Un déclenchement ne fait pas une bonne photo !

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Lorsque je prépare un reportage je réalise un grand nombre de déclenchements pour ne diffuser qu’un nombre bien inférieur de photos. Je ne fais pas comme certains qui diffusent l’intégralité de leur déclenchements au risque de devenir ennuyeux tant il y a de photos d’un seul sujet, d’un seul match. Personnellement j’apprécie de n’avoir qu’une sélection restreinte des meilleures photos, celles qui racontent un histoire. Parfois une seule photo suffit parfois il en faut un peu plus pour rendre compte d’un événement ou d’une situation.

Je parle ici des reportages non commandés par une institution ou des personnes, la démarche est différente.

A chaque déclenchement j’obtiens un fichier numérique qu’il convient de convertir ou pas en photo. C’est ce que j’appelle la sélection. Plusieurs critères entrent en ligne de compte pour convertir un fichier en photo.

  • Qualité technique (cadrage, composition, netteté, exposition etc)
  • Le message de la photo (correspond il au reportage, à l’ambiance de celui ci, à ce que je veux montrer de la situation)
  • Ne pas nuire à l’image des personnes en les photographiant dans les positions dévalorisantes
Exemple de planche contact, rares sont les déclenchements sélectionnées qui deviendront de bonnes photos
Exemple de planche contact, rares sont les déclenchements sélectionnées qui deviendront de bonnes photos

Une bonne photo c’est une somme de choix

Cela fait parti du travail de photographe, c’est un travail long, devant un ordinateur, nécessaire afin de ne garder que les bonnes photos.

L’œil du photographe est indispensable au moment du déclenchement mais aussi au moment de la sélection des photos.

Non les photographes ne sont pas des magiciens qui en appuyant sur un bouton, le déclencheur, font des « photos parfaites ». Parmi ce qui permet de faire de « belles photos » c’est entre autre le soin apporté à la sélection. Mais certaines personnes qui n’ont probablement jamais touché un appareil photo osent venir nous voir, nous les auteurs, pour nous dire comment nous devrions faire la sélection de nos photos.

Bien entendu ces personnes qui veulent faire la sélection de photos le font à leur avantage, jamais pour le lecteur qui ne se soucie bien souvent pas des personnes photographiées mais du sujet du reportage. Si ces personnes veulent exister plus que sur les photos que j’ai sélectionné il ne leur reste qu’une solution : le selfie parfois cela donne une bonne photo.

De ces débats on peut faire évoluer notre manière de pratiquer la photo mais encore faut il que cela repose sur des faits concrets et pas une simple envie d’apparaitre en photo. La critique constructive fait avancer et progresser une pratique, la distribution de photo(s) ne sert que l’égo de certains.

16 COMMENTAIRES

  1. C’est tout à fat vrai mais pas évident à faire au début, la sélection s’apprend tout comme la photographie. D’ailleurs je dois encore m’améliorer sur ce point ^^

    Parmis les photos que tu ne publies pas, est ce que tu les jètes toutes ou ça arrive que tu en gardes une ou deux pour toi, ou au cas où ? 🙂

    • @Thomas
      L’œil du photographe doit s’exercer et sans cesse apprendre pour s’améliorer.

      Ils est rares que je garde des fichiers numérique que je ne publie pas mais parfois j’en garde quelques uns qui peuvent avoir un certain intérêt dans l’avenir. Pour le reste c’est corbeille au bout de 3 mois (parfois plus parfois moins) il faut garder un peu de place sur les DD

  2. La destruction de photo, fichier, tirage ou négatif est un acte définitif. Cela va sans dire mais les conséquences sont, elles, inimaginables au sens propre du mot.
    Détruire une photo la pire soit elle c’est volontairement faire disparaitre une portion de l’existence
    Commençons par débrancher la rafale et nous serons plus sereins et plus surs parce que plus rigoureux.

    • @cocagne
      chaque auteur fait ce qu’il veut, personnellement et c’est ce que j’explique ici c’est qu’une photo n’obtient son statut de photo seulement lorsqu’elle le mérite et qu’elle a été post-traitée sinon ce n’est qu’un fichier numérique sans valeur et sans intérêt.
      J’ai un classement binaire je garde, je jette, mais je sais que certains ont des DD pleins de fichiers 4 étoiles (sur 5) et moins et qui ne seront jamais publiées a quoi cela peut il servir il spere faire quoi de ces clichés dormants ? Moi j’ai fait le choix de faire un tri sur le moment en préparant un reportage et au bout de 3 mois avant de faire de la place sur le DD. Mais je te rassure les photos qui ressortent de ce second tri sont biens rares.

