Piles ou accus pour les photographes ?

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En lisant un article de blog, je me suis rendu compte que certains photographes utilisent des piles à usage unique pour le fonctionnement de leur matériel notamment de leur flash. Pourtant, les piles rechargeables ou accus se révèlent plus économiques et plus écologiques.

Tous les photographes utilisent des jeux de piles LR6 ou AA pour le flash cobra ou pour divers accessoires. Une très large majorité des photographes privilégie des piles rechargeables. Cependant, certains photographes préfèrent, pour des raisons parfois obscures, utiliser des piles polluantes, des piles à usage unique.

Certains photographes pensent que les piles à usage unique sont plus performantes. Mais ils semblent oublier le cout de ce genre de pile. Surtout il existe des solutions permettant un fonctionnement optimisé des appareils les plus gourmands tels que les flashs en utilisant des accus.

Accus pour photographe
Accus pour photographe

Voltage et énergie disponible pour les Piles les Accus

Piles non rechargeables Piles rechargeables ou accus
Voltage disponible1.51.2
Capacité en mAhJusqu’à 3000Jusqu’à 2800
Nombre de recharges 0Supérieur à 1000

Les piles à usage unique comme les accus offrent aux utilisateurs un voltage et une certaine capacité. Si le matériel électronique est prévu pour fonctionner avec des piles ou des accus, il apparaît presque inutile de s’attarder trop longtemps sur le voltage disponible. Reste la question de la durée de vie ou capacité des différents modèles de piles. Pour certains photographes l’énergie disponible des piles à usage unique justifie leur utilisation. L’énergie disponible d’une pile ou un accus est conditionné par la capacité disponible exprimée en mAh (milliampères/heure).

Au regard du tableau précédent on peut comprendre que certains photographes souhaitent privilégier les piles à usage unique. Cependant, si on trouve aisément la capacité des accus, pour les piles non rechargeables, cela est presque impossible. Le plus souvent pour les piles à usage unique il faut décrypter les codes commerciaux utilisés par les marques.

S’il est légitime d’avoir peur de manquer d’énergie, c’est un problème qui se contourne facilement un utilisant plusieurs jeux de piles rechargeables. Voir comme je le conseille plus bas d’utiliser un bloc d’alimentation externe.

Certains reprochent aux accus de se décharger même lorsqu’ils ne sont pas utilisés. Cette affirmation, parfaitement juste, n’interdit pas de recharger des accus stockés trop longtemps. Cela demande de faire l’effort de préparer son matériel, de l’entretenir et de le vérifier. Certaines marques comme Eneloop communique sur la décharge de ses accus. Elle indique qu’ils gardent plus de 70% d’énergie même après 10 ans sans recharge.

Des accus peuvent être rechargés à de très nombreuses reprises. On parle dans ce cas de cycle de recharge. Pour les accus disponibles sur le marché on parle de 1000 à 2000 cycles de rechargement.

Piles VS Accus, le cout économique :

Prenons pour exemple qu’il est nécessaire à un photographe 2 jeux de 4 piles ou accus de type LR6 (AA) dans son sac et qu’il les utilise régulièrement, au minimum tous les 15 jours.

Piles non rechargeablesPiles rechargeables ou accus
Cout des piles à l’unité5 €15 €
Cout du chargeur/20 €
Total à l’achat10 € à multiplier par le nombre d’utilisations50 € pour plusieurs utilisations

A l’achat, il est indéniable que les piles ont un net avantage, elles coutent 3 fois moins cher que les accus. De plus pour des batteries il faut prévoir un chargeur ce qui augmente la note.

Mais pour un photographe qui utilise son flash régulièrement il apparait rapidement plus rentable d’avoir des batteries et un chargeur.

Cout des piles vs le cout des batteries
Cout des piles vs le cout des batteries, à la cinquième utilisation l’investissement des accus est rentabilisé.

Avec le schéma ci-dessus il apparait qu’à la cinquième utilisation l’option piles rechargeables est égal à l’option piles non rechargeables. Au 6ᵉ jour, le cout des piles rechargeables devient indiscutablement moins élevé que celui des piles non rechargeables.

Ajout 2021 : L’écart entre les piles à usages unique et les piles rechargeables semble se creuser. De même le prix des chargeurs semblent avoir augmenté depuis la rédaction de cet article. Cela ne fait que repousser de quelques utilisations le moment où les accus deviennent plus avantageux.

