L’effet pervers de l’égo des photographes

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Les photographes sont nombreux à disposer d’un fort égo qu’ils entretiennent à coup de compteurs de vues de like et de partage. Certains flattent leur égo à grand renfort de matériel dernier cri en épluchant les tests pour choisir ou penser qu’ils ont choisi le meilleur matériel, pas celui qui leur correspond mais celui qui sera le meilleur pour le meilleur des photographes qu’ils sont.

Je me suis souvent demandé ce qui pousse les photographes à donner leurs photographies gratuitement et je me suis rendu compte que c’était ici aussi un problème d’égo, de grosse tète ou de « melonite » aigu. Certains sont des débutants et d’autres des photographes experts à qui les marques et la presse lèchent le cul sans vergogne à coup de cadeaux ridicules et de citation du nom de l’auteur pourtant obligatoire si on en croit le Code de la Propriété Intellectuelle.

égo
L’égo des photographes au service du tout gratuit

Mais tout d’abord revenons à l’époque de la photographie argentique, époque loin d’internet et de ses réseaux sociaux. Il y avait 2 types de photographes : celui qui faisait des photos dans son coin et à l’audience limitée, et celui qui pouvait disposer d’une forte audience. Le premier était amateur et ses photos sortaient difficilement du cadre familial quand le second travaillant pour un journal ou une agence touchait de nombreuses personnes à chaque publication. J’oublie volontairement ici les photographes sociaux, ceux qui font des photos de mariages de naissances et autres cérémonies qui pour une même photo avaient une audience réduite mais qui représente sur une année une forte audience ainsi que les Artistes qui exposent régulièrement leurs photos dans des galeries d’arts.

Depuis l’apparition d’internet l’audience des photographes s’est élargie via des sites web et les réseaux sociaux. Ils se sont pris au jeu de la photo et dans la gratifiante course à l’audience, course au buzz. Une partie des photographes amateurs a oublié en chemin qu’une photo est le fruit d’une passion mais pour certains c’est aussi le fruit du travail. Le travail qui mérite un salaire. Ces photographes amateurs qui font le buzz aujourd’hui n’hésitent plus à proposer les photos gratuitement pour faire encore plus le buzz et se faire mousser encore plus, addicts au nombre de vues, ils cherchent par tous les moyens à parvenir à leur fin tel un camé au crack qui agresse un petite vieille dans la rue pour 10€.

Aujourd’hui en plus des habituels « merci pour vos like et vos partages » que l’on trouve sur la page facebook d’un photographe on voit de plus en plus souvent la capture d’écran d’un site web, la copie d’un journal pour dire :

« Hey les copains on me publie, je suis un grand photographe »

au mépris même de la loi car la photo n’est pas créditée et est parfois utilisée sans l’autorisation du photographe qui s’en fout ! Il est publié lui le grand photographe qui fait le buzz. Quand la photo est créditée du nom de l’auteur c’est de la folie, à croire que certains vont pouvoir remplir leur frigo changer leur voiture, pourtant il n’y a pas eu de transaction. Je n’ai jamais vu personne manger sa carte d’identité, dans les grandes surfaces comme chez les petits commerçants il est impossible de payer sa nourriture avec son seul nom même en précisant que l’on est photographe, photographiste ou photographer.

D’autres participent et courent après des concours bidons et voient leur photo utilisée pour faire de la pub dans les abris bus, dans les gares et dans les dépliants des offices de tourisme.

Il n’y a pas que les amateurs qui ont un égo démesuré, mais chez les professionnels un égo gonflé à grand renfort de like et de vues ne rempli pas le frigo et ne finance que très rarement le matériel et les reportages. Chez eux ce qui gonfle l’égo c’est le sujet, le titre qui publie leur travail, ou l’endroit ou s’affiche leurs travaux car cela sous entend fortement la rémunération qui va avec.

Pour ces photographes dont l’égo est gonflé par le nombre de vues de « j’aime » les publications et utilisations créent du contenu, du contenu qui assure lui aussi un peu plus le buzz sur leurs plateformes de diffusion.

Certains de ces photographes connaissent la situation mais s’en moquent d’autres n’ont jamais fait l’effort de voir plus loin que le bout de leur nez en se disant qu’une photo gratuite ça ne fait de mal à personne et pourtant.

Bien sur on ne peut pas jeter la pierre seulement aux photographes qui se « font avoir » car il y a aussi tous ceux qui usent et abusent de cette situation qui font gonfler l’égo de photographes abusés par le système.

