Le passé de Toulouse mis à nu rue des 36 ponts

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reportageToulouse est une ville avec une longue histoire. Chaque chantier est l’occasion de (re)découvrir le passé, ce fut le cas lors des constructions des lignes de métro, c’est aussi vrai lors des construction de bâtiments.

Rue des 36 ponts ce sont des bureaux qui bientôt prendront la place de l’ancien collège-lycée Montalembert, mais dans le cadre de ces travaux ont eu lieux des fouilles archéologiques préventives. Ces fouilles ont permis de mettre au jour des sépultures, dont des « sépultures de catastrophes ». La construction de la ligne B du métro toulousain avait permis de révéler la présence d’une nécropole dans le quartier. Il y avait une église avec un cimetière autour qui a été détruite au moment de la révolution de 1789.  En 2010 les archéologues de l’INRAP (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives) avaient déjà détecté une sépulture contenant de nombreux restes humains lors du diagnostic du terrain.

Dans les fosses les corps sont déposés tete bèche afin de combler au maximum les espaces.
Dans les fosses les corps sont déposés tête bêche afin de combler au maximum les espaces.

Mais les experts ne s’attendaient pas à trouver il y a 4 mois ces fosses multiples. Ces « sépultures de catastrophes » abritaient selon les experts d’Archeodunum environ 150 corps, des hommes des femmes et des enfants. Les hypothèses laissent penser qu’il s’agit des personnes décédées suite à l’épidémie de peste noire de 1’348, mais des analyses doivent confirmer la présence du bacille de la peste. La peste noire a décimé à Toulouse entre 15 et 30% de la population.

Ces fouilles doivent permettre aux archéologues et aux historiens de comprendre comment cette grande épidémie de peste a été gérée par les toulousains qui ont du faire face à de nombreux décès. Les conditions de vie au moyen age favorisaient le développement des rats, qui par l’intermédiaire des puces permet la transmission de la peste à l’homme.

Sur ce chantier Archéologique, les fouilles ne sont pas évidentes car plusieurs strates d’histoires se succèdent de l’antiquité à l’époque moderne en passant par le moyen age. De nombreux puits ont été creusés, à proximité des ossements, les archéologues ont aussi retrouvé des latrines, un atelier de bronzier et les vestiges des bâtiments plus récents. Les objets retrouvés sur le site sont rares, il reste quelques vestiges de murs de galets mais il est encore trop tôt pour dire à quoi ils servaient. A coté de ces grandes fosses furent aussi découvertes des sépultures contenant un ou deux corps, parfois celui de mères mortes en couche.

Au moyen age, l’emplacement de la rue des 36 ponts se trouve à l’extérieur de la ville et est bordé par la route narbonnaise, l’entrée de la ville s’établit à l’emplacement du Palais de Justice (à moins de 100m).

En octobre, le chantier sera évacué de toutes les traces laissées par l’Histoire afin de permettre la construction d’un immeuble de bureaux. Les ossements et tous les objets découverts seront alors stockés pour pouvoir être utilisés et analysés avec de nouvelles techniques.

Pour en savoir plus sur les fouilles archéologique de la rue des 36 ponts :

4 COMMENTAIRES

  1. Toujours passionnant, ce genre de découvertes… Et pour une fois, du monde semble intéressé si j’en crois ton cliché. C’est bien sympa d’avoir permis l’accès au public en tout cas !

    • @Seb
      Il y a eu semble t il du monde qui est venu lors des visites. Pas de chance pour moi dans mon groupe il avait une « miss je sais tout tout » qui n’a pas cessé de couper la parole de « notre guide » en tentant de faire du lien avec d’autres fouilles qui ont eu lieu ailleurs à Toulouse.
      Pour les photos et surtout la lumière j’aurais aimer pourvoir prendre un peu plus le large par rapport au chemin mais il faut protéger le site.

    • @chris
      Malheureusement quand j’y suis allé il n’était pas prévu de nouvelles visites mais c’est à surveiller car les journées du patrimoine approchent, les archéologues pourraient bien ouvrir à nouveau le site.

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