Piles VS Accus, le cout écologique :

En 2008 le rapport du Fonds Mondial pour la Nature (WWF)planète vivante” fait apparaitre qu’en 2030 il faudra aux homme l’équivalent de 2 fois la Terre pour répondre aux besoins humains. Afin de réduire ce besoin, il faut changer nos mode de consommation pour ne pas surexploiter la Terre et dépasser sa capacité de régénération. Cela va avec la lutte contre l’obsolescence programmée et la réduction ou la substitution des produit à usage unique dont font partie les piles non rechargeables. Il est donc recommandé de les remplacer par des piles rechargeables.

Mais aujourd’hui encore, 95% des piles vendues sont des piles à usage unique malgré un cout à l’usage plus élevé.

Les piles pour les photographes
Les piles pour les photographes, elles se révèlent couteuses et polluantes.

Les avantages écologiques des piles rechargeables

En 2007 une étude commandée par Uniross leader européen de la fabrication de batteries confirmé par l’Institut Fraunhofer montre que les piles rechargeables ont :

  • 23 fois moins d’impact potentiel sur les ressources naturelles non renouvelables,
  • 28 fois moins d’impact potentiel sur le réchauffement climatique,
  • 30 fois moins d’impact potentiel sur la pollution de l’air (pollution à l’ozone),
  • 9 fois moins d’impact potentiel sur l’acidification de l’air,
  • 12 fois moins d’impact potentiel sur la pollution de l’eau.

Il existe 2 types de piles rechargeables :

  • Les NiCd (nickel cadmium) sont plus toxiques pour l’environnement, elles contiennent beaucoup de cadmium, elles ont une moins longue autonomie, durée de vie moins importante et elles se rechargent progressivement de plus en plus mal.
  • Les NiMH (Nickel Métal Hydrure) sont les piles rechargeables à privilégier, elles ne présentent pas les inconvénients des NiCd.

Quelles piles rechargeables pour la photographie ?

Sur le marché aujourd’hui à côté des piles classiques on trouve des piles rechargeables. Cependant, un petit piège se cache parmi les rayons des vendeurs : les capacités. Chaque marque propose des batteries avec des capacités différentes pour des usages différents. Si vous ne souhaitez pas changer les piles au cours de votre séance photo trop souvent il faut privilégier des piles ayant au minimum 2500 mAH.

Le flash est un grand consommateur d’énergie et il faut bien le nourrir. De solides accus permettent de recharger le flash plus rapidement. C’est un gain de temps lors des séances photos. C’est aussi la garantie pour le photographe de pouvoir déclencher en rafales.

Certaines marques tirent leur épingles du jeu dans la jungle des piles rechargeables, les piles Eneloop ont une bonne réputation. En plus de disposer d’une capacité suffisante, elles ont une faible autodécharge dans le temps.

Avec ce genre de batteries, j’arrive à faire entre 150 et 300 photos parfois plus selon les paramètres de mon flash.

Accus, le choix du chargeur et autres accessoires :

Un chargeur pour les accus du photographe

En photo, le chargeur est comme le trépied, un investissement sur le long terme. Il doit prendre soin de vos accus, mais aussi pouvoir se montrer rapide quand il y a urgence.

Personnellement j’ai fait le choix couteux d’un chargeur avec 2 modes de charge. Le mode lent préserve les batteries et le mode rapide permet de recharger les jeux de piles en un temps record. Il dispose même d’un mode recyclage qui m’a permis de donner un second souffle à des piles en fin de vie.

Pour éviter qu’une pile reçoive plus (ou moins) d’énergie que nécessaire, le chargeur s’occupe de chaque pile individuellement.

Piles sur chargeur et boites de rangements
Piles sur chargeur et boites de rangements

Le bloc d’alimentation externe pour assurer le fonctionnement des flash cobra

À moyen terme, j’envisage l’achat pour le flash d’un bloc d’alimentation externe afin de réduire le temps de chargement. Le prix du canon dépasse largement 200 € il existe des sous marques bien moins couteuses. Ce genre de boitier apporte l’énergie nécessaire à un recyclage rapide du flash.

Des boites de rangements pour stocker les piles

Afin d’assurer le stockage de mes piles dans de bonnes conditions, d’éviter qu’elles se promènent où se mélangent dans mon sac je les place dans des boites de stockage. Ces boites généralement transparentes accompagnent certains lots d’accus.

Suivant le sens des piles dans la boite cela signifie qu’elles sont chargée ou au contraire qu’elles ont été utilisées. Un simple coup de feutre permet de savoir dans quel sens placer les piles. Parfois dans l’urgence les piles utilisées sont simplement placées en vrac dans le sac.

Chaque pile que j’utilise dispose d’un code couleur. Cela me permet d’éviter de mélanger 2 générations différentes ou des piles qui n’ont pas le même usage. Ainsi je ne mélange pas les piles des flashs et les piles destinées aux émetteur et récepteurs, plus anciennes.

