Le Super Guppy rejoint le futur musée Aéroscopia

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Le Super Guppy fait son entrée dans le musée Aéroscopia qui doit ouvrir à l’automne prochain face à l’usine d’assemblage des A380. Comme le Concorde et l’A300B, le Super Guppy a traversé la rue Béteille du nom du directeur du programme Airbus A300. Le lien peut de prime abord ne pas sembler évident pourtant le Super Guppy est une pièce maitresse dans la construction des A300 et le développement d’Airbus à Toulouse.

Il n’y avait ce matin pas foule, seuls quelques membres de l’association des Ailes Anciennes étaient présents accompagnés de quelques anciens pilotes du Super Guppy qui racontent au pied de ce drôle d’avion leurs aventures. Des aventures qui n’étaient pas simples tant les commandes de vol étaient rudimentaires, sans aucune assistance ou pilote automatique comme dans les avions plus modernes et notamment comme dans son successeur le Bélougas.

Le Guppy est un avion cargo au départ destiné à transporter les élément de la fusée Saturne V (5). Dans le ciel ses lignes caractéristiques ont toujours attiré les regards et parfois les interrogations.

Le Super Guppy d’Aéroscopia :

Le Super Guppy immatriculé F-BPPA qui entre aujourd’hui à Aéroscopia est un appareil qui est conservé par les Ailes Anciennes de Toulouse depuis son dernier vol le 15 Mars 96.

C’est le deuxième B377SGT Super Guppy Turbine à être construit et qui est utilisé par Airbus.

Pour les spectateurs l'avion ne pourra pas entrer dans le hall où tronent deja le concorde et l'A300
Les Ailes Anciennes conduisent le Super Guppy vers le musée Aéroscopia il retrouvera le Concorde et l’A300

Les Ailes Anciennes conduisent le Super Guppy vers le musée Aéroscopia, il traverse la rue Beteille en reculant
Les Ailes Anciennes conduisent le Super Guppy vers le musée Aéroscopia, il traverse la rue Béteille en reculant
Les Ailes Anciennes conduisent le Super Guppy vers le musée Aéroscopia, après les difficile manoeuvre une pause permet aux spectateur de prendre ce drole d'avion en photo
Les Ailes Anciennes conduisent le Super Guppy, après les difficiles manœuvres, une pause permet aux spectateurs de prendre ce drôle d’avion en photo

Du « Pregnant Guppy » au « Super Guppy » :

Le programme Apollo de la NASA utilise des fusée Saturne V (5) dont les boosters sont assemblés sur la cote ouest des États Unis, le transport par bateau jusqu’à Cap Canaveral est long et est source de problèmes de rouille et ou de casse de certaines pièces. Vient alors l’idée de transporter les éléments de la fusée Saturne V par avion. 2 Boeing 377 Stratocruiser sont utilisés pour créer ce prototype qui ne sera utilisé que durant 11 ans par la NASA. L’avion est par la suite ferraillé en 1979.

Avec la naissance du « Pregnant Guppy » née la société Aéro Spacelines dont la vacation et de construire des avions Cargo dérivés du Boeing 377 Stratocruiser.

Le super Guppy remplace rapidement le « Pregnant Guppy » trop petit, il faut en effet à la NASA transporter des étages de la fusée Saturne V qui ne rentre pas dans le « Pregnant Guppy ».

La première version du Super Guppy est un B377SG Super Guppy c’est l’assemblage d’un Boeing KC-97 Stratotanker et de plusieurs Boeing 377 Stratocruiser. Il est propulsé par turbopropulseurs Pratt & Whitney T-34P7. La NASA l’utilise tant qu’elle dispose de pièce de rechange de 1966 à 1991.

En 1967 Unexcelled Corporation qui vient de racheter Aéro Spacelines, souhaite utiliser une flotte de 6 Super Guppy notamment pour le transport de section des avions DC-10 et Lockheed L-1011 TriStar. Est alors lancé la construction du B377SGT Super Guppy Turbine qui ne garde du Stratocruiser initial que le cockpit pressurisé, la voilure et la section inférieure des nacelles des moteurs, le train principal, les empennages et une partie de la structure du fuselage inférieur.

Celui que l’on appelle le Guppy-201 prend l’air le 24 août 1970 pour son premier vol. Il possède une soute ayant un volume important 1 408 m3 (1 104 m3 utiles) mais Aéro Spacelines connait de grandes difficultés financières.

Devant le Hall d'Aéroscopia le Super Guppy se reflète dans une flaque
Devant le Hall d’Aéroscopia le Super Guppy se reflète dans une flaque
Les Ailes Anciennes conduisent le Super Guppy vers le musée Aéroscopia, il entre dans le musée en marche avant
Les Ailes Anciennes conduisent le Super Guppy vers le musée Aéroscopia, il entre dans le musée en marche avant

L’intérêt d’Airbus pour le Super Guppy :

Au même moment chez Airbus le développement de l’A300 bat son plein et il apparait rapidement que le transport par la mer et la route est bien trop long, il faut près d’un mois pour faire transiter les ailes du futur avion de Brême en Allemagne à Toulouse où à lieu l’assemblage final.

Airbus profite des difficultés financières de Aéro Spacelines pour acheter le premier exemplaire et en commander un supplémentaire. Le premier Super Guppy à l’issue des certifications arrive en France en 1971. Le numéro 2 (celui qui est exposé à Aéroscopia) arrive en 1973.

En 1978 Airbus souhaite augmenter sa flotte de Super Guppy mais seuls 2 appareils seront livrés faute de cellule de Stratocruiser disponible. Pour achever l’assemblage du quatrième Super Guppy d’Airbus il faut même démonter le « Pregnant Guppy ».

En 1996 les Super Guppy sont remplacés par les 5 Bélougas.

Un seul Super Guppy est encore utilisé, racheté par la NASA notamment pour transporter les pièces de la Station Spatiale Internationale (ISS).

Le cockpit du Super Guppy vu depuis la place du mécano, il règne ici une forte odeur de graisse
Le cockpit du Super Guppy vu depuis la place du mécano, il règne ici une forte odeur de graisse
Sans cet avion Airbus ne serait pas Airbus, pas à Toulouse en tout cas.
Sans cet avion Airbus ne serait pas Airbus, pas à Toulouse en tout cas.

Avant de rentrer l’avion dans le Hall une visite improvisée du cockpit s’organise. C’est l’occasion pour les anciens pilotes du Super Guppy de prendre une dernière photos ou de retrouver quelques sensations oubliées.

Dans l’étroit cockpit de l’appareil se fait sentir un forte odeur de graisse, elle était utilisée pour les moteurs de l’appareil. Derrière le poste de pilotage est visible la soute, aussi immense que sombre.

Pour en savoir plus sur le Super Guppy et la prochaine ouverture du musée Aéroscopia :