« On citera votre nom ça vous fera de la pub… »

Au final c’est un photographe qui va pointé chez pole emploi, c’est un poste supprimé dans une rédaction, ce sont des actionnaires qui s’enrichissent sur le dos des passionnés dont on flatte l’égo et que l’on met en concurrence direct de photographes professionnels.

23 COMMENTAIRES

  1. Loïc, je suis bien sur globalement d’accord avec cela.
    C’est même ce qui « plombe » les pros, car du coup les amateurs sont très visibles et en plus, cassent les prix.
    Mais concernant les pros, je me posait une question qui relativiserait un peu ton propos : ils ont besoin, eux aussi, d’être visibles, donc n’est-il pas intéressant pour eux de publier leurs publication, de diffuser largement quand ils sont « normalement » publiés ? De céder, de façon réfléchie, une photo ou deux plutôt que de dépenser des mille et des cents en pub ? C’est à dire, n’y a-t-il pas des marques qui rapportent effectivement, ne serait-ce que par les relations qu’elles apportent ? Une photo ne peut-elle valoir le dernier boitier de chez Canikon ?

    Bref, je pense que, comme partout, tout n’est pas tout noir ou tout blanc.
    Après, il faut bien le dire : quand une photo plait, ça fait plaisir 🙂 Comment ? J’ai déjà choppé le melon ? Arf :-/ 😉

    • @Christophe
      Effectivement les pro ont aussi besoin de visibilité mais si ils permettent l’utilisation gratuite de leur(s) photo(s) c’est dans un cadre maitrisé et contrôlé ne pouvant pas leur nuire à eux ou aux concurrents.
      Ces échanges « donnant donnant » se font généralement au détriment du photographe et de la photographie en tant que métier car ils deviennent la norme, la norme du « cela te fera de la pub« 

  2. Suite à mon tweet (@thepixfmr), je viens donner mon point de vue plus détailler.

    Je suis globalement d’accord avec cet article, et ai aussi un gros problème avec les médias, les communes et autres qui utilisent gratuitement des images sans l’accord de photographe ou contre citation du nom, pratique qui effectivement participe pleinement à faire disparaitre ce métier. Bien entendu les médias ne sont pas seul responsable. Et on voit effectivement ce phénomène de (pardonner mon expression) « pute à like/click ».

    Il n’empêche qu’en ce qui concerne l’égo pour avoir discuter à plusieurs reprise avec des photographes amateurs ou pro, j’ai été beaucoup plus confronté à ce problème d’égo en discutant avec des photographes pro que des amateurs. Dans les discussion avec les amateurs, le débat reste présent, on peut critiquer des images, donner un point de vue sans se faire avoiner. Alors que des photographes pro à qui on donne un avis juste personnelle sur du matériel, où sur leur images, on se prend des volés de « vous y connaissez rien, encore un amateur qui croient détenir la sainte vérité, etc… ). Bien entendu ceci est à nuancer, il y a des amateurs et des pros chez qui ce que j’ai dit au dessus s’inverse

    J’ai moi même pratiqué la photo au travers de mon travail d’une façon alimentaire : mariage, portrait, corporate, photo d’identité à côté de la préparation d’expo, du tirage etc. Mais à côté je faisais de la photo pour moi (paysage surtout) et seul ce travail là était et est visible sur internet.

    Ce que je vois dans ce débat pro/amateur c’est surtout des pros qui ont du mal à accepter les changements qui s’opèrent dans le monde du travail et qui on déjà bien avancé dans le commerce par exemple et de l’autre côté des amateurs plus où moins jeune qui n’ont pas forcement les connaissances administratives pour se lancer. Et je pense que plutôt que taper sur ces amateurs il faudrait peut être avoir un discours plus formateur que d’y aller en disant « ptit con à cause de toi lui là bas demain il va pointer à Pôle Emploi.
    Car au final c’est un peu oublié mais tous aime à la base la même chose : la Photographie. Qui reste une activité humaniste basé sur le partage plutôt que chacun pour soi.

    • @Julien
      Le sujet principal du billet c’est bien l’échange de photo gratuite contre un gonflage d’égo. Il y a sans doute des pro qui ont pris la grosse tête et ne parlent pas aux amateurs mais on s’écarte ici du sujet.

      Dire que les néo-photographes n’ont pas les connaissances administratives c’est bien mal connaitre les ressources disponibles qui ne cessent de se multiplier.
      Enfin penser que les pro ne savent pas s’adapter c’est bien mal les connaitre… Mais il faut avouer que quand il n’y aura plus de niche et que tout le monde fera du gratuit la photographie professionnelle disparaitra.
      Car aujourd’hui les clients ont le choix entre une photo payante et un photo gratuite le choix est vite fait…

      Un coup de gueule c’est aussi de la pédagogie … Et ici il revient à dire que la photographie est un métier qui subit de plein fouet le tout gratuit et les démarche égotiques de certains.

