors du départ pour les vacances de Noël 2022. En abordant cette question actuellement, ils soulignent la peur qu’ils ont si des jours de grèves venaient à être placés lors des samedis de départ pour les vacances d’hiver.

Olivier Dussopt ministre du Travail poursuivi !

En parallèle, on a appris que le ministre du Travail Olivier Dussopt allait être poursuivi pour favoritisme. Alors maire de d’Annonay et député de l’Ardèche, Olivier Dussopt aurait reçu 2 lithographies d’une valeur de 2’000 euros de la part de la Saur, entreprise qui participe à un appel d’offre pour le traitement de l’eau. Plus tard, la ville d’Annonay et la Saur signent un contrat. Olivier Dussopt risque 2 ans de prison et 200’000 euros d’amende.

L’ancien socialiste vient ajouter son nom à la longue liste des ministres des gouvernements Macron ayant des démêlés avec la justice. Cependant, le gouvernement lui renouvelle sa confiance. Certains élus de la majorité semblent étonnés de voir cette affaire surgir en plein débat sur la réforme des retraites, mais cela fait 2 ans que le PNF (Parquet National Financier) a lancé l’enquête.

Et maintenant ?

Après les débats en commission, le texte arrive à l’Assemblée Nationale. Les premiers débats ont été houleux. Et la demande de referendum porté par le RN a été rejetée. Les députés de la NUPES ayant fait le choix d’être absents au moment du vote pour ne pas devoir voter comme le RN.

Afin de permettre aux travailleurs qui ne peuvent manifester en semaine, les syndicats organisent une nouvelle manifestation le samedi 11 février.

LAISSER UNE RÉPONSE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.