Interview William Wartel un tout jeune photographe

J'ai posé quelques questions à William quelques heures seulement avant le début de son exposition.

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Je m’appelle William Wartel, j’ai 17 ans. Je suis née à Toulouse, j’habite actuellement près de Carcassonne. J’ai arrêté les études à 15 ans, pour me consacrer à la photographie.

J’aime beaucoup la photo documentaire auprès de l’être humain. J’ai travaillé avec les sans abris pendant 3 ans, sur les migrants et les enfants à la rue.

Je suis aussi au GRAPH Centre Méditerranéen de l’image à Carcassonne où je suis des ateliers chaque semaine. Je compte faire le Diplôme Universitaire (DU) de photojournalisme et écriture transmédia dans quelques années.

Auto portrait William Wartel

Comment as-tu commencé la photo ?

J’ai eu des soucis avec d’autres élèves au collège, je me suis fait frapper, /span>. Je n’avais plus de vie sociale, tout le monde m’a laissé tomber. Alors seule la photographie a pu m’aider, j’avais un tout petit appareil et je faisais souvent des photos de la nature.

Puis j’ai dû reprendre l’école, j’ai décidé d’arrêter à la fin de la 3ème. Je me suis lancé dans la photographie juste après. J’ai voulu partir à la rencontre des gens, apprendre à les aimer et connaître leur vie. Je voulais découvrir la vie, pas celle qu’on m’a enseigné.

Comment as-tu appris la photographie ?

J’ai appris la photo tout seul, ou souvent sur le terrain. Je demande à d’autres photographes directement. J’apprend beaucoup directement sur mon propre appareil et j’observe les autres faire.

Quel est ton approche actuelle de la photo ?

Je ne l’approche pas, je la vie chaque jour.

Mon but est de devenir photoreporter, de voyager le plus possible et d’aller là où l’on ne me veut pas. Je voudrais aussi vendre mes images dans des agences. J’aimerais en vivre même si cela sera difficile au début. Pour moi aujourd’hui la photo est une manière d’exprimer ma façon de voir le monde, de prendre le moment présent et de le faire partager aux gens, faire ressentir ce que j’ai vu à travers ma photo.

(Photo 1 : William Wartel)

Quelles sont tes sources d’inspirations ?

Mes sources d’inspiration ? Ma première c’est mon cœur, la deuxième c’est l’être humain.

Après j’aime beaucoup le boulot de certains photographes, j’aime énormément Corentin Fohlen, Ulrich Lebeuf, Louis Witter et plein d’autres.

Aujourd’hui as-tu envie de découvrir d’autres domaines liés à la photographie ? Qu’est ce qui t’empêche d’essayer ?

J’aimerais apprendre à mieux rédiger des articles, ou mes légendes pour les photos. Je m’y essaie déjà mais j’aimerais vraiment m’améliorer dans l’écriture documentaire. Mais comme je l’ai énoncé au début, j’ai arrêté l’école, c’est du coup assez difficile pour moi. Je savais que j’allais regretter d’avoir quitté le système scolaire, mais je me débrouille et je continue, je prends exemple, je demande conseil aussi.

Comment définis tu ton statut et pourquoi ?

Je pense déjà avoir le statut de photographe, j’aimerais dire « photo-reporter » ou bien « photojournaliste » mais pour moi, je suis encore jeune et je découvre chaque jours le métier. Quand j’aurais des publications dans la presse et un peu voyagé je pourrais peut-être me donner ce statut. Pour tout vous dire, je ne sais pas à quel moment de ma vie je pourrai me dire photojournaliste, en vendant mes photos à la presse? en ayant accumulé les expériences ? J’ai peur de paraître prétentieux.

(Photo 2 : William Wartel)

Quel est ton matériel et pourquoi ?

Je travaille actuellement avec un Canon 5D Mark II avec comme objectif un Canon 24-105 f/4, un Canon 40mm 2.8 Pancake et un Canon 70-200 f/4.

J’aime bien le plein format, puis il m’est très utile pour filmer. Pour les objectifs, j’aime beaucoup les grands angles et les focales fixes.

Quel est ton « flux de production » ? De l’idée à la diffusion de la photo

Quand je prends des photos en reportage ou pour ma vie personnelle, je transfère tout sur mon disque dur. J’ai pas mal de dossiers où tout est répartie dans l’ordre. Pour mes reportages, j’ai un dossier pour chacun.