  3. Je ne généralisais pas, je ne dis pas qu’il n’y a pas de ressources disponibles, mais que ces ressources tous ne vont pas les chercher, tous comme il y a des pro qui ne s’adapte quand d’autres non. Après tout il y en a bien qui pensent que le numérique n’a que des défauts par rapport à l’argentique ou du moins aucun avantages (au delà de nos préférences personnelles).

    Tous les photographes qui sont pro aujourd’hui n’étaient pas tous là avant l’avènement d’internet et sont arrivés sur le métier grâce au like, se sont fait connaitre grâce à leur page facebook remplie de likes. Et au final c’est juste donner la même chance aux nouveaux arrivants qu’à ceux qui sont déjà installés, sans leur dire : stop ne devenez pas photographes, on est déjà assez nombreux.

    • @Julien
      Je ne dis pas « stop nous sommes trop nombreux » car il y a de nombreux domaine de la photo qui sont encore inexplorés, je dis simplement « stop ne donnez plus vos photos gratuitement parce que vous avez un égo démesuré ».

  4. Bonjour.
    Dqns tous les domaines il y a toujours eu des pros et des amateurs.
    Pour moi , piètre petit débutant sous équipé, la creation d une page face book n a pas été faite dans l esprit de flatter mon ego et recueillir un maximum de like, mais tout simplement car j epprouvais beaucoup de satisfaction a profiter des photos d autres amateurs et je me suis dis que beaucoup de gens n avaient pas la chance de pouvoir voir ces si braux animaux.
    Ma page a donc été crée dans une simple idée de partage. Loin d imaginer que ma démarche pourrait envoyer des gens chez pôle emploi.
    A mes tous débuts j ai rencontré les deux type de photographes: un amateur qui protège amoureusement ses images des milliers de clichés animaliers qui dorment dans son ordi , il m a vendu deux photos 60€ et il a un emploi autre que la photo .
    Et deux autres arnaud et alain qui se sont montrés très genereux dans leur partage et leurs conseils.
    Pour moi c est aussi ca la photo, un passe temps pouvant devenir une passion mais aussi un moyen d echange et de partage dans ce monde qui devient cruellment de plis en plus individualiste a mon gout .
    Sur ce bonne journée a tous amateurs aux petits appareils et professionnels ; )

    • @steph
      Je ne remets pas en question la possibilité pour un photographe amateur de disposer des (mêmes) outils que ceux d’une pro. Je remets en question la manière qu’on certains de faire pour augmenter leur visibilité au détriment du travail de photographe en donnant leurs photos plutôt que de les vendre ou de refuser de voir certains organismes les utiliser gratuitement.

  5. Ok pyyros
    Peut être n ai je pas bien saisi la teneur de ton propos.
    Je ne vois pas le type de personne dont tu parles. Je ne me fais pas avocat du diable je voulais juste dire que je trouve très bien quand on est amateur de partager ses photos ses expériences et ses techniques avec les autres dans un but complètement désintéressé pour l unique plaisir de l echange.
    Après il n est pas question de faire de.l ombre a quiconque mais je ne suis pas non plus pour la vente systhematique des photos. J ai acheté moi même 2 photos de cerfs a 60€ je m attendais pas a ce prix et si moi aujourd’hui qui je commence a en avoir pas mal quelqu’un me demande une photo d animaux je pense être capable et en droit de lui donner juste pour lui faire plaisir sans me dire que sera fera de l ombre a qui que ce soit.
    Moi ca serait plutot l’inverse qui aurait tendance a me soûler, le photographe qui se la pète pro ou amateur et qui du coup en vient a perdre toute générosité et tout altruisme en raison de sa « pseudo » maitrise.
    Ce ne reste que des images et a quoi servent telles entassées sur un disque dur farouchement protégés du regard des autres dans un soucis de propriété ; (
    Pour moi c est la le plus dommage 🙁

    • @steph
      Sauf que en donnant une photo suivant la personne ou l’organisation à qui tu la donnes tu fais de l’ombre à un autre photographe.
      Si tu donnes la photo à un privé sans le sous tu ne fais effectivement de l’ombre à personne car il n’aurait pas acheté la photo.
      Si tu la donnes à un journaliste ou une organisation de presse, à une entreprise ou une association qui va en faire un beau visuel c’est différent et c’est ici que cela pose problème.

