Comment photographier les orages ?

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Depuis  la diffusion de mes photos des orages qui ont frappé Toulouse fin juin 2012, j’ai reçu de nombreux messages afin de connaitre la technique pour photographier les orages. La technique pour réussir à photographier les orages n’est pas très compliquée et peut se rapprocher de celle pour réaliser des photos de feux d’artifice.

Pour peu que la technique soit bonne, les photos d’orage sont toujours impressionnantes, envoutantes voir hypnotisantes. Les photos d’éclairs ne laissent personne indifférent et vos photos pourront suggérer la peur, la force ou attiser la curiosité.

Orage à Toulouse, dans la nuit du 27 au 28 juin 2012 plusieurs cellules orageuses contournent Toulouse.
Orage à Toulouse, dans la nuit du 27 au 28 juin 2012 plusieurs cellules orageuses contournent Toulouse.

Avant de partir courir les orages, le photographe ou l’observateur devra se poser une question essentielle : « Suis je en état de garder la tête froide ? » Fatigué, dans un état second suite à la prise de médicaments, drogue ou alcool, il faudra passer votre chemin pour ne  prendre aucun risque. L’observation et la photographie d’orage est une activité à risque pouvant entrainer la mort, cette activité comme toutes les activités à risques demande énormément de concentration et de réactivité, il est donc primordial de ne partir à la chasse à l’orage que lorsque on est en pleine possession de ses moyens intellectuels et physiques.

La chasse à l’orage est une activité à risques pouvant entrainer la mort
Ne prenez pas de risques inutiles et privilégiez votre sécurité à la prise de photos

Le matériel pour photographier les orages :

  • Un appareil photo permettant de régler la vitesse, l’ouverture et la sensibilité ISO. Un reflex sera le plus adapté, mais il est possible de faire ce genre de photos avec un bridge ou compact dont on peut régler la vitesse d’obturation. Le choix du numérique se révélera plus économique mais il est possible de tenter l’expérience avec un appareil argentique.
  • L’objectif pour le reflex doit être choisi en fonction du type de photos envisagées. Le grand angle permet de maximiser le taux de réussite. Un téléobjectif peut aider à capter la foudre lorsque l’orage est encore loin.
  • Un trépied stable ou un support qui puisse remplacer le trépied lors des poses longues.

Certains chasseurs d’orage utilisent 2 boitiers avec 2 objectifs pour multiplier les angles de prise de vue.

Il peut aussi être utile de prévoir :

  • Une télécommande avec intervallomètre
  • Une protection pour la pluie
  • Une torche (lampe frontale)
  • Une cellule de déclenchement, sorte de télécommande qui capte les variations de lumière et est plus rapide qu’un éclair pour déclencher.

Avant l’orage le repérage du terrain :

Bien plus proche de ma position, cet impact frappera le sol à un peu plus de 30 km.
Bien plus proche de ma position, cet impact frappera le sol à un peu plus de 30 km.

Lors de balades, sorties et déplacements je repère les lieux propices pour photographier les orages. Je note ces repérages soigneusement afin de pouvoir les réutiliser lorsqu’un orage s’annonce.

Je privilégie les accès simples et rapides généralement en hauteur et pouvant comporter un premier plan.

Je ne photographie pas les orages depuis mon balcon ou mes fenêtres, la vue n’étant pas superbe et comportant de nombreux éléments venant parasiter ou obstruer le paysage. Mais il est possible de réaliser des photos depuis une maison ou un immeuble si le photographe juge que l’environnement est intéressant pour ses photos.

Un arbre isolé ou un bâtiment remarquable sont propices à la réalisation de photos d’orage, ils serviront de premier plan à vos clichés.

En fonction des situations,  je me déplace à pied en ville, il est toujours possible de trouver un espace abrité mais lorsque les habitations se font plus rares ou que les possibilités de se protéger sont moins nombreuses, il faut prévoir la voiture qui servira de refuge.

Certains chasseurs d’orages réalisent leurs photos en restant dans leur voiture mais cela peut parfois poser problème pour pouvoir bouger facilement dans le véhicule. De plus la conduite lors d’un orage est plus délicate, il faut donc se montrer particulièrement prudent. La chasse à l’orage à 2 est alors fortement recommandée, le second ayant un rôle de « copilote » gardant un œil sur l’orage et l’autre sur la route.

Les orages s’accompagnant souvent de précipitations, il ne faut pas stationner dans les zones inondables et même prévoir de les éviter.

Prévoir l’orage pour le photographier

J’ai divisé en 3 étapes ma prévision des orages.