      Par contre les fichiers restants, ce qui deviennent des photos, sont eux sauvgardés

  3. De toutes les étapes du workflow, celle de la sélection des images est pour moi la pire et la plus rebutante. C’est long et difficile de choisir… Du coup, ça s’entasse sur le disque (et faut acheter un disque externe :-p ). Je n’arrive pas encore à avoir assez de discipline pour sélectionner au fur et à mesure de mes sorties photo :-/

    • @seb
      il faut le faire durant les longues journées d’hiver ou quand il pleut, autant dire que tu devrais déjà avoir fini après l’été que l’on vient d’avoir 😉
      Je sais que cela est difficile de jeter pour faire de la place, mais une fois que l’on a réussi à le faire une fois, les fois suivantes sont bcp plus simples.
      Autant ne garder que le meilleur, les fichiers qui s’entassent dans le DD ne seront jamais utilisables sans un coup de baguette magique hors on le sait la magie n’existe pas …

      J’ai repris quelques fichiers de mon premier boitier, un 350D, avec la dernière version de LR et en dehors du traitement du bruit pour lequel on voit une petite différence, la dynamique de capteur n’a pas évolué, les fichiers ont toujours autant d’informations impossible donc de faire des miracles. A l’époque j’étais moins pointu sur la technique et surtout je n’avais pas le même regard qu’aujourd’hui…

    • @cocagne
      Chacun son histoire et si il apparait que Vivian Maier n’a pas toujours pu voir ses négatifs, ce n’es pas pour autant que l’on doit faire pareil. J’ai, on a cette chance de pouvoir grâce au numérique faire un tri de nos « meilleurs photos » pourquoi s’en priver.
      Je suis persuadé que parmi les 120’000negatifs qui ont été identifiés il y a de grosses bouses, des ratages et des photos sans intérêt. Mais je te rassure si j’ai la chance de vivre aussi longtemps que Vivian Maier il restera suffisamment de photos dans mes DD, des photos que j’aurais moi même validé

  4. Salut Loïc,
    Je partage à 100%, tant sur le fait de devoir sélectionner les images publiées que de savoir supprimer du disque le « trop plein » (et là j’ai encore un peu de mal, ne serait-ce que prendre le temps de la faire).
    Il faut aussi marquer ses photos (mots-clés, titre, légendes) régulièrement pour justement retrouver plus tard des clichés conservés « au cas où ».

    • @Christophe
      Le titrage est important autant que le tri surtout quand on se retrouve dans des situations comme celle des photos de Vivian Maier. C’est une discipline, que le photographe doit s’imposer et que certains logiciels permettent très bien, c’est le cas de LR qui permet de constituer des collections de fichiers sans titres, sans légendes ou sans mots clés.

    • Tout à fait, une vraie discipline à laquelle il faut s’astreindre en sachant qu’il me semble difficile de trouver du premier coup le classement qui convient bien : donc il faut parfois y revenir 😉
      Je présenterai bientôt une alternative à Lightroom pour cela 🙂

    • @Christophe
      Le classement reste vivant il évolue et doit être modifié en conséquence,
      Quand j’ai commencé la photo j’avais un classement mais face au mots clés nombreux j’ai changé la manière de faire j’ai donc du tout reprendre mais seulement après une longue réflexion qui a porté ses fruits puisque aujourd’hui je l’utilise encore

  5. Tout à fait d’accord quant à la sélection (c’est un problème que j’ai aussi. Je devrais me fixer une limite de photos par article rédigé, par exemple. Mais je photographie peu en mode rafale aussi, ce qui limite les doublons…). Par contre, je suis du genre à tout garder. Même les photos ratées. On apprend de ses erreurs. Donc une mauvaise photo, elle va rester sur le disque. ou sur la carte SD. Pour que je puisse y revenir plus tard, analyser ce qui ne va pas dessus, pourquoi je l’ai rejetée, etc… Et les disques durs, le prix du GO baisse plus vite que le disque ne se remplit, donc je ne m’inquiète pas trop de ce point de vue… (c’est une question de budget, il faut compter avec…)

    • @elPadawan
      La vitesse de remplissage des DD dépend de 2 facteurs, la fréquence des sorties photos et la taille des fichiers en sortie de boitier.
      Avec le 70D et les boitiers supérieurs il est impossible de garder les fichiers qui ne deviendront pas des photos, mais il est indispensable de les analyser, les décortiquer avant des les déposer dans la corbeille

    • @Fred LAURENT
      Cela dépend de notre manière de faire. Ici il faut voir qu’une photo brut un Raw ou un Négatif ne deviendra pas une photo que l’on tire ou que l’on montre.

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