Comment choisir le bon trépied

2

S’il y a un accessoire indispensable pour un photographe, c’est bien le trépied. Toutefois, choisir le bon trépied n’est pas une tache toujours simple dans la jungle que propose les marques.

Il existe de nombreux modèles et tous peuvent répondre aux besoins des photographes. Mais dans la quête d’un trépied polyvalent avec un bon rapport qualité prix, il faut se faire des nœuds au cerveau.

Achetez un trépied sur un coup de tête est une erreur. La quête du Graal est longue et souvent difficile surtout du côté des trépieds.

Comment choisir un trépied photo idéal
Comment choisir un trépied photo idéal

Un trépied, pourquoi faire ?

Un trépied permet d’allonger le temps d’exposition, c’est notamment utile pour les photos d’orages et les feux d’artifice.

Le trépied permet de réaliser plusieurs photographies avec exactement le même cadrage, cela permet donc en post-traitement d’assembler plusieurs expositions d’une même photo (HDR, compositage etc).

Cela évite la fatigue lors de longue journée à faire des photos depuis le même endroit. Personnellement le trépied m’évite de devoir poser mon boitier au sol entre 2 photos prises depuis le même spot.

Un trépied est indispensable pour réaliser un autoportrait ou apparaitre sur une photo de famille.

Il existe des trépieds pour tous les appareils photos, des plus petits tels que les smartphones aux plus gros tels que les reflex ou les boitiers moyen-format. Le trépied permet aussi de filmer une séquence vidéo sans tremblement, rendant l’image plus propre et plus agréable à regarder.

Avec des accessoires, il est possible de transformer le trépied pour pouvoir l’utiliser comme trépied pour flash ou comme support de PC portable par exemple.

Un montage simplifié entre le trépied et le boitier

Les vendeurs de trépieds utilisent un pas de vis normalisé qui permet de fixer l’appareil photo sur le trépied sans devoir vérifier si ils sont compatibles. Il en va de même avec les colliers de pied de certaines optiques longues.

Si par le passé il y a eu d’autres formats généralement plus gros de filetage aujourd’hui on utilise la vis au format 1/4” ou au pas Kodak. Le nom change mais il s’agit à chaque fois de la même norme. Pour les appareil plus ancien avec un filetage plus gros on peut utiliser un adaptateur que l’on monte sur la vis du trépied.

Les caractéristiques du trépied

La charge maximale

Un trépied dispose d’une charge maximale au-delà de laquelle il est préférable de ne pas aller flirter. Au moment de l’achat, le photographe doit envisager de choisir le trépied avec la charge maximale correspondant à ses besoins actuels et à ses besoins futurs. Cela évitera de devoir remplacer un accessoire à la durée de vie presque illimité.

Suivant l’appareil utilisé et son optique, on atteint facilement 3 kg (Canon 1DXII + 70-200 2.8 IS II = 2800 kg hors accessoire et batterie) voir plus pour les optiques les plus importantes. Il faut ajouter le poids de la rotule et si certaines rotules sont particulièrement légères, d’autres sont beaucoup plus musclées pour offrir plus de stabilité.

La taille maximale

La taille du trépied ouvert est à prendre en compte. Un photographe de grande taille aura besoin d’un trépied plus haut qu’un photographe plus petit. Un trépied à la taille du photographe permet d’éviter de la fatigue inutile ou des positions inconfortables.

Suivant l’utilisation du photographe, un trépied qui monte suffisamment haut peut-être indispensable. Je pense notamment aux photos de feu d’artifice qui sont réalisées au milieu de la foule, pour éviter de n’avoir que des têtes dans le champs il faut pouvoir passer au-dessus de la foule.

Enfin, un trépied très grand va pouvoir non seulement s’adapter à tous les photographes, mais en plus il peut être utilisé comme pied pour un flash en studio ou en extérieur. Cela évite parfois de devoir transporter encore plus de matériel.

Le poids

Pour choisir un trépied, il est important de considérer son poids. Si lors d’une utilisation en studio celui-ci importe peu, quand il faut déplacer avec le trépied durant une longue période celui-ci va devenir rapidement fatiguant.

Il est donc important de connaitre l’utilisation qui sera faite du trépied afin d’éviter de le laisser à la maison pour une raison de poids.

Attention, un trépied trop léger risque d’être sensible à certaines vibrations, notamment celles produites par le vent. Il est possible le l’alourdir par exemple avec un sac pour améliorer la stabilité de celui-ci.

L’encombrement

Au-delà du poids du trépied existe aussi la question de l’encombrement. Certains trépieds même repliés prennent encore beaucoup de place. L’encombrement du trépied peut être un frein pour l’emporter avec vous.

Trop grand, il sera difficile de le transporter dans une valise en avion ou de l’accrocher au sac. Mais trop petit avec des branches plus courtes, mais plus nombreuses, il sera moins stable.

La colonne centrale du trépied

Sur certains trépieds, il est possible de changer l’orientation de la colonne centrale. Ainsi, il est possible de l’orienter vers le bas ou sur le côté. Cela permet de changer l’angle de prise de vue ou de faire des photos dans une position plus confortable.

Comment la choisir, la matière du trépied ?

Il existe principalement 2 matières dans la construction des trépieds.

L’aluminium est un peu plus lourd que la fibre de carbone. Il est aussi moins stable. Mais l’aluminium se révèle moins couteux à l’achat.

L’aluminium n’apprécie pas le sel qui associé à l’humidité peut le faire rouiller.