  • La première étape est une phase d’alerte, pour cela j’utilise les bulletins météo classiques via la Télévision et les informations disponibles sur internet, d’autres utilisent les informations qui sont disponibles sur leur smartphone. Ils donnent une tendance sur la météo mais cela demande à être affiné pour ne pas arriver ou trop tard et surtout pour se positionner de la meilleure des manières.
  • La deuxième étape ou phase d’affinage des prévisions orageuses consiste à affiner les annonce des grandes chaines et de tous les bulletins météo trop généralistes. J’utilise pour cela les information de Keraunos et notamment les modèles 7km et 1km. De nombreuses pages Facebook donnent des prévisions très justes sur le risque orageux ce qui permet de vérifier mes prévisions.
  • La troisième étape est l’ajustement suivant l’orage, alors que la cellule orageuse est s’approche de ma position je surveille sur mon smartphone via l’application Blitzortung Lightning Monitor l’évolution de l’orage et notamment ou tombent les impacts de foudre. J’utilise en parallèle l’application de Météo60 afin de suivre l’évolution des précipitations. Cela me permet de mieux me placer suivant l’évolution de l’orage et suivant les spots sur lesquels je me trouve.

Pendant l’orage, la technique pour photographier la nuit :

Orage a Toulouse, dans la nuit du 27 au 28 juin 2012 plusieurs cellules orageuses contournent Toulouse.
Photographier les orages de nuit, le long temps de pose permet de capturer plusieurs impacts de foudre

Contrairement à un feu d’artifice, il est impossible de prévoir longtemps à l’avance l’arrivée d’un orage. Il faut donc être toujours prêt à partir à la chasse à l’orage. Les prévisions météorologiques permettent d’anticiper les orages mais il est nécessaire de suivre l’activité orageuse régulièrement : de nombreux sites mettent à disposition des cartes et des analyses. L’observation des nuages est aussi un bon indicateur, lorsque les cumulonimbus (imposants nuages moutonneux) forment des enclumes dans le ciel,  il faut envisager de se préparer.

Lorsqu’un orage est annoncé,  il faut se rendre sur la zone que l’on a prévue et repérée. Le photographe doit observer le ciel pour détecter les évolutions qui peuvent obliger à se déplacer pour choisir un point de vue différent ou simplement se mettre à l’abri.

Lorsque l’orage est repéré il faut installer son trépied, son appareil photo et le régler en conséquence. Même si je dis souvent qu’il n’existe pas de recette tout prête pour faire des photos, on peut quand même recommander d’utiliser une sensibilité la plus faible possible (100 iso), une ouverture moyenne (F8 ou F9) et une vitesse lente qui dépend de la luminosité et du rendu espéré par le photographe.

Plus la vitesse sera lente plus il sera possible d’obtenir des clichés avec des éclairs multiples. L’exposition manuelle est préférable pour ne pas laisser la cellule d’exposition se faire piéger par les brusques variations de luminosité.

Comment photographier les orages, les résultats sont parfois aléatoires
Comment photographier les orages, les résultats sont parfois aléatoires

Ensuite, il faut viser la zone où se regroupent les impacts en cadrant toujours un peu large afin d’augmenter ses chances de réussite. Il faut déclencher manuellement ou via une télécommande pour une longue pose et espérer que durant ce temps de pose, un éclair viendra s’imprimer sur son capteur ou sa pellicule. La durée d’un éclair étant particulièrement faible, il est utopique de vouloir déclencher au moment où l’on voit l’éclair se former. C’est pour cela qu’il est recommandé de déclencher à l’aveugle, c’est à dire avant un éclair probable. Certains orages sont cadencés, c’est à dire que les éclairs apparaissent avec un certains laps de temps entre chacun,  il devient ainsi plus facile de déclencher au bon moment.

Le taux de « photos ratées » ou sans foudre est important, cela ne doit pas démotiver le photographe.

A chaque fois qu’un éclair est capturé, il faut prendre le temps d’observer le résultat pour ajuster si besoin ses réglages. Régulièrement le cadrage doit être réajusté, l’orage n’étant que très rarement statique.

Avec une télécommande, on réduit le risque de  » flou de bougé », lorsque celle ci est équipée d’un intervallomètre, il devient possible « d’automatiser » la prise de vue.

Comment photographier les orages, la balance de blanc
Comment photographier les orages, la balance de blanc

Personnellement, j’expose ma photo comme une photo de paysage nocturne pour obtenir un premier plan avec un peu de lumière, l’éclair n’apportant pas beaucoup de lumière supplémentaire, il devient ainsi possible d’avoir des photos à la composition dynamique restituant l’orage dans son environnement.