Les piles rechargeable incontestablement devant :

Privilégier les accus sur les piles n’est pas qu’un geste économique, il y a aussi un intérêt écologique. Les capacités des piles rechargeables ont bien évolué. Même si on les garde moins que les 1000 voir 2000 utilisations annoncées les fabricants nous seront quand même gagnant sur les 2 tableaux.

De mon côté les batteries sont automatiquement réutilisées pour des appareils moins énergivores. Généralement suivant les photos que je réalise il me faut 2 à 3 ans pour que les piles rechargeables montrent des signes de faiblesses. Et quand les piles de toutes sortes sont complètement inutilisables je les recycle, nous avons à la maison un pot à piles usagée que nous vidons de moins en moins souvent, preuves que les batteries ont pris le dessus à la maison.

Et toi tu es piles ou accus ? Dis-le dans les commentaires ci-dessous …

29 COMMENTAIRES

  1. totalement d’accord avec toi et POUR les accus.
    évidemment ça demande une petite organisation dans la gestions des piles et de leur recharge, mais au final c’est tellement mieux…
    Pour les photos au boulot (2 bridges Nikon qui utilise chacun 4 piles/accus AA) je n’utilise que ca depuis le début et heureusement. J’ai 3 jeu d’accus GP que j’affecte en fonction des besoins des utilisateurs. Elles durent depuis 3 ans sans problème…

    • @ary
      Lors de mes retours je charge toujours les batteries de l’appareil alors y associer les piles ne complique pas beaucoup la chose.
      Les appareils tirent moins sur les piles que les flash. Elles tiennent donc mieux dans un boitier que dans un flash et leur espérance de vie est différente selon l’usage.

  2. Rechargeable pour toutes les raisons énoncé dans l’article.
    Même pour les jouers du gosse qui on besoins de pile c’est de l’accus.
    J’ai toujours toute fois un jeux de pile traditionnel dans mon sac photo au cas où je tombe en panne d’accus sur le terrain, c’est déjà arrivé et ça dépanne bien.

    • @shoube
      Je n’ai pas de piles non-rechargeables car on en trouve partout, même dans des bureaux de tabac… Mais en cas de grosse urgence ça peut toujours aider.

  3. Je suis aussi sous accus pour toutes les bonnes raisons énoncés et cela fait plus de 20 ans maintenant c’est très rare quand j’achète des piles.

    Au fil du temps les capacités ont évolués et franchement recharger un accu n’est pas plus long que charger son téléphone, sa batterie APN. Je charge les miennes la nuit et en plus je profites du tarif nuit EDF 😉

    Donc accus accus accus 😀

    • @Sartarius
      Tout le monde n’a pas le tarif de nuit mais c’est aussi comme cela que je procède.
      Il y a 20 ans les accus avait un autre cout et une durée de vie les rendant moins intéressante pour ce genre d’usage.
      Mais depuis peu on constate une très nette amélioration des performances et des couts

  4. Bonne idée c’est vrai que j’ai du mal à faire la transition. Mais c’est dommage de devoir jeter 4 piles à chaque soirée au flash..
    Les problèmes que l’on pouvait rencontrer avant avec les piles rechargeables, genre, si elles restent au fond du sac pendant 2 mois, est ce que ça s’ est arrangé ?
    Ensuite, jusqu’à combien faut-il mettre pour ne pas être déçu ?
    Bon, promesse à moi même, j’y regarde attentivement cette semaine 🙂

    • @Thomas
      Cela s’améliore mais je dois avouer que j’utilise mes piles trop souvent pour tester la decharche.
      Pour le prix il faut compter 15€ le jeu de 4, j’en prévois 2 (récents et prends parfois les anciens au cas ou)
      Pour le chargeur il vaut mieux mettre le prix pour éviter de cramer un jeu. Le dernier m’a couté 50€

  5. Batteries rechargeables ! D’autant plus précieux quand tu oublies sur “On” et que tu gâches un jeu de piles neuves..
    J’ai acheté des Ansmann, qui comment les Enloop garantissent un taux de charge à 90% même après 1 an !

  6. Bonjour à tous, je vais rebondir sur cet article pour faire part de mon choix d’appareil photo. Je suis un amateur dans la photographie, mais j’ai fait le choix d’acheter un appareil photo Sony numérique (type bridge) à pile et non à batterie. Je sais qu’il n’y a pas d’appareils photos semi ou professionnel utilisables avec des piles et c’est bien dommage. Il y a de nombreux avantages à utiliser des piles, pour ma part ce sont des piles rechargeables en 2500 mAH. En cas de problème, vous pouvez trouver des piles partout dans le monde, elles ne sont pas chères et on peut en avoir plusieurs jeux.
    Voilà le choix d’un photographe amateur.