      Ici tu opposes ce qui ressemble à un « tirage d’art » à une « photo de presse » ou « commerciale ». La différence est importante.

      La photo ce n’est pas seulement des valeurs de partage avec autrui c’est aussi un produit comme une paire de baskets ou 1kg de tomates.

  6. Ok vu comme ca d accord.
    Donner une photo pour quelqu un qui va l utiliser a des fins commerciales dand l’unique but qu on parle de vous c est pas correct effectivement.
    Moi je parlais vraiment du cercle privé, donner sans rien attendre en retour.

  7. Globalement d’accord avec ton article 😉
    Juste 2 points qui me titillent :
    – j’ai été sélectionné et publié dans un magazine photo nature. Du coup, j’en ai été tellement content que j’en ai fait un post sur mon blog ! Est-ce que ça fait de moi quelqu’un à l’égo démesuré ?? J’espère que non, sinon je compte sur les copains photobloggueurs pour me le dire, parce que je pense pas que ça me ressemble….
    – en parcourant les forums, on voit bcp de photographes pro se plaindrent de la concurrence des photographes amateurs. Ok, je comprends, mais par contre on en voit très peu se remettre en question. Je veux dire que si Monsieur Bidochon avec son kit reflex + objectif 18-55 est un concurrent sérieux pour un photographe pro, je me poserai des questions quant à la qualité du travail de celui-ci. Le pro à qui j’ai fait appel pour des photos de famille (grossesse, naissance) roule en cabriolet et porte une montre de luxe : les affaires tournent bien pour lui puisque la qualité de son travail fait qu’il a un carnet de commandes surchargé malgré des tarifs élevés !! Mais c’est le prix à payer pour un travail de qualité !! Il le sait ! Et les clients qui veulent un résultat au top le savent aussi et font appel à lui plutôt qu’à un amateur !! Tout ça pour dire que je trouve qu’il y bcp de pros qui viennent taper sur amateurs sous prétexte de conserver un monopole dans leur ville ou région, même s’ils font de la m***** !!

    • @Seb
      je commence à penser que je n’ai pas insisté sur certains points et notamment pris soins de détacher certains photographes de mon billet. C’est le cas des photographes sociaux car le problème n’est pas seulement celui de l’argent il y a le « talent » et la capacité à répondre aux attentes des clients. Ce ne peut pas être une histoire d’égo sauf dans de rares cas contrairement à la presse.

  8. Comme toujours un article intéressant qui force la réflexion. Et l’occasion d’un retour d’expérience.

    Il y a quelques semaines un magazine photo m’a contacté pour acheter un certain nombre de photos pour illustrer un de leurs article qui est paru il y a maintenant environ 3 semaines. En fin d’article l’adresse de mon site web est indiquée.
    Vous savez quoi ? au niveau statistiques de visite du site il est quasi impossible de faire une différence avec le trafic d’un mois normal.
    Tout ça pour dire que la pub que certains pensent recevoir en échange de leurs photos est très très relative.
    Un lien sur un site web risque d’entraîner un certain nombre de visites, mais si le visiteur doit taper lui même l’adresse, ils sont nettement moins nombreux.

    Et pour en rajouter une couche … je bosse [payé] aussi comme photographe de sports pour un quotidien. Chaque photo publiée est créditée correctement avec mon nom. Donc un max de ‘pub’.
    Ce que je peux dire c’est que sur plusieurs centaines de photos publiées chaque année, je peux compter sur les doigts de la main le nombre de personnes qui me contactent par après.
    Simplement par ce que la plupart des lecteurs ne se préoccupent pas du nom dans les crédits photos. C’est un truc de photographe, mais auquel le grand public ne prête que très peu d’attention.
    Je pourrais encore en rajouter, mais je m’arrête ici sinon on va croire que j’ai un égo surgonglé 😉

  9. Ça me rappelle le « reportage » sur France Télé il n’y a pas si longtemps qui a fait pas mal de bruit dans le monde de la photo.
    Ceci étant dit, que penses-tu du photographe amateur (ou non, d’ailleurs) qui publie ses photos sous une license creative commons? Personnellement je le fais dans une optique de partage, pas pour tenter de couper l’herbe sous le pied de photographes pros bien plus talentueux que moi. Après, être content de voir une de mes photos réutilisées (et créditées correctement), ça fait forcément plaisir, pas besoin d’avoir le melon pour être fier de ça, si?