Pour la balance de blanc, je préfère garder les couleurs naturelles, mais en appliquant une balance de blanc différente, on obtient des nuances de couleurs différentes. De même, il est possible d’utiliser des filtres de couleur pour colorer les éclairs. Ce sont des choix qui appartiennent au photographe.

Tous les déclenchements ne permettent pas de capter la foudre, mais aujourd’hui avec le numérique le coût de la photo « inutile » est quasi-nul.

La vitesse d’obturation va influencer l’ambiance de la photo notamment en zone urbaine

L’ouverture va avoir un influence sur la capture de l’éclair trop fermé on risque de perdre certaines ramifications, trop ouvert on risque de cramer la photo.

Photographier les orages quand il fait jour :

Comment photographier l'orage de jour
Comment photographier l’orage de jour. (photo réalisée en 2009)

Le jour, il est possible de photographier les orages mais les photos ont souvent un rendu moins spectaculaire. On distingue 3 techniques :

  • La prise de vue en rafale avec une vitesse d’obturation devant être la plus lente possible. (cela use le matériel)
  • La technique du filtre gris qui diminue la luminosité et permet des expositions plus longues. Toutefois il sera difficile de capturer les ramifications de la foudre par cette technique.
  • Un déclencheur électronique qui détecte les variations de lumière. Cette solution demande du matériel spécifique et la réussite des photos va dépendre du temps de réaction de votre boitier.

Photographier l’orage avec une cellule de déclenchement

Photographier l'orage de jour avec une cellule de déclenchement
Orage diurne à Toulouse sous le ciel en feu

La dernière solution, celle utilisant une cellule de déclenchement est la plus pratique et la plus adaptée pour photographier un orage diurne, elle permet de ne pas user inutilement son matériel en utilisant des rafales nombreuse. Une cellule de déclenchement coute aux alentour de 130€. Il existent de nombreuses références dans ce domaine mais toutes ont le même mode de fonctionnement.

En simplifiant, un impact de foudre se décompose en 2 frappes, une première frappe est détectée par la cellule de déclenchement qui ordonne au boitier de déclencher avant que n’ai lieu la frappe principale, la plus puissante des 2. C’est cette seconde frappe qui est photographier et qui imprime la surface sensible de l’appareil.

Pour fonctionner correctement il faut que l’appareil photo dispose d’un lag time (temps de réaction) le plus faible possible, les 2 frappes qui forme un éclair se déroulant dans un laps de temps très court (inférieur à 1seconde)

En utilisant une cellule de déclenchement photographier l’orage devient plus facile de jour et permet de faire apparaitre plus facilement les ramifications d’un impact. 

Après l’orage rangement du matériel et post-traitement:

Comment photographier un orage, le post-traitement permet d'ajuster l'exposition de l'éclair
Comment photographier un orage, le post-traitement permet d’ajuster l’exposition de l’éclair et densifier le ciel

Après avoir pris soin de vous, il faut s’occuper du matériel particulièrement si la pluie s’est invitée lors de votre séance photo. Le matériel électronique ne supporte pas très bien l’humidité, il est donc indispensable de faire sécher votre matériel. Je dispose dans le sac des sachets de gel de silicate qui absorbent l’humidité, une fois à la maison je sors les batteries et je pose le boitier et son objectif sur le trépied.

Ensuite je recharge les batteries et vide la carte mémoire sur le PC afin d’être prêt à repartir.

Il faut alors faire le tri des photos. Je ne garde que les photos qui portent traces de la foudre, les autres peuvent partir à la poubelle sauf si elle montre la cellule orageuse. Je recadre de nombreux clichés afin d’obtenir une composition harmonieuse. Les règles de composition sont plutôt classiques et reprennent les habituelles règles des tiers et lignes de force.

Dans la mesure du possible il faut utiliser le format RAW qui permet plus de latitude lors des retouches, il est alors possible de « récupérer » des photos sur-exposées ou sous-exposées

Ensuite je suis mon flux de production habituel : Organiser son flux de production avec lightroom en 6 étapes.

Comment photographier l'orage, planche des photos que je garde.
Comment photographier l’orage, planche des photos que je garde.

Pour aller plus loin il existe de nombreux sites et groupes sur les réseaux sociaux qui abordent la chasse à l’orage le plus célèbre reste : Chasseurs d’orages. Pour suivre la météo,  je surveille les sites Infoclimat et Keraunos qui proposent aussi des sélections de photos de phénomènes météorologiques. De nombreux groupes de chasseurs d’orages sur FB proposent des prévisions métrologiques et surveillent les orages, leur formation et leurs effets.


