Au cours de l’été, les nuits étaient rythmées par des bruits inhabituels au camp de La Pouzaque. Au début, il ne s’agissait que de petits chuintements et de froissements dans les murs de bois. Puis, un soir, les responsables de cette agitation se sont montrés : un couple de loirs gris. D’abord discrets, ils ont pris l’habitude de revenir, toujours un peu plus téméraires, jusqu’à se laisser photographier au 100 mm macro.
Ce fut une rencontre à la fois magique et surprenante avec cet animal qui vit essentiellement la nuit. Peu farouches, les deux loirs se sont installés dans la cabane, offrant un spectacle rare. Ces instants rappellent combien la photographie de nature réserve parfois de belles surprises, à condition de rester attentif et patient.
Qui est le loir gris ?
Le loir gris (Glis glis) appartient à la famille des Gliridés. C’est un rongeur de taille moyenne, mesurant entre 15 et 20 cm, sans compter sa queue touffue qui ajoute encore une dizaine de centimètres. Son poids varie de 100 à 250 g, avec des individus plus lourds en fin d’été, lorsqu’ils accumulent des réserves pour affronter l’hiver.
Son pelage gris argenté et son ventre plus clair lui confèrent une allure élégante, tandis que ses grands yeux noirs et brillants lui permettent de se déplacer aisément dans l’obscurité. Comme de nombreux mammifères nocturnes, il possède également de longues moustaches très sensibles qui l’aident à s’orienter.
Un champion de l’hibernation
Le loir gris est surtout connu pour sa longue hibernation. Ce petit rongeur dort en effet près de sept mois par an, parfois davantage selon les conditions climatiques et la disponibilité alimentaire. Il s’endort profondément dès l’arrivée des premiers froids, souvent en octobre, pour ne se réveiller qu’au printemps.
Durant cette période, il vit uniquement sur ses réserves de graisses. C’est pourquoi il passe la fin de l’été et l’automne à se nourrir frénétiquement, cherchant à prendre du poids pour survivre à cette longue léthargie.
Où trouver le loir gris ?
Le loir gris est un animal forestier. Il fréquente principalement les forêts caducifoliées, c’est-à-dire celles où dominent le chêne, le hêtre ou le châtaignier. Ces arbres lui offrent à la fois de la nourriture (glands, châtaignes, faines) et des abris pour se cacher.
Pour repérer la présence d’un loir, il faut chercher quelques indices :
- Ses empreintes ressemblent à celles de l’écureuil, mais en plus petites.
- Ses nids ovoïdes, d’une quinzaine de centimètres de diamètre, sont construits avec des brindilles, des mousses et des feuilles. Ils se trouvent dans un creux d’arbre, une fissure de rocher, un vieux mur, un nid abandonné de pie ou d’écureuil, et parfois même dans les greniers ou cabanes.
- Ses crottes sont petites, cylindriques, souvent laissées à proximité de ses passages réguliers.
À La Pouzaque, les loirs gris ont élu domicile dans un mur en bois d’une cabane située en lisière de forêt. C’était pour moi une occasion idéale de les observer dans de bonnes conditions.
Que mange le loir gris ?
Le régime alimentaire du loir gris est principalement végétarien. Il raffole des graines et des fruits secs comme les glands, les noisettes ou les châtaignes. Mais il ne dédaigne pas les bourgeons, les fleurs et les fruits frais, qu’il grignote volontiers au printemps et en été.
Plus opportuniste qu’on ne le pense, le loir gris peut aussi compléter son menu avec quelques insectes, cloportes ou escargots. De manière plus rare, il peut s’attaquer à un jeune oiseau encore au nid, mais ce comportement reste exceptionnel.
En automne, son activité est centrée sur la recherche de nourriture. On peut alors le voir se déplacer avec énergie, grimper, sauter, fouiller les sols et les branches, tout cela pour accumuler des réserves corporelles. C’est une véritable course contre la montre avant l’hiver.
Combien de loirs gris en France ?
La densité de population du loir gris est assez faible. Il se rencontre surtout dans les forêts de feuillus de l’est et du centre de la France, mais reste absent de certaines régions trop ouvertes ou dépourvues de grands massifs forestiers.
Son mode de vie discret et nocturne rend son observation rare. Même pour les naturalistes aguerris, croiser un loir gris est un privilège. Il s’invite parfois dans les maisons forestières, cabanes ou greniers, ce qui permet de le voir plus facilement. Mais dans l’ensemble, il reste un animal peu connu du grand public.
Les prédateurs du loir gris
Comme tout petit mammifère, le loir gris doit composer avec une longue liste de prédateurs :
- Les rapaces nocturnes : hibou grand-duc, chouette hulotte.