La fibre de carbone est plus légère et tolère bien mieux l’humidité et le sel. Mais cela fait grimper le cout du trépied.

Quelle marque de trépied choisir ?

Il existe sur le marché de multiples marques et sous marques. Sachant que la durée de vie de ce genre de matériel est presque infini, il est préférable de choisir une marque qui a déjà montré tout son sérieux.

Le matériel est souvent plus couteux, mais on a une certaine garantie de pouvoir trouver des pièces détachées si un jour le photographe vient à avoir un problème.

On parle habituellement des trépieds Manfrotto mais ce ne sont pas les seuls à avoir bonne presse chez les photographes. Les trépieds Vanguard ont aussi une bonne réputation.

La rotule, élément indispensable du trépied

Un trépied complet ne peut s’envisager sans la rotule. Comme pour les boitiers reflex, il existe des kits trépied plus rotule. Mais il est possible de choisir un trépied et une rotule séparément.

Il est possible d’avoir plusieurs rotules pour différents usages.

Je recommande, surtout aujourd’hui, de prévoir des rotules avec le même système d’attache. Cela permet de laisser sur le boitier le plateau qui fait la liaison entre le boitier et la rotule. Ainsi, on évite d’oublier ou de perdre ce petit accessoire et surtout on a toujours le bon avec soit.

Rotule 3 axes et rotule ball pour un usage quotidien

C’est la famille la plus simple des rotules. La rotule bouge dans tous les sens. Suivant les rotules, on déverrouille un seul axe de mouvement à la fois ou tous les axes en même temps.

Certaines de ces rotules sont particulièrement légères sans pour autant nuire à la stabilité de l’ensemble boitier+objectif. Les rotules-ball permettent de modifier tous les axes de mouvement, elles sont peu encombrantes, mais il est difficile de les utiliser pour faire des photos panoramiques.

Rotule micrométrique pour les travaux précis notamment en macrophotographie

Ce type de rotule permet un mouvement particulièrement précis grâce à l’utilisation de crémaillère pour effectuer les réglages les plus fins.

Cela est presque indispensable en macrophotographie, notamment avec les grossissements les plus importants.

Rotule panoramique pour faire des assemblages précis

Comme son nom l’indique, ce type de rotule permet de faire des photos panoramiques. Elle nécessite un réglage vraiment fin de la fixation de l’appareil pour simplifier ensuite le travail en post-traitement d’assemblage des photos.

Certaines de ces rotules sont motorisées et permettent même le déclenchement automatique de l’appareil.

Rotule Vidéo, pour les vidéastes en quête de fluidité

En photographie, la fluidité de la rotule n’apporte que du confort au photographe. Mais pour réaliser des vidéo, il faut un mouvement fluide, indétectable lorsque l’on regarde la vidéo réalisée.

La rotule vidéo permet de réaliser des mouvements fluides lors de tournage de vidéo.

Rotule pendulaire pour les photographes animaliers

Ce type de rotule est particulièrement musclé pour supporter les plus longues optiques et garantir une très bonne stabilité. Elles ont le défaut d’être relativement lourde et encombrante.

Mon choix personnel

J’ai acheté mon trépied peu après avoir acheté mon premier reflex. C’est celui que j’utilise encore. Après avoir longuement hésité, j’ai préféré le Manfrotto 055Pro face au Manfrotto 190. La stabilité et la solidité du trépied ont eu gain de cause malgré le poids. Aujourd’hui, je n’ai pas peur de déployer mon trépied même au milieu de la foule.

Sous l’orage, il se révèle suffisamment résistant pour ne pas trembler. Au milieu de la foule, sa hauteur permet de passer au-dessus de têtes.

J’utilise une rotule Manfrotto 322 RC2. Elle commence à accuser le coup des années, mais résiste très bien. Son plateau rapide est un véritable atout quand il faut pouvoir monter et démonter rapidement l’ensemble. Par contre, elle n’est pas suffisamment précise pour faire de la macro ou des panoramique.

En studio, c’est un couple qui permet de fixer un flash avec suffisamment de hauteur.

Depuis mon achat il y a 10 ans, le Manfrotto 055Pro a connu de nombreuses évolutions. La seule que je regrette de ne pas avoir, c’est le blocage des pieds par clapet qui est plus rapide que le blocage par vis dont je dispose.

Autres

Il existe de multiples accessoires sur le marché pour compléter votre trépied.

Certains trépieds sont d’ailleurs prévus avec. Je pense entre autre aux vis de maintien des branches qui peuvent être plus ou moins simple à manipuler. Il existe des embouts spécifiques pour les pieds qui peuvent être changés selon le besoin et ainsi accroitre la stabilité du trépied.

Il est aussi possible de recouvrir une ou plusieurs branches de mousses pour les isoler du froid et rendre la manipulation plus agréable l’hiver.

Et toi, quel est ton trépied. Ou vers quel modèle te diriges-tu ?

2 COMMENTAIRES

  1. Bonjour Loïc,
    Merci pour cet article très complet, simple et accessible.
    J’aimerai deux réflexions sur les matières des trépieds. Pourquoi le trépied en aluminium, plus lourd, est il moins stable? Ensuite, l’aluminium de rouille pas (oxyde de fer), il se transforme en alumine (oxyde d’aluminium). Et ce qu’il y a de bien avec l’alumine, c’est que ça forme une couche hermétique qui évite l’oxydation dans la masse contrairement à la rouille.

LAISSER UNE RÉPONSE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.