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Photographe depuis son plus jeune age, Loïc est l'administrateur, rédacteur et photographe du site. Il exerce principalement son regard sur Toulouse et sa région. Loïc photographie régulièrement le sport ou les feux d'artifice.

38 COMMENTAIRES

  1. Bonjour Loic

    Tres bon boulot, excellent travail sur tes photos d’orages
    J’ai regardé ton bloc  » Orages a Toulouse 27 au 28 juin 2012″ et figures toi que nous avons presque la même photo d’un éclair.!!
    Nous avons déclenchés peut être au même moment..
    La photo en question, est la photo 11 sur ton blog cité ci dessus, et tu trouveras ma photo sur le lien FB ci dessous
    https://www.facebook.com/photo.php?fbid=3635023308986&set=a.3635022788973.2148506.1076306362&type=1&theater

    En tout cas, encore Bravo pour tes clichés et ton boulot

  2. Voilà un bel article : Comment photographier les orages !
    Après une belle série de photos… d’orages !

    Merci de partager ton savoir-faire dans ce domaine. Je suis adepte des photos de paysage, d’architecture, un peu de spectacle, mais je me suis vite découragé sur des photos de feux d’artifice ou d’orage.

    Voilà quelques astuces qui me redonneront certainement envie de réessayer, pourvu qu’il y aie des orages cet été…

    Aymeric

  3. Ah, pardon j’oubliais : merci pour le site d’info météo ; je ne le connaissais pas.
    Pour ma part, je n’ose pas me prendre des abos payants sur les sites spécialisés (le besoin est quand même faible), mais j’ai trouvé une mine d’informations et de news sur le site « keraunos » :
    (y a aussi la prévision moyen terme)

    • @Seb F.

      Les bonnes sources sont nécessaire pour pouvoir se préparer et bien se placer.
      Perso je trouve mes sources gratuites très bonnes alors je continue …

      J’ai découvert ton lien début de juin je vais voir ce qu’il donne à l’usage 😉

  4. Très bon Tuto! je te rejoins parfaitement quand tu dis qu’un grand nombres de photos sont inutilisables, et qu’il ne faut pas ce décourager! c’est 100% vrais! je mettrais un point d’honneur à la préparation! pour moi c’est ce qu’il y a de plus important!tant Pour savoir ou aller quand un orages approche, ainsi et surtout pour la sécurité! Serait il possible de se rencontrer! je photographie moi aussi les orages, et je viens d’arriver dans le Tarn et Garonne à seulement 10 min de la haute-Garonne. J’ai déjà trouvé quelques spots assez sympa! si tu veux je t’envoie quelques clichés de foudre ainsi que les spots que j’ai trouvé! ils se trouvent tous au Nord de Toulouse! 🙂

    Mathieu…

  5. Depuis un certain temps des chasseur utilise une cellule de declenchement relier a une telecomande la cellule declenche l’appareil une foi que l’eclair et detecter par la cellule
    bien sur elle detecte avant l’impactou intras
    Rendu bien pas d’echec

    • @Teddy
      alors cette vigilance orange, ça a donné quoi ?
      Moi j’ai eu une grosse alerte mardi soir mais rien, tout juste des intra-nuageux trop éloignés pour faire des photos.

    • Pareil, rien du tout !

      Quelques éclairs que je n’arrivais pas à voir directement (je voyais le ciel s’illuminer de temps en temps), un peu de pluie et c’est tout. Même si l’angle de vue de mon balcon est assez réduit, j’en vois beaucoup plus d’habitude ; l’orage est passé trop loin.

      Ça sera pour une prochaine fois ! J’ai pu me familiariser avec les réglages pose longue au moins. Je reviendrai commenter cet article quand j’aurai capturé mon premier éclair !

  6. hello,

    Merci pour cette article documentaire qui va pouvoir me servir lors de l’arrivée de mon détecteur d’orage, qui ne devrait plus tarder maintenant !!

    j’avais déjà réalisé quelques prises en pose longue, mais je sens (au vu des différente lecture sur le net) qu’avec ce nouveau matériel, mes séries risques d’être bien plus fructueuses ! enfin si les orages sont présents !! lol.

    • @roncalli
      C’est exact un déclencheur permet de réussir des photos dans des situations où il est difficile de les réussir.

      L’an dernier les orages ont été rares mais il ne faut pas désespérer pour 2016 les premiers orages ont deja éclaté 😉

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