Coup de gueule : la question qui tue de Julien Aubert

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Voici une question qui risque de faire couler beaucoup d’encre dans le milieu de la photographie nature. Cette question est posé par le Député Julien Aubert au Ministre de l’agriculture de l’agroalimentaire et de la foret qui régit aussi les activités de chasse.

M. Julien Aubert appelle l’attention de M. le ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt sur les difficultés soulevées par la coexistence de chasseurs et de photographes dans les forêts domaniales. Le camouflage des photographes crée des risques importants d’accident, ce qui pourrait justifier l’obligation pour les photographes de porter un gilet permettant aux chasseurs de les identifier et la possibilité pour l’Office national des forêts de verbaliser les contrevenants. De plus, certains cycles naturels des animaux, par exemple le brame du cerf, sont perturbés par la présence de photographes la nuit. Il conviendrait donc de conditionner la possibilité de prendre des photographies au respect de certaines conditions réglementaires. Il lui demande quelles mesures pourraient être envisagées dans ce domaine.

Question publiée au JO le : 05/03/2013 page : 2379

La question qui tue du Député Julien Aubert
Cible 3Dimensions en mousse lors d’une compétition de tir à l’arc.

Comment vouloir opposer les photographes aux chasseurs et générer une guerre sans nom entre deux activités de loisirs. Les photographes naturalistes ne respectent pas moins la nature que les chasseurs mais contrairement aux chasseurs ils ne privatisent pas une partie de leur zone d’activité laissant la possibilité aux promeneurs, ramasseurs de champignons etc de continuer à profiter du milieu.

 

Penser que les photographes perturbent les périodes de reproduction des animaux montre bien que les chasseurs ont une vision incomplète de la situation. Qu’en est il de la perturbation que les chasseurs occasionnent ? Qu’en est il de la destruction d’espèce(s) car un animal est considéré comme nuisible ou juste l’envie de « tirer un coup » sur un truc qui bouge dans le ciel, je ne parle même pas du braconnage.

Il arrive parfois que les photographes se fassent sanctionner lorsqu’ils réalisent des photos sans prendre soin de respecter leur sujet.

 

Ce n’est pas la photo ou ses pratiques qui génèrent des risques d’accidents mais bien la pratique de la chasse qui le montre chaque année avec un nombre certains d’accidents (en 2012-2013 il y a eu 57 morts par « accident de chasse »).

 

Alors amis chasseurs, Mr le Député Julien Aubert je vous invite à apprendre à partager l’espace public, la chasse est un loisirs comme la photo, il est possible de cohabiter sans entrer dans ce genre de question absurde, à moins de vouloir cacher les agissements de certains chasseurs déviants.

 

Vous êtes photographes ou chasseurs n’hésitez pas à partager votre avis sur le message qu’envoie le Député en posant la question de la sorte.

Pour aller plus loin sur la question qui tue de Mr. Julien Aubert :

Ajouts du 20 mars 2013 :

  • La réponse de Mr Julien Aubert à la lettre ouverte de Naturapics
  • Un billet du blog du Député Julien Aubert

8 COMMENTAIRES

  1. C’est tellement symptomatique de la mentalité des chasseurs qui n’ont aucun respect ni aucune considération pour la liberté des autres « usagers » de la nature… Un truc que j’ai découvert cet hiver en croisant des chasseurs au cours de quelques billebaudes… De toute façon, rien ne changera : aucun politique n’aura le courage de faire face à ce lobby de viandards. Petite pensée pour cet automobiliste tué d’une balle en pleine tête il y a quelques semaines alors qu’il circulait sur une départementale ! 🙁

    • Attention tout de même à ne pas faire de généralités : tous les chasseurs ne sont pas (non plus) des gros viandards sans respect.
      Maintenant c’est vrai que comme pour tout, ce ne sont pas les « gentils » qui sont le plus visibles… Ce qui est désespérant également !

      Maintenant, je suis d’accord que l’impossibilité de se « partager » un même espace de jeu me laisse un peu perplexe…

      C’est pour ca que je préfère éviter l’animalier, je suis perdant à 100% face à une chevrotine ou un .22 😉 .

    • @Seb F.
      C’est vrai que c’est frustrant de savoir que l’on peut plus photographier ce que l’on veut mais faire de l’animalier peut encore se faire en sécurité loin de chasseurs en évitant les périodes de chasses.

  2. Tu as tout dit Pyrros !

    Quel sacandale de s’attaquer aux photographes plutôt qu’aux chasseurs ! Des photographes qui gênent les animaux ? C’est sur que le chasseur ne les gênent pas….

    C’est n’importe quoi ! Comme tu dis les photographes ne privatisent pas la forêt !

    En gros c’est comme si on nous disait « il y a de trop gros risques que des voitures percutent les enfants sur les trottoirs, alors les enfant n’ont plus le droit d’y circuler ». C’est très con ce que je dis, mais pas moins que les paroles du député.

    Mais cela ne règle pas le problème d’insécurité des photographes: si on peut mourir rien qu’en passant sur une nationale, alors j’imagine planqué dans la forêt…

    Finalement c’est la chasse que l’on devrait sanctionner/réglementer.

    • @Thomas Benezeth

      C’est le poids du lobby de la chasse qui permet de telles inepties. Celui des photographes est bien moins puissant.
      Personnelement je pense qussi que c’est au chasseurs de prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter les problèmes avec les autres usagers de la nature.

  3. Je trouve que c’est n’importe quoi de vouloir sanctionner les photographes parce qu’ils dérangent les animaux, alors que les chasseurs TUENT ces mêmes animaux. Si les droits des animaux les préocupent tellement, c’est les chasseurs qu’ils devraient faire partir !

    • @Fanny

      Malheureusement le droit des animaux n’est pas le cœur du problème … qui est celui de l’occupation de l’espace public.

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