Je les transfère et je les retouche quand je dois en poster sur internet ou quand je dois m’en servir. Parfois quand j’ai du temps libre, je les retouches.

Où montres tu tes photos et pourquoi ces choix ?

J’ai déjà eu la chance d’en avoir dans la presse. Je poste régulièrement des photos sur les réseaux sociaux (William Wartel sur Facebook) pour annoncer de nouvelles séries ou projets.

Je trouve ça bien, je touche beaucoup plus de monde.

(Photo 3 : William Wartel)

Quels sont tes meilleurs et pires souvenirs photographiques ?

Je passe tout le temps des meilleurs moments, mais je me souviens particulièrement de la fois où j’ai passé du temps avec des enfants sur un campement de réfugiés, quand ils m’ont prit dans leurs bras à mon arrivée, j’ai ressenti beaucoup d’amour et d’énergie. Je ne l’oublierais jamais.

Mon pire moment ? Je n’ai pas de pire moment, sauf quand je suis dans des endroits dangereux où je reçois des menaces, des mauvais regards. En manifestation aussi, quand je me suis fait courser par des hommes de la BAC (Brigade Anti Criminalité) tout seul avec mon sac à dos (j’avais peur pour mon matériel)

Tu illustres cet interview avec plusieurs photos, pourquoi celles ci ? Raconte-nous leurs histoires

La première, celle de la famille bulgare avec leurs enfants, dont Borris, âgé de 1 an, c’est une photo de mon reportage actuel sur les enfants souffrants du mal logement.

La deuxième photo, celle de la petite fille dans la foule, c’est une photo dans un camp de réfugiés à Toulouse. Le soir on faisait l’appel pour voir s’il ne manquait personne et au milieu j’ai vu cette jeune fille.

Sur la troisième, « La dame qui rigole », c’est une mère de famille qui habite dans le squat. Elle vient du Maroc avec ses enfants et a fait une demande d’asile en France. Elle a fuit le Maroc car elle se faisait battre par son mari ,elle et ses enfants.

Sur la dernière j’ai photographié ce jeune homme qui regarde si cet appareil photo fonctionne, alors que sa mère que l’on voit rire sur la photo précédente, tombe de sommeil. Nous venions de manger un tagine après une journée passée ensemble. Nous avions beaucoup échangé lors de ce repas. Il m’ont beaucoup parler de leur vie et maintenant ils sont en France pour faire une demande d’asile car dans leur pays au Maroc, son père frapper sa mère.

As-tu un conseil pour les photographes qui lisent ce billet ?

Gardez toujours les yeux ouverts, n’oubliez pas d’être heureux.

(Photo 3 : William Wartel)
(Photo 4 : William Wartel)

Parles-nous de ton exposition ?

William Wartel Expose ses photos à Bram
William Wartel expose à Bram (11)

J’ai par le passé exposé mes photos dans le cadre du festival Futuring. J’ai fais une exposition pour Amnesty Internationale à la Fac de Droit de Montpellier, et quelques fois dans des bars ou des restaurants, notamment à Toulouse.

Cette exposition, « Regard sur la destinée » se passe à la Médiathèque de Bram (près de Carcassonne)

Le Vendredi 13 Janvier c’est le jour du vernissage. L’exposition restera 5 semaines, elle sera accessible aux visiteurs de la médiathèque.

Plusieurs série d’images seront proposées au public : migrants, enfants à la rue et SDF.

Les photos de William Wartel sont à découvrir à la Médiathèque de Bram (11) du 13 janvier au 17 février 2017, l’entrée est gratuite.

J’ai aussi la chance d’organiser avec l’équipe de la médiathèque et du Graph une conférence sur le photojournalisme avec la présence du photographe Frédéric Scheiber.

Ça se déroule à la médiathèque le 27 janvier 2017 de 18h30 à 20h30, nous aurons rencontré les élèves du collège avant.

6 COMMENTAIRES

  1. excellente interview, merci pour l decouverte Pyrros !
    Bravo William aussi pour les photos. J’aime beaucoup ta démarche humaniste et elle se ressent sur tes cliches.
    Bon courage pour la suite, j’espère que tu arrivera a accomplir tes reves.

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