    • @elPadawan
      tu le sais je ne suis pas un fervent défenseur des license creative commons.
      Je pense qu’il faut distinguer les sources. Par exemple les photos de la NASA sont en CC car financées par les contribuables américains, les photos d’un photographe pro devrait être financées par un organisme pour être mise en CC. Quand à l’amateur il ne doit pas faire d’ombre au pro, hors on voit de plus en plus d’articles de presse illustrés avec des photos en CC … issues de flickr ou wikipedia.
      Dans ce cas ça revient à faire de l’ombre de à un pro.
      Les photos de NASA ne peuvent être reproduites sans des moyens lourds inaccessibles pour le photographe pro, la photo d’un fromage ne demande pas les même moyens.
      C’est donc un vaste débat dans lequel le photographe peu importe son statut doit se poser la question sur sa pratique.

      Avant de se féliciter d’avoir une photo utilisée il faut se demander dans quelles conditions cela se déroule t il ?

  10. Les articles de presses sont de plus en plus illustrés par des photos issues de twitter ou instagram. Je sais que tu n’es pas un grand fan des licenses Creative Commons, c’est justement pour ça que j’aborde le sujet. Pour moi, les licenses CC sont associés à la notion de partage de la culture et de la connaissance. Ce n’est pas pour rien que tout le contenu wikipedia/wikimedia est sous license CC (voire public domain, selon).
    Certes, il y en a qui profitent et qui pensent que « le contenu sous license CC on peut s’en servir pour éviter de payer un photographe ». Mais pour des gens ayant cette mentalité, auraient-ils eu recours à un photographe pro ou une banque d’image pour acheter les droits sur une image de toutes façons? Ou bien se seraient-ils contentés de pomper ailleurs sans vergogne, hop, un petit crop pour virer les watermarks, voire pire, un bandeau pour rajouter sa propre watermark par dessus l’ancienne?
    Il y a quelques années, en République Tchèque, l’UE a lancé un programme de renouvellement/modernisation des supports de cours. Les écoles participantes devaient réaliser des présentations et des feuilles d’exercices dans différentes matières, en échange de quoi ils reçoivent des subventions pour acheter du matériel de classe (type ordinateurs, tableaux interactifs, etc…). Dans une optique de partage des connaissances, l’UE a imposé que tous les supports soient réalisés sous license Creative Commons. Par conséquent, toutes les images utilisées dans ces supports devaient aussi être uniquement sous license CC ou Domaine Public, avec un suivi précis de toutes les sources de toutes les images. Je sais que certaines de mes photos ont été utilisées pour réaliser des présentations sur les villes et la faune canadiennes, par exemple. Ai-je fait de l’ombre à un pro? Je ne pense pas.
    Je n’ai pas choisi les licenses CC afin de couper l’herbe sous le pied d’autres photographes, en disant « allez hop c’est gratos, faites vous plaisir, tweetez ma gloire quand vous prenez mes photos ». J’ai choisi les licenses CC afin de contribuer, à ma petite échelle, à la transmission de la culture. CC ou non, je ne peux empêcher les dérives et les gens mal intentionnés qui pompent les photos sans vergogne. Mais grâce à Creative Commons, je permets aux gens qui partagent ma philosophie de créer du contenu accessible à d’autres.

  11. Bonjour,
    Excellent article. Au-delà de la question de l’égo des photographes, il y a également l’aspect légal.
    Travail au noir (de part et d’autres : photographe non-déclaré ET entreprise qui fait appel à lui), et responsabilité des médias.
    J’ai consacré un article à la question, paru sur le site http://www.jurimage.com
    Analyse en détail au regard des dispositions légales pour les uns et les autres. Cet article m’avait inspiré par le tollé créé après la diffusion du sujet « Le filon juteux de la photographie amateur » sur FR2 début mars.

    L’article (8 pages) se trouve dans la section « Statuts des photographes » du site.
    Je précise qu’il s’agit d’un site accessible soit sur abonnement soit en achat à l’unité puisque j’y publie, pour l’éditeur qui le met en ligne, des contenus au rythme de 2/semaine au moins.
    (c’est un métier aussi, comme celui de la photo) 😉

    Mais vous aurez donc dans cet article ce qu’il faut pour argumenter en droit si l’on vous approche sur la question..
    Très cordialement,

    Joëlle Verbrugge

    • @Joëlle Verbrugge
      Je crois que ce reportage de France2 a fait réagir de nombreux photographes.
      Merci pour les ressources documentaires je suis certains que de nombreuses personnes pourront y trouver des réponses à leurs questions.

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