    • @NONAME
      Comme l’explique Thomas on peut utiliser des piles dans les réflexes mais elle tiennent bien moins longtemps que nos batteries.
      C’est donc à étudier, c’est vrai que pour un compact le choix peut être cornélien mais il doit pas se limiter entre piles ou batterie ?

    • C’est vrai qu’on ne peut pas faire son choix que sur piles ou batteries.
      Mais pour la petite histoire, vous avez déjà dû avoir cette expérience du froid, voir du grand froid (mini -17°). Quand on sort son appareil photo, il se refroidi vite et les batteries ou piles ne supportent pas bien ces températures, on voit sa capacité vite réduite. C’est pourquoi je mets souvent mes piles contre moi, et j’en ai plusieurs jeux, voir de temps en temps, je m’en fait prêter par les gens de auberges dans lesquels je séjourne.
      Et vous, avez-vous rencontrer ce genre de problème de grand froid ?

    • @NONAME
      Le problème est sensiblement le même avec les batteries même si j’ai l’impression qu’elles supportent mieux le froid.
      Au ski par exemple, je jongle avec 2 batteries, une dans le manteau et l’autre dans le boitier.
      L’autonomie de mes batteries me permet de faire un grand nombre de photos que je n’atteins que rarement, meme par grand froid

    • Perso, au ski par -20°C .. Pas eu de soucis. Pourtant les batteries n’étaient pas contre moi, mais dans l’appareil, dans une sacoche photo, qui était dans un sac à dos 😉
      C’est chiant à déballer, mais je n’étais trouvé que ça pour protéger mon appareil de.. mon inaptitude au ski 😀 !!

    • @Thomas
      Au ski quand on tombe sur le dos, on risque de se déplacer une vertèbre avec le matos.
      On risque aussi de casser la monture entre l’optique et le boitier.

    • Oui je pense bien. Mais quelles sont les autres solutions ?

      Aussi, quand tout est dans le sac, le boitier n’est pas sur l’objectif 😉

      J’ai pensé à des sac à dos de moto.. mais je ne sais pas si ça irait bien.

    • @Thomas
      Quoi qu’il arrive je recommande la dorsale pour le ski meme sans le boitier photo.
      Le moins pire que j’ai tester c’est le boitier dans la main mais en cas de chute il mange la neige … donc j’adapte mes sorties photos en ski à mon niveau et ma condition physique pour réduire un peu plus les risques

    • @François
      Il faut définir “bel appareil” et ‘tient en batterie”
      Sur mon 40D avec 2 batteries je peut faire un mois comme une journée … cela dépend de l’utilisation 😉 et de la stabilisation optique.

  7. Personnellement quand je pars en reportage photo j’ai mon D200 et pour le studio je pars sur le D300.
    Pour ces deux appareils j’ai la chance d’utiliser les mêmes batteries. Il suffit tout simplement pour ma part de tourner avec 3 batteries, 2 chargeurs qui ont été fournis avec les boitiers, et personnellement dans cette configuration je ne vois pas l’intérêt des piles ou accus pour les boitiers. Après il est vrai que pour les flash que je n’utilise qu’en intérieur, au studio ils prennent la forme de projecteurs branchés sur secteur et en extérieur ce n’est que la nuit donc 2 jeux d’accus bien chargés avant de partir c’est top !! cela dit vous trouvez aujourd’hui des chargeurs de voiture notamment chez D******l qui vous chargent tout ça en 15 minutes!! Donc à mes yeux le temps de chargement n’est plus un problème non plus dans ce cas.

    • @Laure
      Il y a des boitiers (compact entres autres) qui ne fonctionnent que sur piles…
      Le temps de chargement reduit brule les accus et à force d’utiliser des charges rapides les accus deviennent inutilisables

    • @Pyrros en effet c’est en parlant de ça tout à l’heure avec un collègue que ce dernier m’a également confirmé que les chargeurs rapides grillait plus rapidement les accus. cela dit ce dernier m’a indiqué qu’en prenant un chargeur rapide et des accus de même marque, il était souvent possible de pouvoir se retourner sur le service SAV de la marque si les accus ne pouvaient pas se charger autant de fois qu’indiquent les mentions marketing sur l’emballage.
      Bon quoiqu’il en soit je me coucherait moins bête ce soir 😉

    • @laure
      les fabricants sont ils suffisamment stupides pour prendre ce genre de risques ?
      Bien sur que non il y auara toujours des clauses pour que cela ne fonctionne pas.

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