Pourquoi les journalistes galèrent dans les manifestations

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Les manifestations de gilets jaunes se succèdent. Chaque samedi partout en France des manifestants défilent dans les rues. Autour du cortège gravitent les forces de l’ordre et les journalistes qui tentent de rapporter la colère des manifestants.

Malheureusement les journalistes présents dans les manifestations ont parfois beaucoup de difficulté à réaliser leurs reportages. Parfois pris à parti par les manifestants ils subissent aussi les foudre des forces de l’ordre.

Les journalistes en difficulté dans les manifestations
Les journalistes en difficulté dans les manifestations

Des journalistes avec des missions différentes

Dans le monde du journalisme il existent différents type de journalistes. Tous ont aux yeux du public un statut similaire celui de journaliste. Mais les choses sont bien plus complexes dans les rédactions des médias.

Certains sont des journalistes de terrain et rapportent ceux qu’ils voient lors des événements qu’ils couvrent. Ils interviewent les participants à un évènement, et racontent ce qu’il se passe devant eux. Parfois spécialisés dans un domaine particulier (tel que les journalistes sportifs) ils peuvent aussi avoir une approche généraliste et couvrir des sujets très divers.

D’autres journalistes ont déserté le terrain quand ils l’ont fréquenté. Ils ne quittent plus les salles de rédactions et les studios ou les plateaux de télévision. Leur mission a pour but donné un avis sur un évènement. Ils analysent un évènement, une actualité. Certains donnent un avis personnel, d’autres reflètent l’orientation voir la couleur politique du média pour lequel ils interviennent.

Des journalistes avec un statut différent

Dans le monde du journalisme les statuts peuvent différer entre journaliste. Les contrats de travail très divers.

Si certains journalistes ont des CDI c’est à dire qu’ils travaillent pour un seul média, d’autres ont des CDD. Les journalistes en CDD peuvent travailler pour différents médias en fonction des contrats.

Les pigistes eux peuvent travailler pour plusieurs médias à la fois ils sont missionnés pour couvrir un évènement en particulier. Une fois la mission terminée ils peuvent préparer du contenu pour un autre média.

Les freelances réalisent à leur frais des reportages qu’ils proposent directement ou via des agences aux rédactions. Leurs revenus sont précaires car les ventes ne sont pas garanties.

Les correspondants de presse ont pour mission d’écrire de cours articles sur la vie locale. De par leur rémunération on ne peut pas dire qu’ils ont un statut professionnel.

Entre ces différents statuts, le salaire peu fortement varier entre 2 collègues d’une même rédaction. Mais plus le statut est précaire (CDD, pigiste freelance) plus les revenus risquent d’être faibles.

Une carte de presse inaccessible pour certains

Tous les journalistes n’ont pas la carte de presse. Les conditions d’attribution dépendent de 2 facteurs principaux. C’est la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels (CCIJP) qui se charge de vérifier si les conditions sont remplies par les demandeurs de la Carte de Presse.

  • Il faut exercer en tant que journaliste depuis 3 mois pour la première demande (12 mois pour un renouvellement)
  • Le demandeur de la carte de presse doit tirer plus de 50% des revenus de son activité de journaliste

Ainsi certains journalistes ne peuvent avoir la carte de presse si ils ne répondent pas à ces 2 critères.

Des blogueurs et autres

Les journalistes ne sont pas les seuls à rapporter des informations. Avec le développement d’internet n’importe qui peut créer son propre média en quelques clics. Que ce soit via un site internet ou via les réseaux sociaux tout le monde peut devenir une sorte de « journaliste citoyen ».

Du coté des blogueurs et autres « journalistes citoyens » l’obtention de la carte de presse se révèle très difficile.

Ils n’ont donc pas accès aux avantages des journalistes. Pas de réduction lors d’achat de certains matériels, pas d’abattement d’impôts ni d’accès gratuit.

Heureusement certaines structures et leurs attachés de presse accueillent les blogueurs et « journalistes citoyens » à bras ouverts.

Le grand public contre les journalistes

Si aujourd’hui les journalistes rencontrent des difficultés pour couvrir certains événements c’est à cause de la méconnaissance de ces différences. Tout le monde rattaché de près ou de loin à une rédaction devient la cible de reproches divers et multiples.

Certains journalistes de terrain subissent les foudres du grand public après les propos de certains éditorialistes ou à cause du traitement de l’information décidé dans les rédactions.

Si parfois les échangent sont cordiaux, certains n’hésitent pas à franchir la ligne jaune et à tenir un discours plus musclé quand ils ne se montrent pas violent à l’encontre des journalistes qu’ils rencontrent.

Des policiers qui ignorent la loi

De l’autre coté les policiers ignorent la loi. Impossible de savoir si c’est de l’ignorance, une forme de colère ou des actions volontaires de la part de ces agents qui ciblent des journalistes, des blogueurs ou des journalistes citoyens.

Pourtant la liberté d’informer se fait sans distinction de statut, depuis le 7 septembre 2011 en France, la liberté de la presse est reconnue et étendue aux « blogueurs ». Cela fait suite au procès Antoine Bardet, alias « Fansolo ». Mais force est de constater que les forces de l’ordre interdisent aux non porteurs de la carte de presse de s’approcher.

De la même manière les forces de l’ordre n’ont que rarement le droit d’interdire les prises de vue de leurs actions. Tout le monde peut donc photographier ou filmer les forces de l’ordre. Certains agents usent de la force pour éloigner les photographes et les caméramans quand ils n’outrent passe pas leurs droits en faisant détruire les images voir en détruisant le matériel des photographes.

Photographes & cameramans en première ligne

Ce sont les reporters d’images qui subissent les foudres des 2 camps. Pour faire des images qui sortent du lot et qui donc se vendent il faut se placer le plus souvent au plus près de l’action.

Ils sont facilement identifiables de par le matériel qu’ils utilisent. Les manifestants et les casseurs peuvent les cibler plus facilement, quant aux forces de l’ordre … l’absence de sanction et d’encadrement concernant les violence à l’encontre des reporters leur permet de continuer à violenter les journalistes et les blogueurs.

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