- Les carnivores terrestres : martre, fouine, chat sauvage.
- Occasionnellement, le renard ou le chat domestique peuvent s’en prendre à lui.
Sa principale stratégie de défense reste sa discrétion et sa vie nocturne. Agile et rapide, il sait grimper et se faufiler dans les plus petites fissures. Mais il n’est pas rare de retrouver les restes de loirs dans les pelotes de réjection des chouettes.
Le loir gris et l’homme
Le loir gris vit surtout loin des habitations humaines. Cependant, il arrive qu’il s’installe dans les combles, les cabanes ou les chalets en montagne. Sa présence se fait alors vite remarquer : bruits nocturnes, petites crottes, fruits grignotés.
Dans certaines régions d’Europe centrale, il est même considéré comme un nuisible dans les vergers et les habitations rurales. En France, il reste relativement épargné par ces conflits, même si les campeurs ou randonneurs peuvent avoir la surprise de l’entendre la nuit.
Une espèce protégée ?
En France, le loir gris bénéficie d’une relative tranquillité, car son habitat forestier est assez vaste. Toutefois, il subit indirectement les conséquences de la déforestation et de la fragmentation des milieux naturels.
Dans certains pays, comme l’Allemagne, il est protégé par la loi. En revanche, en Croatie ou en Slovénie, il est encore chassé pour sa chair, considérée comme un mets traditionnel. Ce contraste montre combien le rapport à la faune sauvage peut varier selon les cultures.
Photographier le loir gris
La photographie animalière repose souvent sur la patience. Dans le cas du loir gris, la tâche est compliquée par son activité nocturne. Il faut se montrer discret, éviter l’usage intempestif du flash et privilégier une lumière douce pour ne pas l’effrayer.
À La Pouzaque, j’ai pu m’installer près de la cabane où il avait élu domicile. En restant immobile et silencieux, j’ai gagné sa confiance, ce qui m’a permis de réaliser quelques clichés au 100 mm macro. Ces photos, bien qu’imparfaites en termes techniques, reflètent la magie de la rencontre. Elles témoignent de l’importance d’observer et de respecter la faune sauvage dans son milieu naturel.
Un rôle écologique important
Au-delà de l’anecdote, le loir gris joue un rôle essentiel dans les écosystèmes forestiers. En se nourrissant de graines et de fruits, il contribue à la dispersion des végétaux. Ses restes de nourriture, parfois enterrés et oubliés, participent à la régénération naturelle des forêts.
De plus, il fait partie de la chaîne alimentaire et assure un lien entre les végétaux et les carnivores. Sa présence est donc un bon indicateur de la richesse écologique d’une forêt.
Conclusion : un hôte nocturne à préserver
Rencontrer un loir gris est un moment rare et privilégié. Ce petit rongeur nocturne, discret et attachant, incarne la richesse et la diversité de notre patrimoine naturel. À La Pouzaque, il s’est invité dans une cabane, rappelant que la nature n’est jamais très loin, même lorsque l’on pense être à l’abri.
Photographier cet animal m’a offert plus qu’une simple image : une expérience de connexion avec la vie sauvage. Observer un loir gris, c’est plonger dans le rythme secret des forêts, découvrir un monde qui s’éveille quand nous dormons, et apprendre à respecter la fragilité de ces équilibres.






















Merci pour ces photos de qualité
@Sentimancho
de rien
Pourriez-vous me dire avec quel objectif vous avez réalisé les photos ?
Le yeux ne sont pas rouge mais j’ai l’impression qu’il ya un flash pourtant, il y a une astuce?
Merci
Ce sont des photos réalisées avec le 100 macro qui heureusement pour moi ouvre à 2.8. Effectivement j’utilise le flash pour gagner en vitesse car ce sont des animaux très mobiles mais pas farouches.
Pour éviter les yeux rouge j’utilise un flash cobra qui éclaire la scène de manière décentrée, ainsi la lumière ne touche pas le sujet dans le même axe que l’axe optique et évite que le rouge du fond de l’œil ne soit visible.
Pour ne pas aveugler les loirs j’avais fait le choix d’utiliser le plafond en réflecteur et éviter que la lumiere ne soit direct et ainsi adoucir (un peu) la lumière.
Hélas vers 23.30 il est difficile de faire autrement pour photographier ces petites bêtes …
comment se débarrasser de ces bestioles bruyantes et qui puent !
@phip
Il faut déménager…
Plus sérieusement il n’y a pas de solution miracle, il faut observer pour trouver tous les passages qu’ils utilisent puis les capturer pour les déplacer et boucher tous les passages qu’ils ont utilisé.